CONTRACEPTION ET AVORTEMENT
UNE COMPARAISON ET QUELQUES
CONSÉQUENCES
par Mgr Vincent Foy
« Mais je demanderai
compte du sang de chacun de vous. J'en demanderai compte à tous les animaux et
à l'homme, aux hommes entre eux, je demanderai compte de l'âme de
l'homme. »
(Dieu s’adresse à Noé, Genèse
9,5)
Bien que sa pensée
soit en général profondément faussée, le philosophe Hegel, dans Philosophie
de l’histoire, n’est pas loin de la vérité lorsqu’il écrit que l’histoire
de l’humanité est celle d’une vaste tuerie.
Malgré les avertissements répétés de Dieu résumés par le commandement
« Tu ne tueras point », notre
société est imprégnée d’une Culture de Mort comme jamais auparavant. C’est sans surprise que nous entendons notre
Saint-Père nous mettre maintes fois en garde contre ce mal transcendant. Le 14 février 2001, Jean-Paul II
disait : « La promotion de la Culture de Vie devrait être la plus
grande priorité de nos sociétés … Si le droit à la vie n’est pas défendu de
façon catégorique comme condition de tous les autres droits de la personne,
toute autre référence aux droits humains demeure fausse et illusoire. »
Les deux causes
principales de la Culture de Mort sont l’avortement et la contraception. L’avortement signifie la mort de l’enfant
non encore né. On a dit de la
contraception qu’elle était une « mort larvée ». Il est de la plus haute importance d’évaluer
la relation existante entre ces deux tueuses d’âmes et de sociétés avant
d’établir des plans et des stratégies pour la promotion de la Culture de
Vie. L’évaluation des rôles comparatifs
de l’avortement et de la contraception dans cette attaque contre la vie humaine
n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser. Ils sont souvent entremêlés dans leur intention. Les abortifs sont souvent appelés des
contraceptifs. Le meurtre semble être à
prime abord un crime plus haineux que l’empêchement de la vie, mais il y a des
facteurs cachés. Malgré les difficultés,
on peut faire des comparaisons qui montrent de quelle façon le mouvement
pro-vie devrait procéder. Considérons
quelques-unes de ces comparaisons.
Le péché d’avortement
L’avortement est un
péché mortel grave contre le Cinquième Commandement : « Tu ne tueras
pas » (Exode 20,13).
« Dieu seul est le Maître de la vie, de son commencement à son
terme : personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit
de détruire directement un être humain innocent » (Donum vitae,
Introduction, n. 5). La personne tuée
par avortement a exactement le même droit à la vie que l’avorteur, ou celui qui
coopère à l’avortement, ou le politicien qui légifère sur le
« droit » de tuer. Parler du
droit que l’on a sur son propre corps pour justifier l’avortement relève de la
sophistique. Il n’y a pas un seul
corps, mais deux, pas une seule personne, mais deux, et avec un droit égal à la
vie. C’est pourquoi l’Église appelle
l’avortement un « crime abominable » (Gaudium et Spes, n.
51). Comme c’est un péché mortel il
entraîne avec lui, à moins qu’il y ait repentance, la terrible sanction de mort
éternelle.
L’avortement tue le
corps de la victime et l’âme du meurtrier, mais non l’âme de la victime. Cette âme vivra éternellement dans l’amour
de Dieu avec ce degré de félicité que lui accordent l’amour et la miséricorde de
Dieu. Le crime d’avortement est presque
toujours un péché en chaîne. Un groupe
de personnes partagent la culpabilité :
l’avorteur, les assistants, le personnel de bureau, la direction de
l’hôpital, les propagandistes et les politiciens responsables – et tous ceux qui
demeurent passifs alors qu’ils devraient parler, agir ou prier.
Le péché de contraception
La contraception est
également un péché grave et mortel dont la sanction est la mort
spirituelle. En cela, l’enseignement de
l’Église – parlant avec l’autorité du Christ – est constant. Pie XI proclamait dans son encyclique Casti
connubii du 31 décembre 1930 : « Notre bouche … promulgue
de nouveau : que tout usage du mariage, quel qu'il soit, dans l'exercice duquel
l'acte est privé, par l'artifice des hommes, de sa puissance naturelle de
procréer la vie, offense la loi de Dieu et la loi naturelle, et que ceux qui
auront commis quelque chose de pareil se sont souillés d'une faute
grave. »
De nombreuses
déclarations papales et épiscopales soulignent la gravité du péché de
contraception. Voici quelques
déclarations épiscopales du siècle dernier, avant que certains évêques ne
cessent d’entendre la voix du Christ pour écouter celle des dissidents :
a)
La contraception est un vice contre nature et un péché qui crie vers le
Ciel (Évêques belges, 2 juin 1909).
b)
La contraception est un « péché grave, très grave, quels que
soient les moyens employés et de quelque façon qu’elle se produise »
(Évêques allemands, 20 août 1913).
c)
« Les théories et les pratiques qui enseignent ou encouragent la
limitation des naissances sont aussi désastreuses que criminelles »
(Évêques français, 17 mai 1919).
d)
« L’égoïsme qui conduit au suicide de la race avec ou sans le
prétexte d’améliorer l’espèce est une chose détestable aux yeux de Dieu. C’est un crime pour lequel la nation aura
finalement à souffrir » (Cardinal Gibbons, au nom de la hiérarchie
américaine, 20 septembre 1919).
e)
La contraception « qu’elle se pratique à l’intérieur ou à
l’extérieur du mariage, est un vice anti-naturel, un péché contre la nature que
le Créateur nous a donnée, et par conséquent gravement détestable à ses
yeux » (Cardinal Bourne de Westminster, 9 octobre 1930).
f)
« Les méthodes
contraceptives ont été, sont et seront toujours un péché … il a été donné à
notre génération de glorifier ce vice en l’appelant vertu » (Évêques de
l’Inde, 1957).
En somme, l’Église n’a
jamais dévié de l’enseignement qui déclare la contraception une grave violation
du Cinquième Commandement de Dieu.
La sanction de l’avortement
La sanction
ecclésiastique imposée par l’Église aux avorteurs est l’excommunication : « Qui procure un avortement, si l'effet s'en suit,
encourt l'excommunication latae sententiae » (Can. 1398). Cela signifie que l’excommunication est
automatique. Dans le cas d’excommunications
latae sententiae, sont également passibles de peines ceux sans qui le
crime n’aurait pas été commis (cf. Can. 1329).
Ainsi les avorteurs, ceux qui participent à l’avortement et les
conseillers de l’avortement sont également excommuniés.
L’Église
a autorité pour imposer la peine d’excommunication à ceux qui coopèrent de
façon plus lointaine à l’avortement, par exemple les législateurs qui
introduisent, promeuvent ou votent des lois en faveur de l’avortement. Les voix se font de plus en plus nombreuses
pour demander l’excommunication des politiciens qui promeuvent l’avortement et
ont par conséquent sur les mains le sang d’enfants innocents. Ces politiciens catholiques sont un scandale
et une honte.
La sanction pour la contraception
Pour
ce qui concerne la contraception, même « la contraception abortive »,
bien qu’il n’y ait pas de peine ecclésiastique précise, il reste toujours la
peine suprême de la perte de la grâce de Dieu.
Il a déjà existé des peines ecclésiastiques précises pour la
contraception. Dans l’Espagne de 1936,
l’absolution pour le péché de contraception était réservée à l’évêque dans huit
diocèses (cf. Catholic Priests’ Association Newsletter, Vol. III et IV,
1972, p. 60). Le fait que l’avortement
seul entraîne l’excommunication ne signifie pas que la contraception soit un
crime moins grand. Cela veut dire que
le bon ordre de l’Église comme société visible est plus manifestement troublé.
Le nombre des avortements
Qui
peut chiffrer le nombre des avortements ?
Dieu seul connaît cette tragique statistique. Un rapport nous dit qu’on a pratiqué dans le monde en 1995
environ vingt-six millions d’avortements légaux et vingt millions d’avortements
illégaux (cf. Heritage House ’76 : Abortion Facts.com). La même source révèle qu’aux États-Unis, il
y a eu 580.760 avortements en 1972 et 1.210.883 en 1995. Dans Statistique Canada, nous lisons que les
femmes canadiennes ont obtenu 114.848 avortements en 1997, une augmentation de
2,9% par rapport aux 111.649 de l’année précédente. Au Canada, le ratio d’avortement, ou nombre d’avortements par
année pour 100 naissances vivantes, était de trente-trois. Les chiffres sont même pires au Québec. Nous lisons dans le Toronto Globe and
Mail du 13 mars 2000 : « Le nombre d’avortements au Québec a plus
que doublé au cours des deux dernières décennies, ce qui donne à cette province
canadienne un des taux d’avortement les plus élevés au monde en dehors des pays
d’Europe de l’Est. Le Bureau des
statistiques du Québec rapporte qu’en 1998, quarante et un avortements ont été
pratiqués pour cent naissances vivantes. »
Ces statistiques ne
rapportent qu’une partie des personnes avortées. Il faut y ajouter les vies exterminées par les contraceptifs
abortifs. « On estime à 250
millions par année les avortements provoqués par les DIU et la pilule » (Faith
and Facts, Emmaus Road Publishing, 1999, p. 114). Est-il exagéré de décrire le monde comme un abattoir ?
Le nombre des actes contraceptifs
Si grand que soit le
nombre des personnes tuées par avortement, celles que l’on prive de vie humaine
et de croissance spirituelle sont bien plus nombreuses encore. Il faut ajouter au nombre de ces tragiques
statistiques les millions qui auraient dû être et qui ne sont pas à cause d’une
ligature des trompes ou d’une vasectomie.
À la honte de cette privation pandémique d’âmes humaines, ajoutons que
d’une manière générale le taux d’utilisation de la contraception parmi les
catholiques n’est pas inférieur à celui de la population en général.
Les effets de l’avortement
Le principal effet de
l’avortement est l’interruption brutale d’une vie humaine au moment de sa plus
grande potentialité. C’est un manque de
pitié indescriptible. La naissance d’un
bébé est une occasion de réjouissances.
La mort d’un seul bébé est une grande douleur. Dans The Toronto Star du 18 février, on lisait en première
page : « Pourquoi mon bébé devait-il mourir ? » Même l’enfant mort-né est une cause de
chagrin. Pourtant, l’enfant avorté
demeure un paria : son petit corps brisé a pour linceul un sac à poubelle
ou il est incinéré. Cela nous rappelle
les paroles de St Augustin dans ses Confessions : « Plus ils
méritent nos larmes, moins les hommes sont portés à les pleurer. »
L’avortement est la
cause d’une mort pire encore : la mort spirituelle des participants. Tous ceux qui participent à l’avortement, ce
qui inclut tous ceux qui légalisent l’avortement, subissent cette mort. L’enfant avorté vivra éternellement dans
l’amour de Dieu ; les avorteurs
deviennent des cadavres spirituels.
L’avortement tue des pays. Au
Canada, le taux de fertilité est inférieur au seuil de remplacement depuis le
milieu des années soixante-dix. Le père
Marx écrivait dans une lettre que l’Europe entière se meurt à l’exception de
l’Albanie. Le nombre moyen d’enfants
par famille en Europe est de 1,4. Même
l’Irlande est descendue à 1,9 enfants par famille. L’avortement fait reposer un fardeau particulièrement lourd sur
la conscience de la mère qui avorte.
Elle sait dans son cœur qu’elle a tué son propre enfant. « Une femme oublie-t-elle son petit
enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes
oubliaient, moi, je ne t'oublierai pas »
(Isaïe 49,15). Il est
vrai que par le repentir et la miséricorde de Dieu la faute peut être
entièrement pardonnée et se transformer en une consécration à la cause
pro-vie. L’avortement laisse de grands
vides dans la famille, dans l’Église et dans la société. Il y a des frères et des sœurs, des fils et
des filles qui sont absents. Il y a des
vides dans les citoyens productifs, les vocations à la prêtrise, la vie
religieuse et les professions. Il y a
de grands vides chez ceux qui devraient écouter l’appel à la sainteté. L’avortement conduit à l’euthanasie. Les lois autorisant l’euthanasie n’auraient
pas été possibles si elles n’avaient pas été précédées par une législation qui
légalise l’avortement. Ces maux sont
les effets de l’avortement, et ils ne sont pas les seuls.
Les effets de la contraception
Le principal effet de
la contraception est la grossière déformation de l’acte conjugal – l’acte voulu
par Dieu pour peupler la terre et le Ciel.
La contraception transforme cet acte d’amour en un acte de haine et fait
de la donation de soi un abus mutuel.
Bien que certaines formes de contraception ne tuent pas, elles empêchent
la vie et démontrent ainsi le désir de placer sa satisfaction personnelle avant
la vie. L’avortement est un crime
particulier. La contraception est
d’ordinaire une habitude qui durcit le cœur à mesure que le temps passe. Quoique la conscience ne souffre pas le
trauma qui accompagne normalement l’avortement, la pratique contraceptive a
tendance à endormir la conscience avec toutes les conséquences mortelles de
l’état de péché, y compris la perte de la foi.
La contraception laisse tous les grands vides énumérés pour
l’avortement, mais elle les multiplie à mesure que cette attaque contre la vie
se perpétue.
L’encyclique Humanae
vitae, dans le paragraphe intitulé « Graves conséquences des méthodes de
régulation artificielle de la natalité », énumère les effets notables de
la contraception : « voie large et facile … à l'infidélité conjugale
et à l'abaissement général de la moralité » ; perte du respect de la femme considérée par l’homme « comme un simple instrument de
jouissance et non plus comme sa compagne respectée et aimée » ; une
« arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités
publiques peu soucieuses des exigences morales » (cf. Humanae vitae, n. 17).
On
retrouve dans le sillage de la pratique contraceptive l’acceptation de cette
autre déformation stérile de l’activité sexuelle appelée homosexualité. Il y a longtemps que les chrétiens ont
reconnu la relation existante entre les deux.
Il est intéressant de noter que Martin Luther voyait cela dans sa
condamnation de la contraception. Il a
déclaré : « C’est un péché très honteux. Il est de loin plus horrible que l’inceste ou l’adultère. Nous appelons lascivité, oui, un péché de
sodomie » (Faith Facts, p. 113).
Une société contraceptive, où la sexualité est séparée de l’amour et de
la vie, conduit à une société tolérante envers l’activité homosexuelle.
La chaîne de mort
Le
comparaison entre la contraception et l’avortement nous permet de voir qu’elles
sont liées dans une chaîne de mort. La
contraception est au sommet de la chaîne.
La contraception engendre les morts par avortement et l’acceptation de
la sodomie stérile. L’avortement
engendre l’euthanasie. L’ensemble
engendre l’acceptation d’une pornographie envahissante. Lorsque le tout est répandu, nous avons une
Culture de Mort. Cette Culture de Mort
engendre la mort de la famille, la mort de la société, la mort de l’Église et
la mort perpétuelle des âmes immortelles.
Le
père John Hardon, s.j., un grand et authentique théologien, résume ainsi les
conséquences de la mentalité contraceptive : « On a dit à juste titre
qu’Humanae vitae divise l’Église catholique en deux périodes de
l’histoire. L’Église ne survivra que
parmi ceux qui croient que la contraception est mortelle à la fois pour le
christianisme et pour la promesse d’une récompense éternelle. La contraception est fatale à la vraie foi
et à la vie éternelle. »
La
reconnaissance de la chaîne de mort a de nombreuses implications. Nous allons considérer les deux principales.
Implications pour le mouvement
pro-vie
Étant donné le lien essentiel qui existe entre la contraception
et l’avortement, il s’ensuit par une inexorable logique qu’un groupe pro-vie ne
peut être véritablement en faveur de la vie s’il ne répudie pas la
contraception. Il existe pourtant de
tels groupes qui optent pour une « sexualité sans risques » grâce à
l’utilisation du condom comme solution à l’avortement ; d’autres groupes « pro-vie »
acceptent des membres qui voient dans la contraception une alternative à
l’avortement.
La
plupart des associations pro-vie reconnaissent que pour réussir, elles doivent
combattre la mentalité contraceptive.
Citons parmi elles « Prêtres Pro-Vie », un mouvement
maintenant international. Au Canada, un
nouveau groupe appelé « Catholiques contre la contraception » frappe
au cœur du problème. Nous avons le
privilège d’avoir au Canada, sous la direction dévouée de Sœur Lucille
Durocher, le mouvement totalement orthodoxe « Les Travailleurs de saint
Joseph pour la Vie et la Famille ».
« Pharmacists for Life
International » déclare dans sa brochure publicitaire :
« La contraception est le talon d’Achille du mouvement pro-vie. Si nous n’adoptons pas une position claire
contre la contraception, elle détruira le mouvement pro-vie aussi sûrement
qu’elle détruit la vie la plus petite. »
Les « Pharmacists for Life » ont pour devise : « Pas
d’exceptions, pas de compromis, pas d’excuses ».
Ne
pas reconnaître le mal de la contraception tout en combattant l’avortement
revient à éliminer les termites sur le toit de la maison alors qu’elles sont en
train de dévorer de l’intérieur le reste de la structure. C’est comme se pencher par-dessus bord pour
écorner un iceberg alors que le navire est éventré sous la ligne de flottaison.
Il n’est pas acceptable de mettre la
pédale douce en ce qui concerne la contraception dans l’intérêt d’un prétendu
œcuménisme pro-vie. Ce n’est pas une
question confessionnelle ne concernant que les catholiques. La prohibition de la contraception se fonde
sur la loi divine naturelle. Seuls les
groupes dont la philosophie de base est anti-contraception, anti-stérilisation
et anti-avortement ont droit à notre soutien intégral.
Les
groupes pro-vie en harmonie avec la Vérité de Dieu recueillent d’immenses
avantages. En voici quelques-uns :
a)
Ils ont droit au soutien inconditionnel de tous, y compris de la
hiérarchie catholique.
b)
Ils peuvent facilement s’unir et se soutenir les uns les autres en
organisant des protestations, des démonstrations, des conférences, des
campagnes de lettres aux médias et autres projets.
c)
Leur unité dans la Vérité augmentera de façon incommensurable la force
de leurs appels à la prière et à une aide financière.
d)
L’unité du but poursuivi inspirera la formulation de projets et de
méthodes plus vastes pour aider à restaurer la Culture de Vie.
Implications pour l’enseignement de la Vérité
Une deuxième
conséquence de la considération des maux de la contraception et de l’avortement
est la nécessité d’enseigner la Vérité.
Trop de voix se sont tues, trop de voix ont déformé la vérité que le
Christ nous a donnée par son Église. La
responsabilité d’enseigner la vérité sur la vie humaine repose d’abord sur nos
évêques ( cf. Code de droit canonique, can. 375). S’adressant aux évêques, Paul VI
déclarait : « Considérez cette mission comme l’une de vos plus
urgentes responsabilités dans le temps
présent » (Humanae vitae,
n. 30).
Nous le savons, les
évêques catholiques principalement responsables de l’enseignement d’Humanae
vitae ont été les principaux facteurs de son rejet. Préférant suivre les théologiens dissidents
plutôt que le Christ, environ douze hiérarchies nationales ont si bien déformé
l’enseignement de l’encyclique qu’elle en a été virtuellement détruite. Les évêques canadiens ont été parmi les
pires contrevenants avec leur Déclaration de Winnipeg, en septembre 1968. Tout comme la nuit succède au jour, les
catholiques canadiens vivent maintenant dans les ténèbres de la Culture de
Mort.
Au Canada comme en
bien d’autres lieux, nous avons désespérément besoin d’évêques pour s’opposer à
ceux qui ont assujetti la vérité à une pseudo-collégialité de compromis
moral. Nous avons besoin d’évêques qui
ne subordonne pas la vérité à l’uniformité.
Nous avons besoin d’évêques qui osent parler et ne se réfugient pas dans
le silence quand il est question de vie.
Nous avons besoin d’évêques qui balaieront dans leur diocèse les erreurs
contre la Vie et l’Amour. Nous avons
besoin d’évêques qui ne craignent pas de s’opposer aux autorités civiles qui
promeuvent des lois contre la famille.
Nous avons besoin d’évêques qui exigeront que les hôpitaux catholiques
soient en conformité avec l’éthique catholique. Nous avons besoin d’évêques qui enlèveront de leurs écoles le
cours d’éducation sexuelle Fully Alive qui initie les enfants à la
perversion sexuelle et leur enseigne des moyens illicites de
contraception. Nous avons besoin
d’évêques prêts à souffrir la critique des médias et l’humiliation pour la
défense de la vie humaine. Nous avons besoin d’évêques prêts à mourir pour la
Vie. C’est pour de tels évêques que
nous devrions prier. Pour tous les
évêques, nous devrions prier et prier.
LA SOLUTION NINIVE
La situation
La situation dans
bien des pays est désespérée. En
extrapolant à partir des statistiques, la paroisse canadienne moyenne
agonise. Son taux de natalité est
suicidaire. La plupart des parents en
âge d’avoir des enfants sont stérilisés ou pratiquent la contraception. La majorité de ceux qui pratiquent la
contraception et vont à la Messe reçoivent la Sainte Communion, ce qui est
un sacrilège objectif. Les enfants qui
vont à l’école catholique apprennent la contraception en huitième année. Peu d’entre eux assistent à la Messe
dominicale. Les vocations à la prêtrise
et à la vie religieuse sont insuffisantes pour entretenir une Église
florissante et évangélisatrice. Il est
impossible que l’Église survive là où Humanae vitae n’est pas enseignée
et vécue.
Il y a de l’espoir
La situation semble
désespérée. Humainement parlant, elle
est désespérée. Pourtant, il y a de
l’espoir.
Le Livre de Jonas nous
fournit un indice. Dieu menaçait de
détruire Ninive. Il parla à
Jonas : « Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et
annonce-leur que leur méchanceté est montée jusqu'à moi » (Jonas 1,2). Ninive se repentit par la prière et la pénitence et fut
épargnée. Nous avons un merveilleux
exemple du pouvoir de la prière dans un livre intitulé The Shadow of His
Wings, l’histoire vraie du père Gereon Goldmann, OFM (Ignatius Press). Tout catholique aurait je pense grand profit
à lire ce livre. Enfant, le père
Goldmann avait rencontré un missionnaire franciscain et il mourait d’envie de
retourner au Japon avec lui. On lui dit
que s’il récitait un Je vous salue Marie par jour, il partirait un jour comme
missionnaire au Japon. Il récita ce Je
vous salue Marie et la façon dont il arriva au Japon constitue une remarquable
et même miraculeuse série d’événements – à travers d’innombrables obstacles, y
compris une condamnation à mort.
La prière et la
pénitence sauveraient l’Église du Canada.
C’est la solution Ninive.
L’Église pourrait être sauvée si chaque Canadien catholique disait
chaque jour un Je vous salue Marie pour la Vie. Rappelons-nous les paroles de Tertullien : « La prière
est la seule chose qui puisse conquérir Dieu. »
Suggestions de prière
La prière pour la Vie
peu prendre bien des formes. Voici
quelques suggestions :
Ce serait assurément
une prière féconde si une oratio imperata (prière imposée) était ajoutée
à la Messe, faisant ainsi de la Messe une prière pour la vie. On se souvient que de nombreux évêques
avaient ordonné une prière supplémentaire pour la paix durant le Seconde Guerre
mondiale. La prière universelle à la
Messe pourrait toujours inclure une demande pour que cesse la
contraception. Les prières quotidiennes
dans les écoles pourraient inclure une prière pro-vie. La prière en faveur de la vie humaine de
tous les religieux contemplatifs serait particulièrement agréable à Dieu.
L’Adoration
Perpétuelle Eucharistique se répand au Canada et dans bien d’autres pays. Cela signifie une exposition prolongée du
Saint Sacrement durant une partie de la journée ou vingt-quatre heures par
jour. C’est l’intention du Saint-Père
que cette dévotion « soit établie dans toutes les paroisses et les
communautés chrétiennes » (Congrès
eucharistique international, 1993). De
plus en plus de pasteurs introduisent cette dévotion transformatrice. Tous ceux qui pratiquent l’Adoration
Eucharistique pourraient passer plus de temps à se souvenir de la cause de la
Vie.
Chaque catholique,
dans sa prière quotidienne, pourrait demander la fin de la contraception et de
l’avortement. Nous devrions demander
dans nos prières que des leaders pro-vie compétents cherchent à se faire élire
au gouvernement. Nous devrions prier
également pour la conversion des avorteurs et de tous ceux qui participent à
des cliniques d’avortement. Chaque
catholique pourrait ajouter à sa prière un sacrifice personnel ou une
pénitence.
Nous vivons dans une nouvelle Ninive. Nous pouvons choisir entre la Vie ou la Mort. Nous reste-t-il suffisamment de Foi pour choisir la Vie ?