POINTS
DE VUE SUR L'ISLAM
Le
Croissant contre la Croix
Il
est un fait historique indéniable, c'est que dans les siècles passés, l'Islam
s'est répandu dans le monde par la violence et la guerre. Au XVIe siècle et au
XVIIe siècle, les armées turques musulmanes ont constitué une très grande
menace pour l'Occident chrétien. Le 7 octobre 1571, elles étaient défaites à
Lépante par Don Juan d'Autriche, grâce à l'intercession de Notre-Dame du
Rosaire. Le 12 septembre 1683, elles étaient battues à Vienne par le roi
polonais Jean Sobiesky, qui fut surnommé « le libérateur de la
chrétienté ».
Les
musulmans, dans leurs personnes et leurs biens, doivent être respectés et
traités avec une authentique charité. Cependant la charité à l'égard des
personnes ne signifie nullement qu'on doive accepter comme valables les faux
principes de l'Islam, et qu'on perde conscience qu'il ambitionne, encore
aujourd'hui, de conquérir le monde. La cause œcuménique n'a absolument rien à
gagner avec le libéralisme doctrinal.
Les
progrès évidents de l'Islam à l'intérieur de nos pays, autrefois chrétiens,
sont de très mauvais augure pour l'avenir du christianisme, et même pour la
paix future du monde.
Les
quelques textes qui, suivent, puisés chez de grands auteurs du XIXe siècle,
peuvent nous éclairer sur les conséquences religieuses et politiques des
progrès actuels de l'Islam en Occident.
L'Islam vu par Donoso Cortès
Les
sciences, les arts, les institutions militaires et politiques avaient pris chez
les nations de l'Occident de grands développements, tandis que l'islamisme,
toujours le même à toutes les époques de son histoire, demeurait stupidement
immobile au milieu du tourbillon du monde... L'ombre de cet arbre oriental
donne la mort; ses fruits uniques sont partout la dégradation de la femme,
l'esclavage de l'homme et la stérilité de la terre. Jamais cet arbre ne sera
fécond, quand même tout le sang des nations et toutes les pluies du ciel
arroseraient ses racines. (Œuvres de Donoso Cortès, Vaton éditeur, 1862,
tome 1, p.43-44)
L'Islam vu par Louis de Bonald
L'univers
n'avait vu encore que des religions de sentiment, et par conséquent des
religions avec sacrifice : il avait vu, chez l'idolâtre, une religion de haine
ou de volupté; chez le juif, une religion d'amour imparfait et d'attente, et un
sacrifice imparfait ; chez le chrétien, une religion d'amour, et le sacrifice
de l'amour le plus parfait. Six siècles après l'établissement du christianisme,
parut une religion sans sentiment, sans sacrifice, une religion d'opinion,
une philosophie; et un imposteur d'un génie hardi et de mœurs voluptueuses
fit adopter au peuple le plus grossier les opinions religieuses les plus
absurdes.
À
la croyance de l'unité de Dieu, à la pratique de la circoncision, aux prières
multipliées, aux ablutions, aux abstinences qu'il prit des Juifs, voisins des
Arabes, et comme eux enfants d'Abraham, Mahomet ajouta le dogme de la vie
future, de l'éternité des peines et des récompenses, plus développé chez le
chrétien, mais qu'il accommoda à ses propres habitudes et aux mœurs sensuelles
de ses sectateurs.
Les
récompenses promises à la vertu furent les plaisirs des sens ; les peines
destinées au crime en furent la privation : et comme l'espoir de les goûter
dans l'autre vie devait allumer le désir d'en jouir dans celle-ci, le
législateur fut obligé d'établir la polygamie, inconnue aux Juifs, aux
chrétiens, aux païens mêmes.
La
volupté eût suffit pour répandre cette doctrine licencieuse : elle s'étendit
par la terreur, elle se propagea par l'intérêt. Le cimeterre d'une main,
l'Alkoran dans l'autre, les enfants d'Ismaël accoutumés au brigandage se
répandirent chez leurs voisins, les pillèrent, les convertirent, ou les
exterminèrent. Ainsi la volupté, l'intérêt et la terreur, tout ce
qu'il y a de plus puissant sur l'esprit, le cœur et les sens de
l'homme, propagèrent le mahométisme dans tout l'Orient, chez des peuples
ardents et faibles, destinés, ce semble, à être opprimés par leur gouvernement
et par leur religion, et qui n'ont pu établir encore un gouvernement modéré, ni
retenir une religion raisonnable. Nous verrons les mêmes mobiles, la volupté,
l'intérêt et la terreur, propager, dans tous les temps, les opinions
religieuses, ou les religions d'opinion. Je prie le lecteur de ne pas
perdre de vue ce principe : « C'est un malheur pour la nature humaine, dit
Montesquieu, lorsque la religion est donnée par un conquérant : la religion
mahométane, qui ne parle que de glaive, agit encore sur les hommes avec cet
esprit destructeur qui l'a fondée. » Les peuples du nord de l'Europe
avaient cessé d'être conquérants en devenant chrétiens, les Arabes devinrent
conquérants en devenant musulmans. « Mahomet, continue Montesquieu, trouva
les Arabes guerriers; il leur donna de l'enthousiasme (c'est-à-dire des opinions),
et les voilà conquérants. » La religion chrétienne trouve les peuples
du nord conquérants, elle leur inspire des sentiments, et les voilà
paisibles (Œuvres de M. de Bonald, Adrien Le Clerc édit., tome 2, p.
161-163)
L'Islam vu par le Cardinal Pie
À
l'époque qui nous occupe, (à la fin du 8e siècle) il avait paru sur la terre,
depuis bientôt deux siècles, un fils de Bélial, à qui il était réservé de tenir
en haleine la chrétienté tout entière durant une période de plus de mille ans.
L'islamisme, « religion monstrueuse » dit Bossuet dans son beau
panégyrique de saint Pierre Nolasque, « religion qui se dément elle-même,
qui a pour toute raison son ignorance, pour toute persuasion sa violence et sa
tyrannie, pour tout miracle ses armes », et j'ajouterai, pour tout attrait
ses excitations voluptueuses et ses promesses immorales, l'islamisme avait déjà
envahi d'immenses contrées. Que le schisme, que l'hérésie tombassent sous ses
coups, c'était un grand malheur sans doute : toutefois c'est la loi de
l'histoire et c'est un ordre accoutumé de la Providence que, pour punir les
peuples pervers, Dieu se sert d'autres peuples plus pervers encore ; et cette
mission, l'islamisme en était investi pour longtemps.
Mais
voici que la chrétienté n'est plus seulement atteinte dans ces races dégénérées
qui ont décomposé en elles le principe de la vie par l'altération du principe
de l'unité et de la vérité : c'est l'Europe dans ses parties les plus vitales,
c'est le cœur même des races catholiques qui est menacé ; c'est le boulevard de
l'orthodoxie, c'est le royaume très chrétien, c'est la France, et, derrière le
rempart de la France, c'est la métropole du christianisme, c'est le monde
entier qui aura tout à redouter de ces nouveaux et implacables barbares. Ils
ont franchi les Pyrénées, ils se sont rués sur nos belles provinces du midi,
ils ont étanché la soif de leur glaive dans le sang de nos frères orthodoxes,
ils s'avancent jusque dans la Bourgogne; leurs traces sont marquées par le feu
et par le sang, mais surtout par la profanation et l'impiété. Nul bras n'ose
entreprendre de les arrêter...
(Cardinal Pie, le 8.11.1859, dans la cathédrale de
Nantes)
L'Islam vu par Mgr Freppel
... et l'Europe devint chrétienne. Mais il était
dit que chaque victoire de la croix serait suivie d'un nouveau combat, et que
l'antique serpent écrasé par l'étendard du salut relèverait la tête après
chaque défaite. Un homme donc - car ici-bas, en tête du mal comme en tête du
bien, il n'y a toujours qu'un homme - un homme, dis-je, essaya d'arrêter la
croix dans sa marche triomphale. A cet effet, il prit quelques lambeaux de la
Bible, arracha quelques feuillets de l'Évangile et, y mêlant ses rêveries, il
en fit le Coran. Puis, comme symbole de l'opposition à la croix, il adopta le
croissant et, enfin, à la place du glaive spirituel de la parole, il mit le
glaive matériel qui frappe et qui égorge. Voilà son œuvre : le Coran, avec le
croissant pour signe et le cimeterre pour garde ... Jamais peut-être la croix
n'avait rencontré d'adversaire plus formidable. Qu'était-ce, en effet, que la
mahométisme en face de la croix ? C'était la glorification de la volupté, le
déchaînement de toutes les passions brutales, l'empire de la chair substitué au
règne de l'esprit, les convoitises sensuelles transportées jusque dans le monde
futur. Et cependant, malgré l'appât qu'offrait à des instincts grossiers cette
religion toute pétrie de sang et de boue, en dépit de la complicité qu’elle
rencontrait dans les bas-fonds de la nature humaine, l'étendard du sensualisme
a reculé devant le drapeau du sacrifice ; et tandis que le croissant apparaît
comme le symbole de la décrépitude et de l'abrutissement, la croix est restée,
pour les nations rangées autour d'elle, le signe de la grandeur, de la force et
de la vie.
(Mgr Freppel, Sermons inédits, A. Roger et
F. Chernoviz, édit., 1896, tome 1, p. 372-373)
Voir également :
Nahed Mamoud Metwalli : Une musulmane convertie au christianisme nous parle de l'islam.
Le dialogue avec l'islam : Mgr Bernardini, archevêque de Smyrne, en Turquie, présente son expérience de l'islam.