Saint Dominique Savio

École catholique hors contrat (primaire)

Fondée en 1977 à Lyon

 

Lyon, le 24 mai 2002

Anniversaire de la découverte du tombeau de Sainte Philomène

 

            Depuis l'été dernier, la Providence nous fait assister à un enchaînement d’événements assez extraordinaires. Les multiples neuvaines et les recherches incessantes pour l'acquisition de locaux plus adaptés (cour de récréation, salles plus vastes, chapelle) s’étaient toutes avérées inefficaces depuis de nombreuses années en raison des coûts trop importants.

 

Le 21 juin 2001, nous reçûmes la visite de la sécurité de Lyon. Cela n'a jamais été une joie pour les écoles catholiques privées et hors contrat qui savent trop bien que derrière une législation tatillonne - que nous ne contestons pas - se cache malheureusement parfois des internions un peu moins délicates. La sentence bien que courtoise ne tarda pas à tomber de façon ferme et impérative: l'effectif de l'école était trop important pour les locaux que nous occupions, il nous faudrait nous résoudre à limiter le nombre de nos élèves à cinquante alors que nous en attendions plus de soixante-quinze pour la rentrée. Nous ne pouvions pourtant décemment pas envisager de renvoyer des familles et des enfants déjà scolarisés à l'école ! Il fallait donc absolument trouver de nouveaux locaux pour le mois de septembre.

 

Aidés de nombreux parents d'élèves, nous avons commencé rapidement notre recherche sillonnant le quartier, contactant les régies, amis et amis d'amis. Trouver un local approprié aux normes de sécurité et pouvant accueillir deux classes semblait relever du défi après les dizaines d'agences contactées et les multiples solutions envisagées. Pointait à l'horizon la réalité de devoir annoncer aux parents avec confusion et honte que nous serions dans l'impossibilité de scolariser leur enfant à la rentrée. Il nous restait bien la solution d'envisager un escalier de secours pour notre école, mais cette solution ne nous enchantait guère bien que nous ayons eu l'accord de notre bon propriétaire au risque de voir défiguré un immeuble classé.

 

Le 28 juillet, nous apprîmes qu'au 30 de la rue Vaubecour un local professionnel composé de deux salles se libérait providentiellement, à 25 mètres de l'école ! Deo gratias ! Nos enfants auraient leur classe, plus question de les renvoyer; finies la pression nerveuse, les angoisses, la fatigue. Quand il n'y a plus de solution à vue humaine, c'est là que l'on constate le mieux l'intervention divine. Cet événement a marqué notre foi et renforcé notre espérance.

 

Restait le souci financier. L'école n'était pas en mesure de financer les travaux et d'assurer la location d'un nouveau local. Pour résoudre ce problème bien matériel mais bien réel, nous avons organisé une campagne de dons dans notre entourage mais aussi sur Internet dans une version simple: « passe à ton voisin »: le destinataire de la campagne de dons l'envoie à ses connaissances qui l'envoient aux leurs. Dans un grand élan de générosité face à l'urgence, de nombreux donateurs répondirent si bien que le montant de la location d'une année du nouveau local fut financé. Deo gratias !

 

Parmi les dons que nous avons reçus venaient du Canada une lettre, un chèque, une neuvaine et un livre sur sainte Philomène. Le correspondant nous disait: « J'ai bien reçu votre appel au secours sur Internet; sachez que si vous priez saint Dominique Savio et sainte Philomène, vous n'avez rien à craindre pour votre école. » A côté de saint Dominique Savio, patron de l'école, sainte Philomène, petite sainte du curé d'Ars, petite sainte de la pureté pouvait bien être offerte en exemple aux enfants. Ce que nous fîmes. Et la rentrée s'effectua en toute sérénité dans des classes briquées et aménagées par bien des parents d'élèves et bénies par notre aumônier.

 

Durant nos recherches, certains parents avaient remarqué des locaux à Ecully que nous avions rapidement visités. Ces bâtiments appartenaient à l'évêché, mais nos forces avaient été trop éprouvées pour envisager de poursuivre immédiatement un autre projet qui nécessiterait un déménagement.

 

Mais la Providence a des chemins qui nous dépassent, il faut savoir les reconnaître. Très amicalement, le responsable d'une autre association nous a prévenus par téléphone qu'il était intéressé par les mêmes locaux que nous et qu'il faisait la semaine suivante une proposition à l'évêché pour les acheter. Il nous fallut donc réagir rapidement, recommencer les coups de téléphone, les visites, les estimations de prix, les courriers, les neuvaines notamment à sainte Philomène... Espérance et incertitude jalonnaient le chemin sur lequel une main invisible mais bienveillante nous menait.

 

Depuis plusieurs semaines, nous n'avions pas de réponse à notre proposition. Le cours normal de l'école pouvait se poursuivre calmement.

 

Samedi 17 novembre, à midi... la relève du courrier nous laisse sous le choc. L'association diocésaine propriétaire des locaux nous met en demeure de faire une proposition définitive et sans réserve pour l'acquisition des bâtiments; ceci sous huit jours, avant lundi 10 heures.

 

S'ensuivit une après-midi passée entre désespoir, regrets et prière. Mettre le couteau sous la gorge d'une école catholique sans argent et sans moyen d'en obtenir dans d'aussi brefs délais c'était forcément, pensions-nous, le plus sûr moyen de nous éliminer.

 

La clause de départage des associations était la vente à l'association qui s'approcherait le plus de l'estimation des experts. Nous nous trouvions en effet face à un double problème: un montant inconnu et de toutes les façons, pas d'argent. Nous avons passé tout l'après-midi devant la statue de la sainte Vierge, hébétés. Mais la prière apaise et redonne confiance. Il n'y avait plus une minute à perdre si nous voulions être aidés. Afin de confirmer notre proposition, il fallait nous dépêcher de faire un tract destiné à recueillir des dons: c'était la seule façon d'envisager raisonnablement de confirmer notre proposition et de ne pas mettre l'école en danger. Avec un prêtre ami et un parent de l'école, nous avons rédigé un tract. A minuit, tout était prêt: les tracts pourraient être distribués le lendemain à la sortie de la Messe et le lundi à l'école pour les parents d'élèves.

 

La Providence passe par des moyens souvent difficiles à expliquer. Quoi qu'il en soit elle passe par des hommes et cette fois-ci, elle passa par leur immense générosité. Au fur et à mesure que les jours de la semaine s'écoulaient, les dons affluaient; tous, du plus petit au plus grand eurent leur importance et furent le fruit d'un grand élan de solidarité. Quand vous faites un don à quelqu'un qui n'a rien et pour qui tout dépend de vous, il s'émerveille quelle que soit la somme et il est touché par la confiance et la bonté du donateur.

 

Nous avons décidé de confirmer notre offre avant la fin de la semaine. Le courrier fut donc rédigé, fin prêt le dimanche soir. Avant de nous coucher et de constater la générosité qui avait répondu à notre appel, nous avons totalisé les dons et les promesses de dons: chose extraordinaire, ils représentaient exactement le montant de notre proposition, à un franc près. Comment ne pas croire à la Sainte Providence ?

 

Le courrier fut porté à l'évêché, la réponse était prévue pour jeudi. Nous avons bénéficié d'une immense générosité, mais nous ne savions toujours pas si notre offre serait retenue car nous ne connaissions que le montant de notre propre proposition, et ne savions toujours pas le prix auquel le local avait été estimé.

 

Le mardi 27 novembre, en la fête de la médaille miraculeuse, l'évêché nous appelle avec deux jours d'avance : c'est l'école Saint Dominique Savio à qui seraient vendus les bâtiments. Quelle joie! comment ne pas pleurer de joie! Ce qui était impossible à vue humaine, Dieu venait de le réaliser ! Nous apprîmes lors de la signature de l'acte d'achat que l'évaluation de l'expert correspondait exactement au montant que nous avions proposé et qui avait été rassemblé en une semaine...

 

Deo gratias !

 

Pierre Tixier, président                                                               Anne-Sophie Curis, directrice



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