Document
conciliaire de Vatican II
LA FORMATION DES
PRÊTRES
Décret "de Institutione sacerdotali"
("Optatam Totius")
promulgué le 28 octobre 1965
TRADUCTION PUBLIÉE PAR "LA DOCUMENTATION CATHOLIQUE"
LE 21 NOVEMBRE 1965 (col. 1933-1948)
Texte latin dans les "Acta Apostolicae Sedis" 58 (1966) p. 713-727
et dans les "Constitutiones, Decreta, Declarationes" p. 357-384
PLAN
du Décret
Préambule
I. Principes de formation sacerdotale applicables à
tous les pays
II. Redoubler d'efforts en faveur des
vocations sacerdotales
a) L'effort de tous est nécessaire
b) Réponse à l'action de la divine Providence
c) Moyens recommandés
d) Coopération universelle
Formation donnée dans les petits séminaires
III. La vie des grands séminaires
Toute la formation orientée vers un même but
Qualités des directeurs et professeurs de séminaires
Processus de sélection et de probation
Séminaires diocésains et interdiocésains
IV. L'attention toute particulière
requise par la formation spirituelle
Vie d'union avec le Christ
Attachement et soumission à l'Église
Renoncement à la vie conjugale
Maturité personnelle
Durée de la formation
V. La révision des études ecclesiastiques
Études de base
Cours d'introduction aux études ecclésiastiques
Études philosophiques
Études théologiques
a) Écriture sainte
b) Théologie dogmatique
c) Autres disciplines théologiques
d) Connaissance des diverses Églises et religions
Orientation de cette formation doctrinale
Formation scientifique spéciale dans certains cas
VI. Le développement de la
formation pastorale proprement dite
Préparation aux tâches du ministère
Ouverture au monde extérieur
Pratique de l'apostolat
VII. Le complément de formation après
l'achèvement du cycle d'études
Conclusion
DÉCRET
"OPTATAM TOTIUS"
PAUL, ÉVÊQUE,
SERVITEUR
DES SERVITEURS DE DIEU,
AVEC LES PÈRES DU SAINT CONCILE, POUR QUE LE SOUVENIR
S'EN MAINTIENNE A JAMAIS.
PRÉAMBULE
Sachant bien que le renouveau tant désiré de toute l'Église dépend en grande
partie d'un ministère sacerdotal animé par l'esprit du Christ (1), le Concile
proclame l'extrême importance de 1a formation des prêtres et il affirme
quelques principes fondamentaux de cette formation, lesquels confirment des
lois déjà éprouvées par une expérience séculaire et y introduisent des éléments
nouveaux correspondant aux constitutions et décrets de ce saint Concile, ainsi
qu'aux conditions nouvelles de notre époque. A cause de l'unité du sacerdoce
catholique, cette formation sacerdotale est nécessaire pour tous les prêtres du
clergé régulier or séculier, quel que soit leur rite. Aussi ces règles, qui
concernent directement le clergé diocésain, doivent-elles, avec les adaptations
nécessaires, être appliquées à tous.
I
PRINCIPES DE FORMATION SACERDOTALE
APPLICABLES À TOUS LES PAYS
1. Telle est la diversité des peuples et des régions qu'on ne peut porter de
lois que générales. Aussi doit-on adopter pour chaque pays et chaque rite un
"programme de formation sacerdotal spécial", fixé par les conférences
épiscopales (2), revu à intervalles déterminés et approuvé par le Saint-Siège.
C'est ainsi que les lois universelles seront adaptées aux conditions
particulières des lieux et des temps, afin que la formation des prêtres réponde
toujours aux besoins pastoraux des régions où ils auront à exercer leur
ministère.
II
REDOUBLER D'EFFORTS EN FAVEUR
DES VOCATIONS SACERDOTALES
2. [a) L'effort de tous est
nécessaire]
C'est à toute la communauté chrétienne qu'incombe le devoir de susciter les
vocations (3), et c'est d'abord par une vie pleinement chrétienne qu'elle doit
poursuivre cette fin. L'aide la plus précieuse est fournie par les familles,
animées d'un esprit de foi, d'espérance et de charité, qui sont comme le
premier séminaire, et par les paroisses qui font participer les jeunes à toutes
les richesses de leur vie. Les maîtres, et tous ceux qui, à quelque titre,
s'occupent de l'éducation des enfants et des adolescents, tout particulièrement
les associations catholiques, doivent s'efforcer d'épanouir les jeunes qui leur
sont confiés de telle sorte qu'ils puissent entendre l'appel de Dieu et y
répondre volontiers. Que tous les prêtres fassent preuve du plus grand zèle
apostolique peur aider les vocations; que par leur vie personnelle, humble,
laborieuse et joyeuse, ainsi que par la charité mutuelle et la collaboration
fraternelle entre eux, ils orientent vers le sacerdoce les cœurs des jeunes.
Les évêques doivent encourager leurs fidèles à susciter des vocations et
assurer une union étroite entre les forces et les travaux de tous. Ils doivent
aider comme des pères ceux qu'ils estiment être appelés par le Seigneur, et
n'épargner peur eux aucun sacrifice.
[b) Réponse à l'action de la divine Providence]
Cette activité convergente de tout le peuple de Dieu en faveur des vocations
répond à l'action de la divine Providence qui accorde les dons voulus aux
hommes choisis par Dieu pour participer au sacerdoce hiérarchique du Christ,
qui les aide de sa grâce, et qui charge les ministres légitimes de l'Église
d'appeler, ainsi que de consacrer par le sceau du Saint-Esprit au culte de Dieu
et au service de l'Église, les candidats ayant fait leurs preuves, dont la
capacité est reconnue et qui -- en toute liberté et avec une intention droite
--demandent à exercer une si haute mission (4).
[c) Moyens recommandés]
Le saint Concile recommande tout d'abord les moyens traditionnels par lesquels
tous peuvent apporter leur coopération: la prière instante et la pénitence
chrétienne, mais aussi une formation toujours plus profonde des fidèles
--assurée tant par la prédication et la catéchèse que par les différents moyens
de communication sociale -- leur faisant prendre conscience de la nécessité, de
la nature et de l'excellence de la vocation sacerdotale. Il demande en outre
que les œuvres des vocations déjà instituées ou à créer dans le cadre de chaque
diocèse, région ou nation, conformément aux documents pontificaux, organisent
de façon méthodique et cohérente l'ensemble de l'action pastorale en faveur des
vocations, en ne négligeant aucun des secours opportuns que fournissent si
utilement la psychologie et la sociologie moderne, et qu'elles développent
cette action avec autant de discrétion que de zèle (5).
[d) Coopération universelle]
Le travail en faveur des vocations doit cependant généreusement transcender les
limites des différents diocèses, nations, familles religieuses ou rites, et, en
tenant compte des besoins de l'Église universelle, apporter son aide par
priorité aux régions où le besoin d'ouvriers pour la vigne du Seigneur est le
plus urgent.
3. [Formation donnée dans les petits séminaires]
Dans les petits séminaires fondés pour cultiver les germes de vocation, qu'une
formation religieuse particulière, et d'abord une direction spirituelle
adaptée, aide les élèves à suivre le Christ rédempteur avec une volonté
généreuse et un cœur pur. Sous l'autorité paternelle des supérieurs et avec la
collaboration opportune de leurs parents, qu'ils y mènent la vie convenant à
leur âge, à leur mentalité et à leur degré d'évolution, en pleine conformité
avec les normes d'une saine psychologie, sans négliger une expérience
convenable de la vie des hommes, ni les liens avec leur propre famille6. En
outre, les règles édictées ci-dessous pour les grands séminaires doivent
s'appliquer aussi aux petits séminaires dans la mesure où elles conviennent à
leur fin et à leur programme. Il faut organiser les études des élèves de telle
sorte qu'ils puissent sans difficultés les poursuivre ailleurs, s'ils viennent
à choisir un autre état de vie.
On n'apportera pas moins de soin à cultiver les germes de vocation chez les
adolescents et les jeunes gens dans les institutions particulières qui, selon
les conditions locales, visent le même but que les petits séminaires, et de
même chez ceux qui reçoivent une formation dans d'autres écoles ou dans tout
autre système d'éducation. Qu'avec persévérance on développe les institutions
et autres œuvres destinées aux vocations tardives.
III
LA VIE DES GRANDS SÉMINAIRES
4. [Toute la formation orientée vers un même but]
Les grands séminaires sont nécessaires pour la pleine formation des prêtres.
Toute l'éducation des élèves doit tendre à faire d'eux, sur le modèle de Notre-Seigneur
Jésus-Christ, maître, prêtre et pasteur, de véritables pasteurs d'âmes (7). Que
donc ils soient préparés au ministère de la parole, afin de pénétrer toujours
plus profondément la divine parole révélée, l'assimiler par la méditation,
l'exprimer par leurs paroles et toute leur conduite. Qu'ils soient préparés au
ministère du culte et de la sanctification, afin qu'ils réalisent l'œuvre du
salut, dans 1a prière et la célébration de la sainte liturgie, par le sacrifice
eucharistique et les sacrements. Qu'ils soient préparés au ministère pastoral,
afin qu'ils sachent rendre présent aux hommes le Christ qui "n'est pas
venu se faire servir, mais servir et donner sa vie en rançon pour la
multitude" (Marc, 10, 45; cf. Jean, 13, 12-17), et afin qu'ils se fassent
les serviteurs de tous les hommes pour en gagner davantage (cf. 1 Cor., 9, 19).
C'est pourquoi tous les éléments de la formation spirituelle, intellectuelle et
disciplinaire doivent être ordonnés de façon convergente vers ce but pastoral,
et tous les directeurs et professeurs doivent agir dans ce même but d'une façon
assidue et unanime, en obéissant fidèlement à l'autorité épiscopale.
5. [Qualités des directeurs et professeurs de séminaires]
La formation des séminaristes dépend à la fois d'un bon règlement, mais aussi
et surtout de bons éducateurs. Aussi les directeurs et professeurs de
séminaires seront-ils choisis parmi une élite (8) et soigneusement préparés par
une solide doctrine, par l'expérience pastorale qui convient, ainsi que par une
formation spirituelle et pédagogique particulière. On doit donc susciter des
institutions destinées à cette fin, ou du moins des cours bien adaptés, ainsi
que des congrès de supérieurs de séminaires à des moments déterminés.
Mais les directeurs et les professeurs doivent être bien convaincus que le
succès de la formation des élèves dépend en grande partie de la façon dont ils
pensent et se comportent. Que sous la conduite du supérieur, ils établissent la
plus étroite communauté d'action et d'esprit, qu'ils constituent entre eux et
avec les élèves une famille répondant à la prière du Seigneur: "Qu'ils
soient un" (Jean, 17, 11), et entretenant chez les élèves l'enthousiasme
de leur vocation. Que l'évêque, de son côté, ait particulièrement à cœur d'animer
ceux qui consacrent leur travail au séminaire, et que pour les séminaristes
eux-mêmes il apparaisse véritablement comme un père dans le Christ. Enfin, que
tous les prêtres, regardant le séminaire comme le cœur du diocèse, lui
apportent volontiers leur concours (9).
6. [Processus de sélection et de probation]
Selon l'âge et le progrès de chacun, on aura soin de s'enquérir de l'intention
droite et de la volonté libre des candidats, de leur aptitude spirituelle,
morale et intellectuelle, de leur suffisant état de santé physique et
psychique, on tenant compte éventuellement de leur hérédité. Qu'on évalue aussi
leur capacité à assumer la charge sacerdotale et à remplir les fonctions
pastorales (10).
Que dans tout le processus de sélection et de probation des séminaristes on
fasse toujours preuve de la fermeté nécessaire, même si l'on souffre du manque
de prêtres (11): Dieu ne laissera pas son Église manquer de ministres, si on
appelle aux ordres ceux qui en sont dignes. Qu'on oriente à temps ceux qui n'y
sont pas aptes vers d'autres professions, de façon paternelle, en les aidant à
prendre conscience de leur vocation chrétienne et à s'engager hardiment dans
l'apostolat des laïcs.
7. [Séminaires diocésains et interdiocésains]
Là où chaque diocèse n'est pas en mesure d'équiper convenablement son propre
séminaire, on créera et entretiendra des séminaires communs à plusieurs
diocèses, à toute une région ou à toute une nation, pour assurer plus
efficacement la solide formation des séminaristes, laquelle, en ce domaine, doit
être la loi suprême. Que les séminaires régionaux ou nationaux soient régis par
des statuts fixés par les évêques dont ils relèvent (12) et approuvés par le
Siège apostolique.
Dans les séminaires où les élèves sont nombreux, qu'on les répartisse on petits
groupes permettant de mieux veiller à la formation personnelle de chacun, tout
on sauvegardant l'unité de direction et de formation scientifique.
IV
L'ATTENTION TOUTE PARTICULIÈRE
REQUISE PAR LA FORMATION SPIRITUELLE
8. [Vie d'union avec le Christ]
La formation spirituelle doit avoir un lion étroit avec la formation doctrinale
et pastorale et, avec l'aide principalement du directeur spirituel (13), elle
doit être donnée de telle façon que les séminaristes apprennent à vivre
continuellement dans la familiarité du Père, par son fils Jésus-Christ, dans
l'Esprit-Saint. La sainte ordination devant les configurer au Christ prêtre,
qu'ils s'habituent déjà à lui être attachés comme des amis, également dans
l'intimité de toute leur vie (14). Qu'ils vivent son mystère pascal de façon à
savoir initier à ce mystère le peuple qui leur sera confié. Qu'on leur enseigne
à chercher le Christ, dans la méditation fidèle de la parole de Dieu, dans la
communion active aux très saints mystères de l'Église --en premier lieu dans
l'eucharistie et l'office divin (15), -- dans l'évêque qui les envoie et dans
les hommes à qui ils sont envoyés, surtout les pauvres, les petits, les
malades, les pécheurs et les incroyants. Qu'avec une filiale confiance ils
aiment et honorent la bienheureuse Vierge Marie que le Christ Jésus, mourant
sur la croix, donna comme mère à son disciple.
Qu'on encourage les exercices de piété éprouvés par l'expérience vénérable de
l'Église: mais on évitera que la formation spirituelle consiste seulement en
ces exercices et ne développe quel le sentiment religieux. Le séminariste doit
plutôt apprendre à vivre selon le modèle de l'Évangile; à s'affermir dans la
foi, l'espérance et la charité, afin d'acquérir l'esprit de prière par
l'exercice de ces vertus16, afin de fortifier et de protéger sa vocation, de
s'affermir dans les autres vertus et d'aspirer toujours davantage à gagner tous
les hommes au Christ.
9. [Attachement et soumission à l'Église]
Les séminaristes doivent être imprégnés du mystère de l'Église, mis
particulièrement en relief par ce saint Concile, de façon à rendre témoignage
de l'unité qui attire les hommes au Christ (17), d'abord par leur attachement
humble, filial et aimant au Vicaire du Christ, et ensuite --. une fois revêtus
du sacerdoce -- par leur adhésion à leur évêque, en se montrant ses fidèles
coopérateurs et en l'aidant en commun avec leurs frères dans le sacerdoce.
Qu'ils apprennent à participer de tout leur cœur à la vie de l'Église tout
entière, en se rappelant cette parole de saint Augustin: "Chacun a
l'Esprit-Saint dans la mesure où il aime l'Église du Christ" (18). Les
séminaristes doivent être bien convaincus qu'ils ne sont pas destinés à la
domination et aux honneurs, mais tout entiers voués au service de Dieu et au
ministère pastoral. Qu'on apporte un soin particulier à développer en eux
l'obéissance sacerdotale, la vie de pauvreté et l'esprit d'abnégation (19),
pour les habituer à renoncer sans hésiter à ce qui -- tout en étant licite --
ne convient pas, et à imiter le Christ crucifié.
Qu'on fasse prendre conscience aux séminaristes des charges qu'ils auront à
supporter, sans leur dissimuler aucune des difficultés de la vie sacerdotale;
que cela cependant ne les conduise pas à ne voir que l'aspect dangereux de leur
activité future, mais les dispose à affermir le plus possible leur vie
spirituelle à partir de leur action pastorale.
10. [Renoncement à la vie conjugale]
Les séminaristes qui, selon les saintes lois toujours en vigueur dans leur
propre rite, observent la tradition vénérable du célibat sacerdotal, seront
très soigneusement préparés à cet état où, à cause du royaume des cieux, ils
renoncent à la vie conjugale (cf. Matth., 19, 12) pour s'attacher au Seigneur
par un amour sans partage (20), intimement conforme à la Nouvelle Alliance, ils
portent témoignage à la résurrection du monde à venir (cf. Luc, 20, 36) (21) et
ils trouvent une aide puissante leur permettant d'exercer sans relâche la
charité parfaite par laquelle ils peuvent se faire tout à tous dans leur ministère
sacerdotal (22). Qu'ils sachent bien avec quel cœur reconnaissant cet état doit
être embrassé, non seulement comme une prescription de la loi de .l'Église,
mais comme un don précieux qui doit être humblement demandé à Dieu, un don
auquel ils s'empresseront de répondre librement et généreusement, avec
l'inspiration et l'aide de la grâce de l'Esprit-Saint.
Les séminaristes doivent connaître comme il se doit les devoirs et la dignité
du mariage chrétien, qui représente l'amour mutuel du Christ et de l'Église
(cf. Ephés., 5, 22-33). Mais ils doivent avoir conscience de la prééminence de
la virginité consacrée au Christ (23), de sorte que s'ils décident de se
consacrer totalement au Seigneur, corps et âme, ce soit par un choix généreux
et mûrement réfléchi.
Qu'ils soient avertis des dangers qui, surtout dans la société contemporaine,
menacent leur chasteté (24); qu'avec les secours voulus, divins et humains, ils
apprennent à assumer leur renoncement au mariage, de telle sorte que non
seulement leur vie et leur activité ne souffrent nullement de leur célibat,
mais qu'eux-mêmes en tirent une plus parfaite maîtrise de leur cœur et de leur
corps, un meilleur épanouissement de leur maturité et une vue plus claire de la
béatitude promise par l'Évangile.
11. [Maturité personnelle]
Qu'on observe scrupuleusement les principes de l'éducation chrétienne, en les
complétant de façon appropriée par les découvertes modernes d'une saine
psychologie et pédagogie. Une formation sagement organisée doit donc cultiver
chez les séminaristes également cette nécessaire maturité humaine dont les
critères principaux sont une certaine stabilité dans le caractère, la capacité
de prendre des décisions réfléchies, et un jugement droit sur les événements et
les hommes. Que les séminaristes prennent l'habitude de dominer leur
tempérament, qu'ils acquièrent la force de caractère et, d'une façon générale,
qu'ils apprennent à estimez les vertus que les hommes apprécient davantage et
qui recommandent un ministre du Christ (25), telles que la loyauté, le souci
continuel de la justice, la fidélité aux engagements, des manières polies, un
langage à la fois modeste et charitable.
Dans la vie du séminaire, on doit considérer la discipline non seulement comme
un auxiliaire efficace de la vie commune et de la charité, mais comme un
élément nécessaire dans l'ensemble de la formation, pour acquérir la maîtrise
de soi, une solide maturité personnelle et les autres traits de caractère qui
sont très précieux pour l'activité fructueuse et bien ordonnée de l'Église.
Mais que cette discipline s'exerce de façon à créer chez les séminaristes
l'attitude intérieure qui leur fait admettre l'autorité des supérieurs à cause
de leur conviction intime, de leur conscience (cf. Rom., 13, 5) et des motifs
surnaturels. D'autre part, la discipline doit être appliquée en fonction de
l'âge des séminaristes, de façon qu'en apprenant peu à peu à se diriger
eux-mêmes, ils s'habituent à user raisonnablement de leur liberté, à agir d'une
façon spontanée et énergique (26), à collaborer avec leurs confrères et avec
les laïcs.
Que toute l'atmosphère du séminaire, imprégnée d'amour de la piété et du
silence, ainsi que du souci de s'entraider, soit orientée de façon à constituer
comme une initiation à la vie que devra mener le prêtre.
12. [Durée de la ]ormation]
Afin que la formation spirituelle s'appuie sur des principes plus fermes et que
les séminaristes embrassent leur vocation en vertu d'un choix mûrement
délibéré, les évêques auront à fixer le laps de temps qui convient pour une
préparation spirituelle plus intense. Il leur appartiendra également de juger
s'il est opportun d'interrompre les études pendant un certain temps ou
d'organiser une formation pastorale adaptée, en vue de mieux assurer la
probation des candidats au sacerdoce. Il appartiendra aussi aux évêques, selon
les conditions de chaque région, de repousser la limite d'âge actuellement
prescrite par le droit commun pour les ordres sacrés, ainsi que de décider s'il
est opportun que les séminaristes, après la fie de leur théologie, exercent
pendant le temps qu'il convient les fonctions de diacres, avant d'être appelés
au sacerdoce.
V
LA RÉVISION DES ÉTUDES ECCLÉSIASTIQUES
13. [Études de base]
Avant que les séminaristes entreprennent les études ecclésiastiques proprement
dites, qu'on leur fournisse le même bagage humaniste et scientifique qui ouvre
aux jeunes gens de leur nation l'accès aux études supérieures; qu'ils
acquièrent en outre une connaissance du latin leur permettant de comprendre et
d'utiliser tant de sources scientifiques et de documents de l'Église (27). On
doit tenir pour nécessaire l'étude de la langue liturgique propre à chaque
rite, et vivement encourager une connaissance convenable des langues de la
Sainte Écriture et de la Tradition.
14. [Cours d'introduction aux études ecclésiastiques}
La révision des études ecclésiastiques doit avant tout viser à ce que les
disciplines philosophiques et théologiques soient mieux articulées ensemble et
concourent harmonieusement à ouvrir toujours plus grand l'esprit des
séminaristes au mystère du Christ, lequel marque toute l'histoire de
l'humanité, ne cesse d'influer sur l'Église et agit principalement par le
ministère des prêtres (28).
Pour donner cette vision aux séminaristes, dès le début de leur formation, les
études ecclésiastiques devront commencer par un cours d'introduction, lequel se
prolongera pendant le temps nécessaire. Que cette initiation présente le
mystère du salut de façon à montrer aux élèves le sens, le plan et la fin
pastorale des études ecclésiastiques; de façon aussi à les aider à fonder sur
1a foi et à pénétrer de foi leur vie personnelle tout entière, ainsi qu'à les
affermir dans leur vocation embrassée en faisant joyeusement le don
d'eux-mêmes.
15. [Études philosophiques]
Qu'on enseigne les disciplines philosophiques de façon à imprimer aux
séminaristes tout d'abord une connaissance ferme et cohérente de l'homme, du
monde et de Dieu, en s'appuyant sur l'héritage de la philosophia perennis (29),
en tenant compte également des recherches philosophiques plus récentes,
notamment de celles qui exercent la plus grande influence dans chaque pays,
ainsi que du progrès scientifique moderne. S'ils connaissent bien la mentalité
de leur siècle, les séminaristes seront ainsi convenablement préparés au dialogue
avec leurs contemporains (30).
L'histoire de la philosophie doit être enseignée de telle sorte que les
séminaristes, après avoir pénétré les principes ultimes des différents
systèmes, en retiennent ce qui, chez eux, s'avère être vrai, puissent détecter les
racines des erreurs et les réfuter.
Que la façon même d'enseigner suscite chez les séminaristes l'amour de la
vérité rigoureusement recherchée, observée et démontrée, et en même temps leur
fasse prendre honnêtement conscience des limites de la connaissance humaine.
Qu'on porte grande attention au lien unissant la philosophie avec les
véritables problèmes de vie et avec les questions qui préoccupent les élèves;
qu'on les aide à percevoir les liens existant entre les questions
philosophiques et les mystères du salut que la théologie fait envisager à la
lumière supérieure de la foi.
16. [Études théologiques]
Les disciplines théologiques doivent être enseignées à la lumière de la foi et
sous 1a conduite du Magistère de l'Église (31), de telle sorte que les
séminaristes puisent avec grand soin la doctrine catholique dans la Révélation
divine, 1a pénètrent profondément, en fassent l'aliment de leur propre vie
spirituelle (32) et sachent l'annoncer, l'exposer et la défendre dans le
ministère sacerdotal.
[a) Écriture sainte]
Les séminaristes doivent être formés avec un soin particulier à l'étude de
l'Écriture sainte, qui doit être comme l'âme de la théologie tout entière (33);
après une introduction appropriée, qu'on les initie soigneusement à la méthode
exégétique, qu'on leur fasse bien voir les grands thèmes de la Révélation
divine et qu'on leur fournisse encouragement et aliment pour la lecture et 1a
méditation quotidienne des saints Livres (34).
[b) Théologie dogmatique]
Dans l'enseignement de la théologie dogmatique, on suivra l'ordre suivant:
d'abord, on proposera les thèmes bibliques; on montrera ce qu'ont apporté, pour
la fidèle transmission et l'explication de chacune des vérités révélées, les
Pères de l'Église d'Orient et d'Occident, et on enseignera l'histoire
ultérieure du dogme, sans perdre de vue sa relation avec l'histoire générale de
l'Église (35); ensuite, pour éclairer aussi pleinement que possible les
mystères du salut, les séminaristes apprendront à les pénétrer plus
profondément au moyen de la spéculation, sons la conduite de saint Thomas, et à
découvrir leur lien mutuel (36); ils apprendront à reconnaître ces mystères
toujours présents et agissants dans les actions liturgiques (37) et dans toute
la vie de l'Église; ils apprendront ensuite à chercher la solution des
problèmes humains à la lumière de la Révélation, à appliquer les vérités
éternelles aux conditions changeantes de l'humanité et à les transmettre sous
une forme adaptée à nos contemporains (38).
[c) Autres disciplines théologiques]
Les autres disciplines théologiques doivent de même être renouvelées par un
contact plus vivant avec le mystère du Christ et l'histoire du salut. On
apportera un soin particulier à l'enseignement de la théologie morale. L'exposé
scientifique de cette matière devra être davantage nourri de la doctrine de la
Sainte Écriture. Il mettra en lumière la sublime vocation des fidèles dans le
Christ et leur devoir de porter des fruits dans la charité pour ta vie du
monde. De même, dans l'enseignement du droit canonique et de l'histoire de
l'Église, on considérera le mystère de l'Église selon la constitution
dogmatique De Ecclesia promulguée par le présent Concile. La sainte liturgie,
qui doit être considérée comme la source première et nécessaire de l'esprit chrétien,
devra être enseignée dans l'esprit des articles 15 et 16 de la constitution De
Sacra Liturgia (39).
[d) Connaissance des diverses Églises et religions]
En tenant compte judicieusement des différentes conditions locales, on amènera
les séminaristes à une meilleure connaissance des Églises et des Communautés
ecclésiales séparées du Siège apostolique romain, pour qu'ils puissent
travailler à la restauration de l'unité entre tous les chrétiens, selon les
prescriptions du présent Concile (40).
Qu'on les initie également à la connaissance des autres religions plus
répandues dans telle ou telle région, pour mieux reconnaître ce que, par la
Providence divine, elles possèdent de bon et de vrai, réfuter les erreurs et
communiquer à ceux qui ne l'ont pas la pleine lumière de la vérité.
17. [Orientation de cette formation doctrinale]
Toutefois, la formation doctrinale ne doit pas tendre à une pure transmission
de concepts, mais à une véritable éducation intérieure des séminaristes. Aussi
devra-t-on reconsidérer les méthodes d'enseignement en ce qui concerne les
cours, les discussions et les exercices, et on encouragera le travail des
séminaristes en privé ou en petits groupes. On veillera attentivement à l'unité
et à la solidité de toute la formation, en évitant de multiplier outre mesure
les matières et les heures de cours, également en laissant de côté les
questions qui n'ont plus guère d'importance ou qui doivent être renvoyées aux
études universitaires supérieures.
18. [Formation scientifique spéciale dans certains cas]
Aux évêques incombe le soin d'envoyer dans des Instituts particuliers, facultés
ou universités, .les jeunes ayant les aptitudes voulues d'intelligence, de
vertu et de caractère, afin de préparer, dans les sciences sacrées -- mais
aussi dans les autres sciences où cela paraîtra nécessaire -- des prêtres qui
auront une formation scientifique approfondie et pourront répondre aux diverses
exigences de l'apostolat; mais qu'on ne néglige nullement leur formation
spirituelle et pastorale, surtout s'ils ne sont pas encore revêtus du
sacerdoce.
VI
LE DÉVELOPPEMENT DE LA FORMATION
PASTORALE PROPREMENT DITE
19. [Préparation aux lâches du ministère]
Le souci pastoral qui doit informer tonte ta formation des séminaristes41 exige
aussi qu'ils reçoivent une préparation en ce qui concerne spécialement le
ministère, notamment la catéchèse et la prédication, le culte liturgique et
l'administration des sacrements, les œuvres de charité, le devoir d'aller
au-devant de ceux qui sont dans l'erreur ou l'incroyance, et les autres
fonctions pastorales. Ils devront également recevoir une formation soignée en
ce qui concerne la direction spirituelle, par: laquelle ils peuvent former tous
les fils de l'Église d'abord à une vie chrétienne pleinement consciente et apostolique,
et aussi à l'accomplissement de leur devoir d'état. Avec le même soin, on doit
leur apprendre à aider les religieux et les religieuses à persévérer dans la
grâce de leur vocation propre et à progresser selon l'esprit des différents
instituts (42).
Que donc, d'une manière générale, on développe chez les séminaristes les
aptitudes voulues qui favorisent grandement le dialogue avec les hommes, telles
que la capacité d'écouter les autres et de s'ouvrir, en esprit de charité, aux
diverses situations humaines (43).
20. [Ouverture au monde extérieur]
Qu'on leur apprenne aussi à user des moyens que peuvent fournir les sciences
pédagogiques, psychologiques ou sociologiques (44), selon les bombes méthodes
et les directives de l'autorité ecclésiastique. Qu'on les forme également avec
grand soin à susciter et à soutenir l'action apostolique des laïcs (45), et
promouvoir des formes diverses et plus efficaces d'apostolat; qu'ils soient
imprégnés d'un esprit vraiment catholique qui les habitue à transcender les frontières
de leur diocèse, pays ou rite particulier, pour subvenir aux besoins de toute
l'Église, en étant disposé à prêcher l'Évangile partout (46).
21. [Pratique de l'apostolat]
Mais il ne suffit pas aux séminaristes de s'exercer de façon théorique à l'art
de l'apostolat, ils ont encore besoin de l'apprendre pratiquement et de pouvoir
agir en prenant leurs propres responsabilités et en collaboration. Aussi, déjà
pendant leurs études, ainsi que pendant les vacances, doivent-ils s'initier à
la pratique de l'apostolat par des activités bien choisies. Ces activités
doivent cependant correspondre à leur âge et aux conditions locales, selon le
jugement prudent des évêques; elles doivent être exercées méthodiquement, sous
la conduite de personnes ayant une grande expérience pastorale, en leur
rappelant toujours l'efficacité prépondérante des moyens surnaturels (47).
VII
LE COMPLÉMENT DE FORMATION
APRÈS L'ACHÈVEMENT DU CYCLE D'ÉTUDES
22. La formation sacerdotale, surtout dans les conditions de la société actuelle,
doit encore se poursuivre et se compléter après l'achèvement du cycle d'études
dans les séminaires (48). Il appartiendra pour cela aux conférences épiscopales
d'appliquer dans chaque pays les moyens les plus adaptés, tels que des
Instituts de pastorale coopérant avec des paroisses judicieusement choisies,
des sessions organisées à date fixe, des exercices appropriés aidant le jeune
clergé à s'insérer progressivement dans la vie sacerdotale et I' action
apostolique, sous l'aspect spirituel, intellectuel et pastoral, et à renouveler
et développer toujours davantage cette vie et cette action.
1. Le Christ a voulu que le progrès de tout le
peuple de Dieu dépende principalement du ministère des prêtres. Cela ressort
des paroles par lesquelles Notre-Seigneur a constitué les apôtres ainsi que
leurs successeurs et coopérateurs, hérauts de l'Évangile, chefs du nouveau
peuple élu et dispensateurs des mystères de Dieu. Cela est encore confirmé par
les paroles des Pères et des saints. ainsi que les documents répétés des
souverains pontifes.
Cf. en premier lieu: S. Pie X. exhortation au clergé Haerent animo, 4 août
1908, S. Pii X, Acta IV, pp. 237-264. -- Pie XI, encycl. Ad Catholici
Sacerdotii, 20 déc. 1935: AAS, XXVIII (1936), surtout pp. 37-52. -- Pie XII, exhortation
apostolique Menti Nostrae, 23 sept. 1950: AAS, XLII (1950), pp. 657-702. --
Jean XXIII, encycl. Sacerdotii Nostri Prirnordia, ler août 1959: AAS LI (1959),
pp. 545-579. -- Paul VI, lettre apostolique Summi Dei Verbum. 4 nov. 1963: AAS,
LV (1963), pp. 979-995.
2. Toute la formation sacerdotale, c'est-à-dire l'organisation du séminaire, la
formation spirituelle, le programme des études, la vie en commun et la
discipline des élèves, les exercices de pastorale, doivent être adaptés aux
circonstances de lieux. Dans ses grands principes, cette adaptation doit être
faite, selon les normes communes, par les conférences épiscopales, pour le
clergé séculier et -- de la manière qui convient -- par les supérieurs
compétents, pour le clergé régulier (cf. S. Cong. des religieux, Const. Apost.
Sedes Sapientiae et les Statuts généraux annexes, art. 19, 2e éd., Rome 1957,
pp. 38
3. Le manque de vocations est aujourd'hui l'une des principales épreuves que
connaît l'Église presque partout. Cf. Pie XII, exhortation apost. Menti
Nostrae: " ... le nombre des prêtres, dans les pays catholiques comme dans
les missions, s'est avéré bien souvent disproportionné avec les besoins
toujours croissants " (AAS, XLII, 1950, p. 682). -- Jean XXIII: " Le
problème des vocations ecclésiastiques et religieuses est la préoccupation
quotidienne du Pape..., il est le soupir de sa prière et l'ardente aspiration
de son âme. " (Allocution au ler Congrès international des vocations
religieuses, 16 déc. 1961: AAS LIV, 1962, p. 33.)
4. Pie XII, const. apost. Sedes Sapientiae, 31 mai 1956: AAS, XLVIII, 1956, p.
357. -- Paul VI, lettre apost. Summi Dei Verbum, 4 nov. 1963: AAS. LV, 1963, p.
984 s.
5. Cf. surtout Pie XII, Motu proprio "Cum Nobis " " sur la
création de l'Œuvre pontificale des vocations sacerdotales, auprès de la sacrée
congrégation des Séminaires et des Universités ", 4 nov. 1941: AAS,
XXXIII, 1941, p. 479; avec les statuts et règles annexes promulgués par cette
congrégation le 8 sept. 1943. -- Motu proprio " Cum supremae " "
sur l'œuvre pontificale primaire des vocations religieuses ", 11 févr.
1955: AAS, XLVII, 1955, p. 266, avec les statuts et règles annexes promulgués
par la sacrée congrégation des Religieux (ibid., pp. 298-301 ); Concile du
Vatican II, décret De accommodata renovatione vitae religiosae, n. 24: AAS,
LVIII, 1966, pp. 711-712 [p. 388]; décret De Pastorali Episcoporum munere in
Ecclesia, n. 15: AAS, LVIII, 1966, p.680 [p. 285-286].
6. Cf. Pie XII, exhortation apostolique Menti Nostrae, 23 sept. 1950: AAS,
XLII, 1950, p. 685.
7. Cf. Concile du Vatican II. constitution dogmatique De Ecclesia. n. 28: AAS,
LVII, 1965, p. 34 [pp. 52-54].
8. Cf. Pie XI, encycl. Ad Catholici Sacerdotii, 20 déc. 1935: AAS, XXVIII,
1936, p. 37: " Avant tout le premier soin doit être le choix des supérieurs,
des maîtres... Donnez à vos séminaires les prêtres les meilleurs; ne craignez
pas de les dérober même à des charges d'apparence plus brillantes, mais qui en
réalité ne peuvent pas entrer en comparaison avec cette œuvre capitale et
irremplaçable ". -- Pie XII insiste de nouveau sur ce principe de choisir
les meilleurs, dans sa lettre apostolique adressée aux Ordinaires du Brésil, le
23 avril 1947: Discorsi e Radiomessaggi IX, pp. 579-580.
9. Sur ce devoir commun d'aider les séminaires, cf. Paul VI, lettre apostolique
Summi Dei Verbum, 4 nov. 1963: AAS, LV (1963), p. 984.
10. Cf. Pie XII, exhortation apostolique Menti Nostrae, 23 sept. 1950: AAS,
XLII, 1950, p. 684. Et cf. sacrée congrégation des Sacrements, lettre
circulaire aux Ordinaires des lieux Magna equidem, 27 déc. 1935, n. 10. -- Pour
les religieux, cf. statuts généraux annexés à la constitution apostolique Sedes
Sapientiae, 31 mai 1956, art. 33. -- Paul VI, lettre apostolique Summi Dei
Verbum, 4 nov. 1963: AAS, LV, 1963, p. 987 s.
11. Cf. Pie XI, encycl. Ad Catholici Sacerdotii. 20 déc. 1935: AAS. XXVIII.
1936, p. 41.
12. Il est établi que tous les évêques intéressés participent à la rédaction
des statuts des séminaires régionaux ou nationaux, par dérogation à ce que
prescrit le canon 1357, part. IV, C. I. C.
13. Cf. Pie XII, exhortation apostolique Menti Nostrae. 23 sept. 1950: AAS,
XLII, 1950, p. 674; sacrée congrégation des Séminaires et Universités, La
formazione spirituale del candidato al sacerdozio. Città del Vaticano, 1965.
14. Cf. S. Pie X, exhortation au clergé catholique Haerent animo, 4 août 1908:
S. Pii X, Acta IV, pp. 242-244; Pie XII, exhortation apostolique Menti Nostrae,
23 sept. 1950: AAS, XLII, 1950, pp. 659-661; Jean XXIII, encycl. Sacerdotii
Nostri Primordia, ler août 1959: AAS, LI, 1959, p. 550 s.
15. Pie XII, encycl. Mediator Dei, 20 nov. 1947: AAS, XXXIX, 1947, pp. 547 s.
et 572 s.; Jean XXIII, exhortation apostolique Sacrae laudis, 6 janvier 1962:
AAS, LIV, 1962, p. 69; Conc. du Vat. II, const. De sacra Liturgia, art. 16 et
17: AAS LVI, 1964, p. 104 s. [pp. 134-135]; sacrée congrégation des Rites,
Instructio ad exsecutionem Constitutionis de sacra Liturgia recte ordinandam,
26 sept. 1964, n. 14-17: AAS, LVI, 1964, p. 880 s.
16. Cf. Jean XXIII, encycl. Sacerdotii Nostri Primordia: AAS, LI, 1959, p. 559
s.
17. Cf. Conc. Vat. II, const. dogm. De Ecclesia, n. 28: AAS, LVII, 1965. p. 35
s. [pp. 52-54].
18. S. Augustin, In Joan., tract. 32, 8: P.L.. XXXV. 1646.
19. Cf. Pie XII, exhortation apostolique Menti Nostrae: AAS, XLII, 1950, pp.
662 s., 685, 690; Jean XXIII, encycl. Sacerdotii Nostri Primordia: AAS, LI,
1959, pp. 551-553, 556 s.; Paul VI, encycl. Ecclesiam suarn, 6 août 1964: AAS,
LVI, 1964, p. 634 s.; Conc. du Vat. II, const. dogm. De Ecclesia, surtout n. 8:
AAS, LVII, 1965, p. 12 [pp. 26-27].
20. Cf. Pie XII. encycl. Sacra Virginitas, 25 mars 1954: AAS, XLVI, 1954, p.
165 s.
21. Cf. S. Cyprien, De habitu virginum, 22: P.L., IV, 475; S. Ambroise, De
Virginibus I. 8, 52: P.L., XVI, 202 s.
22. Cf. Pie XII. exhortation apostolique Menti Nostrae: AAS XLII, 1950, p. 663.
23. Cf. Pie XII, encycl. Sacra virginitas, loc. cit., pp. 170-174.
24. Cf. Pie XII. exhortation apostolique Menti Nostrae, loc. cit.. pp. 664 et
690 s.
25. Cf. Paul VI, lettre apost. Summi Dei Verbum, 4 nov. 1963: AAS I.V, 1963, p.
991
26. Cf. Pie XII. exhortation apost. Menti Nostrae. loc. cit.. p. 686.
27. Cf. Paul VI, lettre apost. Summi Dei Verbum, loc. cit., p. 993.
28. Cf. Conc. Vat. II, const. dogm. De Ecclesia. n. 7 et 28 AAS, LVII. 1965,
pp. 9-11; 33 s. [pp. 23-26; 52-54].
29. Cf. Pie XII. encycl. Humani generis, 12 août 1950: AAS, XLII, 1950, pp.
571-575.
30. Cf. Paul VI, encycl. Ecclesiam suam, 6 août 1964: AAS, LVI, 1964. p. 637 s.
31. Cf. Pie XII, encycl.Humani generis, 12 août 1950: AAS, XLII, 1950, pp.
567-569; allocution Si diligis, 31 mai 1954: AAS, XLVI, 1954, p. 314 s.; Paul
VI, allocution aux étudiants de l'Université pontificale grégorienne, 12 mars
1964: AAS, LVI, 1964, p. 364 s.; Conc. du Vat. Il, const. dogm. De Ecclesia, n.
25: AAS LVII, 1965, pp. 29-31. [pp. 47-49].
32. Cf. S. Bonaventure, Itinerarium mentis in Deum. Prol. n. 4: " (Que
personne) ne croie que lui suffise la science sans l'onction, la spéculation
sans la dévotion, la recherche sans l'admiration, la circonspection sans l'exultation,
le travail sans la piété, la science sans la charité, l'intelligence sans
l'humilité, le zèle sans la grâce divine, le reflet sans la science divinement
inspirée " (S. Bonaventure, Opera Omnia. V. Quarracchi 1891, p. 296).
33. Cf. Léon XIII. encycl. Providentissimus Deus, 18 nov. 1893: AAS, XXVI,
1893-1894, p. 283.
34. Cf. Commission pontificale pour les études bibliques, Instructio de Sacra
Scriptura recte docenda, 13 mai 1950: AAS. XIII, 1950, p. 502.
35. Cf. Pie XII, encycl. Humani generis, 12 août 1950: AAS, XLII. 1950, p.568
s.: " Par l'étude des sources, les sciences sacrées rajeunissent sans
cesse tandis que la spéculation qui néglige de pousser au-delà l'étude du dépôt
révélé, l'expérience nous l'a appris devient stérile ".
36. Cf. Pie XII, discours aux élèves des séminaires, 24 juin 1939: AAS. XXXI,
1939, p. 247: " En recommandant la doctrine de saint Thomas, on ne
supprime pas l'émulation dans la recherche et dans la diffusion de la vérité,
mais on la stimule plutôt et on la guide ". -- Paul VI, allocution
prononcée à l'Université pontificale grégorienne, le 12 mars 1964: AAS, LVI,
1964, p. 365: " (Les Maîtres)... porteront également une attention
respectueuse à l'enseignement des Docteurs de l'Église, parmi lesquels saint
Thomas tient la première place. Il y a en effet chez le Docteur angélique tant
de puissante intelligence, tant de sincère amour de la vérité, tant de sagesse
dans l'approfondissement, la présentation et la synthèse des plus hautes
vérités, que sa doctrine est l'instrument le plus efficace, non seulement pour
asseoir la foi sur les bases sûres, mais aussi pour percevoir d'une façon
efficace et assurée les fruits d'un sain progrès ". -- Cf. également
Allocution devant le VIe Congrès thomiste international, 10 sept. 1965: AAS, LVII,
1965, pp. 788-792.
37. Cf. Conc. Vat. II, const. De sacra Liturgia, n. 7 et 16: AAS, LVI, 1964,
pp. 100 s. et 104 s. [pp. 130-131, 134].
38. Cf. Paul VI, encycl. Ecclesiam suam, 6 août 1964: AAS, LVI, 1964, p. 640 s.
39. Conc. Vat. II, const. De sacra Liturgia, n. 10, 14, 15, 16; sacrée
congrégation des Rites, Instructio ad executionem Constitutionis de sacra
Liturgia recte ordinandam, 26 sept. 1964, n. 11 et 12: AAS, LVI, 1964, p. 879
s. [pp. 132, 133-134].
40. Cf. Conc. Vat. II, décret De Oecumenismo, n. 1, 9, 10: AAS, LVII, 1965, pp.
90 et 98 s. [pp. 497-498, 507].
41. L'image parfaite du pasteur peut se déduire des documents des Pontifes les
plus récents qui traitent précisément de la vie, des qualités et de la
formation des prêtres, particulièrement: S. Pie X, exhortation au clergé
Haerent animo, S. Pie X, Acta IV, p. 237 s. -- Pie XI, encycl. Ad Catholici
Sacerdotii: AAS, XXVIII, 1936, p. 5 s. -- Pie XII, exhortation apost. Menti
Nostrae: AAS, XLII, 1950, p. 657 s. -- Jean XXIII, encyclique Sacerdotii Nostri
prirnordia: AAS, LI, 1959, p. 545 s. -- Paul VI, lettre apost. Summi Dei
Verbum: AAS, LV, 1963, p. 979 s.
On trouve également beaucoup d'éléments sur la formation pastorale dans
l'encycl. Mystici Corporis, 1943; Mediator Dei, 1947; Evangelii praecones,
1951; Sacra Virginitas, 1954; Musicae sacrae disciplina, 1955; Princeps
Pastorum, 1959; également dans la const. apost. Sedes Sapientiae, 1956, pour
les religieux.
Pie XII, Jean XXIII et Paul VI ont aussi présenté le modèle du bon pasteur à
plusieurs reprises dans leurs allocutions à des séminaristes et à des prêtres.
42. Sur l'importance de l'état qui résulte de la profession des conseils
évangéliques, cf. Conc. du Vat. II, const. dogm. De Ecclesia, chap. VI: AAS,
LVII, 1965, pp. 49-53 [pp. 72-761; décret De accommodata renovatione vitae
religiosae [pp. 373 ss].
43. Paul VI, encycl. Ecclesiam suam, 6 août 1964: AAS, LVI, 1964, passim,
surtout pp. 635 s. et 640 s.
44. Cf. surtout Jean XXIII, encycl. Mater et Magistra, 15 mai 1961: AAS, LIII,
1961, p. 401 s.
45. Cf. principalement Conc. du Val. II, const. dogm. De Ecclesia, n. 33: AAS,
LVII, 1965, p. 39 [pp. 58-59].
46. Cf. Conc. du Vat. II, const. dogm. De Ecclesia, n. 17: AAS, LVII, 1965, p.
20 s. [pp. 37-38].
47. De nombreux documents pontificaux mettent en garde contre le danger, dans
l'action pastorale, de négliger la fin surnaturelle et de faire peu de cas, au
moins en pratique, des secours surnaturels; cf. surtout !es documents cités
dans la note 41.
48. Les plus récents documents du Saint-Siège insistent sur le soin particulier
qu'on doit prendre des nouveaux prêtres. Il faut rappeler surtout:
Pie XII, Motu proprio "Quandoquidem", 2 avril 1949: AAS XLI, 1949,
pp. 165-167; exhortation apost. Menti Nostrae, 23 sept. 1950: AAS, XLII, 1950;
constitution apostolique (pour les religieux) Sedes Sapientiae, 31 mai 1956 et
les statuts généraux annexes; allocution à des prêtres de la maison de
pastorale de Barcelone, 14 juin 1957, Discorsi e Radiomessaggi, XIX, pp.
271-273. -- Paul VI, allocution à des prêtres de l'institut Gian Matteo
Giberti, du diocèse de Vérone, 11 mars 1964: L'Osservatore Romano, 13 mars
1964.
CONCLUSION
Poursuivant 1'œuvre entreprise par le Concile de Trente et mettant leur
confiance dans les directeurs et professeurs des séminaires, qu'ils chargent de
former les futurs prêtres du Christ dans l'esprit du renouveau voulu par ce
saint Concile, les Pères exhortent vivement ceux qui se préparent au ministère
sacerdotal à bien se convaincre que l'espoir de l'Église et le salut des âmes
reposent entre leurs mains, et à recevoir avec joie les normes posées par le
présent décret, afin de porter des fruits abondants et impérissables.
Tout l'ensemble et chacun des points qui sont édictés dans ce Décret ont plu
aux Pères du saint Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que le
Christ Nous a confié, avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, décrétons
et arrêtons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que, pour la gloire de
Dieu, ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué.
Rome, près Saint-Pierre, le 28 octobre 1965.
Moi, PAUL,
Évêque de l'Église catholique.
Suivent les signatures des Pères.