PRÊTRE
: UN SANS-PAPIER ?
Prêtre, qui es-tu ? « Un
autre Christ », répond la théologie classique. Peut-être, dit le
théologien à la page, mais pas plus que tous les autres baptisés, liturgies de
l'eucharistie et témoins de l’Évangile. « Le père des âmes », reprend
la sagesse traditionnelle. Mais que signifie la paternité, insinue théologie du
soupçon, aujourd'hui où les chrétiens ont une foi adulte ? « Le pasteur du
troupeau », insiste timidement le catholique du rang. Allons donc,
s'esclaffe le laïc engagé, vous ne savez pas que toute autorité est désormais
collégiale ? Mais alors, s'écrie le bon sens populaire, à quoi sert le prêtre ?
Soyons francs. S'il n'y a pas de
vie éternelle, le prêtre ne sert à rien. Si tout le monde va automatiquement au
ciel, on peut encore se passer de lui. Si la Croix n'est pas l'incontournable
chemin d'un salut qui est œuvre de grâce et de liberté, alors, oui, le prêtre
est un sans-papier.
Parce que son identité, c'est la
Croix du Christ. L'évacuation de la Croix évacue le prêtre, et
c'est justice. La
présence active de la Croix dans la Pénitence et la Messe, voilà la lettre de
mission du prêtre: la Croix qui arrache à l'enfer et ouvre l'éternité. Pour nos
temps de rationalisme, un capucin italien a porté cette identité visiblement
gravée dans sa chair : saint Padre Pio. Son beau visage soucieux n'est-il pas
l'icône du Christ-Prêtre illuminant un siècle d'hédonisme et de nihilisme ?
« Comme la spiritualité de la
Croix vécue par l'humble capucin de Pietrelcina est actuelle ! Notre
époque a besoin d'en redécouvrir la valeur pour ouvrir son cœur à
l'espérance. » (Jean-Paul II, 16 juin 2002, homélie de la canonisation).
Qu'a-t-il fait ? Il a confessé et
il a célébré la messe. Sa main s'est levée sur des visages en larmes pour les
arracher au démon et les rendre au Christ de leur baptême. Ses mains se sont
levées pour offrir la Passion du Christ à la Trinité sainte et attirer la Grâce
rédemptrice sur le coin du monde et la portion de temps où il vivait... et sur
l'univers entier. Le Sang de Dieu coule à la messe sur la misère actuelle des
hommes : s'il rencontre un cœur de saint, il rejaillit jusqu'aux confins du
monde.
Le Padre Pio est une réponse
vivante à la crise d'identité du prêtre. L'homme sur la tête duquel se posent les
mains du pontife devient, après la préface qui le consacre, prêtre pour
l'éternité: pour en témoigner par sa chaste vie, pour la peupler par le Sang du
Christ qui coule dans les sacrements. Le prêtre qui aime la Croix attire la
misère des cœurs en quête d'espérance. A qui iront-ils, si le prêtre déchire sa
carte d'identité: « Amant de la beauté spirituelle. » (Saint
Augustin. Règle).
J'y pensais en regardant le plus
beau panorama du monde, aux pieds du grand Christ qui domine la baie de Rio de
Janeiro... et les misères et les turpitudes d'une mégapole moderne. Le
Christ-Roi a les bras écartés ; il embrasse le monde et dans ce geste en
dévoile la beauté crucifiée.
R.P. Louis-Marie de Blinières, O.P
***
POURQUOI TANT DE DÉSORDRES ET DE FAUSSES RELIGIONS
?
J’emprunte les lignes de cet
article à l'Annexe 2 du Bulletin N° 460 des Chanoinesse: Régulières
de la Mère de Dieu. Cet article est tiré de Vie et Révélations de la Sœur de
la Nativité ( 1731 - 1798).
« Nous ne savons de sa vie,
écrit l'Abbé Roberdet, que ce qu'elle en raconte elle-même sur ordre, à l'abbé
Genêt, son directeur de conscience, qui en 1819, publia, en quatre volumes, ce
que lu confia Jeanne le Royer devenue Sœur de la Nativité. »
L'Abbé Genêt a soumis l'ouvrage à
l'examen de plus de cent théologiens qui ont tous jugé « l’auteur comme
une personne suscitée de Dieu pour annoncer aux hommes le sort de l’Église
jusqu’aux derniers temps de sa durée. »
L'Abbé Genêt ajoute; « Cela
servira à les ‘précautionne’ contre les erreurs et les scandale de cette époque
finale. »
Un jour que Sœur de la Nativité
était particulièrement désolée qu'il y eût dans le monde tant de scandales et
de fausses religions, le Seigneur lui dit : « Tu voudrais, ma fille, que
J'abolisse tous les scandales, tous les faux cultes et toutes les sectes qui
portent ombrage à Mon Église et qui font injure au seul culte que J'ai établi.
Autant vaudrait que je fisse cesser le péché qui est la source de tous ces
désordres.
Sache qu'en fait de religion,
comme en fait de mœurs, l'homme doit être libre de choisir entre le bien et le
mal. Sans cela, Je ne pourrais exercer ni Ma Bonté, ni Ma Justice. Si l'homme
n'était pas libre dans ses actions, il ne pourrait ni mériter, ni démériter; il
n'aurait ni récompense à espérer, ni châtiment à craindre. Un instrument
purement passif ne peut Me rendre un hommage qui M'honore.
S'il n'y avait qu'une seule
religion dans le monde, quel mérite y aurait-il à la suivre, quand il n'y
aurait point de choix et qu'on ne pût se comporter autrement ? Si les hommes
n'étaient pas libres de pécher, que mériteraient-ils à s'en abstenir ? Exempts
de concupiscence et de tentations, leur état serait celui des saints dans le
ciel : l'état de justice et non celui d'épreuve. Et encore cet état de justice
serait aussi peu méritoire qu'inadmissible. On ne peut abolir le péché et le
mal sur la terre, sans abolir en même temps la liberté de l'homme. Cela répugne
à mes attributs comme aux intérêts de la créature.
L'homme, maître de soi-même, doit
être tenté et éprouvé pendant un temps. Ce n'est qu'à cette condition que Je me
tiens honoré des mouvements de son cœur et de ses actions. Je l'ai fait maître
de choisir et de se déterminer librement en tout.
Cette situation d'épreuve, où
l'homme se trouve, est l'ouvrage de Ma Justice. Il suffit à Ma Bonté de lui
avoir fourni le moyen d'éviter le mal et de pratiquer le bien. Le Grand Jour de
ma manifestation justifiera ma Providence : on verra qu'aucun ne se sera perdu
que par sa faute. On verra qu'à tous J'ai accordé plus que Je ne devais et que
J'ai plus consulté Ma Bonté que Ma Justice. On ne pourra, sans blasphème,
m'accuser d'indifférence, moins encore d'injustice ou de cruauté.
Si cela se trouve vrai à l'égard
des peuples infidèles, et même barbares, que sera-ce donc à l'égard des
chrétiens, et surtout des enfants de mon Église ? Que pourraient-ils alléguer
pour se plaindre de Moi ... surtout après les grâces que Je leur ai accordées ?
Je les détourne du péché par la
crainte du châtiment ; Je les porte à la vertu par l'espoir de la récompense.
J'amortis en eux le feu de la concupiscence ; Je ne leur laisse de difficultés
à surmonter que ce qu'il en faut pour qu'ils puissent vaincre...Je ne souffre
jamais qu'ils soient tentés au dessus de leurs forces et Je sais tirer parti de
leurs tentations et même de leurs chutes pour les leur faire réparer avec
avantage.
***
DISCIPLINES CHRÉTIENNES
Avez-vous un
prêtre dans votre vie ?
Précisons la
question.
Je ne vous demande pas si vous
vous adressez habituellement au même prêtre... Je vous demande si un prêtre
connaît votre vie intime, votre vie intérieure, aussi bien que vous la
connaissez vous-même.
Tout à l'heure, nous verrons à
quoi ça sert, mais d'abord, comment se confesse-t-on ?
Quand on va à confesse, est-ce pour
se mettre en règle avec le Seigneur, comme on se met en règle avec une
administration en allant chercher au commissariat de police un certificat de
bonne conduite et mœurs ou un passeport ?
On énumère ses péchés évidemment
et loyalement bien sûr. Mais livrons-nous notre âme au représentant de Dieu
pour se décharger, ou pour se débarrasser ? Exemple : dit-on j’ai fait des
actes impurs, ou bien: j'ai une liaison avec une employée de mon bureau,
ça dure depuis quinze jours. Comment faire pour m'en sortir ?
La confession exige-t-elle de
telles précisions ? Strictement non. Mais la question n'est pas là. Veut-on,
oui ou non, jouer le jeu chrétien ? Si oui, aucun doute, on sera loyal et
sincère. Il faut comprendre que la confession, c'est exposer son âme toute nue
à un prêtre. Pas de détails inutiles, pas d'histoires, pas de descriptions,
mais les mots qui révèlent une situation, une âme. Père, voici les clefs;
entrez comme chez vous
Pourquoi ?
1. D'abord parce qu'on n'est sur la route que pour marcher en
avant. Est-on décidé à faire de notre vie un progrès perpétuel pour chercher
Dieu ? Ne sommes-nous pas des chrétiens ?
Force de caractère...
dévouement... humilité... pureté.
La question n'est pas d'être en
règle ou de s'y mettre de temps à autre, à l'occasion d'une fête par exemple -
il s'agit de progresser ; c'est à dire de faire le point pour prendre la bonne
direction et de s'y tenir un peu plus et un peu mieux chaque jour.
Par conséquent, si nous voulons
être sincère vis-à-vis de Dieu et de nous-mêmes, nous ne partirons pas sans
guide.
2. Ensuite parce que le simple aveu d'une faute est déjà une
libération. Les protestants l'ont si bien compris que dans certains groupes
d'entraide spirituelle chaque membre doit avouer ses fautes, même les plus
cachées, au moins à un membre du groupe.
3. Mais surtout, parce que le Sacrement de Pénitence, c'est la Grâce
de Dieu venant aider notre pénitence. Et si Dieu, pour cette aide n'a pas
installé une machine distributrice, mais un homme, c'est qu'Il a voulu que sa
grâce passe par cet homme, qui est un prêtre.
Si le prêtre auquel nous nous
sommes confessés nous dit des banalités sur la fête du lendemain, c’est parce
que nous ne lui avons raconté que des banalités sur notre vie.
Un prêtre dans
notre vie.
Je dis: un Prêtre. Je ne dis pas
le prêtre. Mais me direz-vous, je ne peux me confesser toujours au même
prêtre ? Et pourquoi ? rien n'est moins sûr. Mais admettons que nous nous
croyons obligés d'aller quêter une absolution tantôt dans un confessionnal et
tantôt dans un autre, il faut tout de même Un prêtre, qui soit dans notre vie.
Nous serons peut-être obligés
d'aller nous confesser à d'autres prêtres, au hasard des voyages d'affaires ou
de travail, mais nous devrons, de temps en temps, retrouver ce directeur de
conscience, ce guide, Notre prêtre.
Nous irons, en tout cas, le
retrouver quand nous aurons une décision sérieuse à prendre, par exemple:
fiançailles, changement de métier, coup dur, déprime... Nous irons le retrouver
tout simplement, parce que nous sentons le besoin de faire le point.
L'idéal serait d'aller le voir
tous les quinze jours. Si nous voulons que notre âme fonctionne, ne
dépassons pas le
mois. L'horloge humaine ne peut marcher convenablement plus d'un mois sans être
remontée...
Dieu, le
Prêtre et nous.
Voyez-vous, il s'agit simplement
d'une attitude que nous, vieux routiers sur le chemin de la vie, avons adoptée,
Nous voulons faire de notre vie
une belle affaire, toute franche, une affaire qui marche bien. Nous ne valons
pas mieux que les autres. Nous sommes tout aussi égoïstes, sensuels et
orgueilleux, mais nous voulons jouer franc jeu.
Or Dieu, nous ne le voyons pas. Si
nous prétendons exposer notre vie directement à Dieu, que de tentations de
tricher; plus grave, que de risques de tricher sans même nous en douter
Je sais bien qu'il y a l'ami, le
copain scout, le compagnon de pèlerinage, le chef de troupe pour les scouts, à
qui parler à cœur ouvert; il faut continuer à le faire, c'est peut-être plus
facile de lui faire le premier aveu que de dire sa misère à un prêtre. Mais il
ne faut pas considérer qu'une amitié, aussi confiante, aussi généreuse
soit-elle, puisse remplacer ce contact avec le prêtre. L'amitié peut soutenir
et orienter, elle ne remplacera pas le prêtre.
L'influence affectueuse ne doit
jamais se substituer à l'influence surnaturelle ni faire obstacle à la Grâce du
Seigneur que, seul, le prêtre a la mission de répandre.
Quel n'est pas le privilège de
ceux qui peuvent compter parmi leurs amis, - un prêtre - et s'honorer de son
amitié.
Le prêtre, c'est un miracle
inimaginable de la bonté de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Ce pauvre homme qui n'est pas plus
malin qu'un autre et pas plus saint, hélas! peut-être... Mais Jésus lui a donné
la mission de le représenter !
Mettre un prêtre dans sa vie,
c'est le moyen pratique d'y mettre le Christ, de renoncer au camouflage, au
masque... c'est le moyen de jouer au beau jeu de chrétien dans la vie de tous
les jours.
Hâtons-nous donc, si ce n'est
fait, de choisir le prêtre que nous prendrons pour nous guider dans la vie et
qui nous libérera en nous guidant, en respectant notre personnalité. et en nous
aimant.
Abbé Henri Remordé
***
LES EXCELLENCES DU DIVIN SACRIFICE
Dans le mystère de notre
Rédemption, il y a perfection complète, parce qu'il y a complète Unité. Il faut
dans tout sacrifice, dit Saint Augustin, remarquer les choses suivantes: A
qui il est offert. Par qui il est offert. Ce qui est
offert. Pourquoi il est offert.
Or, dans le Sacrifice de Paix qui
nous réconcilie avec Dieu, notre unique et véritable Médiateur demeure UN avec
son Père auquel il l'offrait, il nous faisait Un avec Lui, nous pour qui il
l'offrait, et c'est le même qui offrait et qui était offert.
Pour mieux faire sentir ces
excellences, il faut considérer la perfection de la Victime, la perfection
du Sacrificateur, la perfection de l’Immolation, la perfection des effets
produits.
1. La Victime qui possède, en vertu de l'union des deux natures
divine et humaine en une seule Personne, est d'une dignité infinie et
infiniment agréable à Dieu. Tout ce qui vient d'Elle, adoration, prières,
offrandes et sacrifices, expie et répare infiniment. Parce que tout cela est
uni à la Divinité par un lien réel et indissoluble, parce que tout cela est
l’œuvre d'un Dieu !
De plus, la Victime est
entièrement innocente et immaculée ; non seulement elle est pure et belle, mais
Elle est la Pureté, la Beauté, la Sainteté ; et la grâce est tellement au
comble que Dieu, de sa Puissance ordinaire, ne pourrait rien y ajouter.
Les dispositions de la Victime sont admirables. Quoique dès le premier
instant de l'Incarnation les vertus et les dons se soient épanouis au degré
parfait qui est l'Héroïsme, c'est surtout pendant la Passion et dans la scène
suprême du Calvaire que les vertus ont été portées jusqu'au sublime et que les
dons ont produit tout ce qu'ils peuvent réaliser d'excellent : vertus
(Charité), Dons du Saint Esprit (Sagesse, Science, Intelligence,
Conseil, Force, Piété, Crainte filiale) et grâces ont été en parfaite
Harmonie avec ces circonstances les plus grandioses de l'humanité, avec cet
Acte définitif, libre et volontaire qui est l'apogée dans la vie de l'Homme
Dieu.
Parmi ces dispositions de la
Victime, deux sont à mettre en relief : l'obéissance et la charité.
Tandis que la désobéissance d'un
seul, Adam, nous avait tous perdus, l'obéissance d'un seul nous a rendu
à tous le salut. « Il a été obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la
Croix. »
Sa charité envers Dieu : « afin que le monde connaisse que
J'aime mon Père et que J'accomplis Son précepte. » (Jean 14/31).
Sa Charité envers les hommes : « I1 nous a aimés et S'est livré pour
nous. » (Éph. 5/2).
Il obéit par amour et aime par obéissance. Les
deux dispositions se reflètent l'une dans l'autre comme deux océans de
Splendeur.
2. La perfection du Sacrificateur égale celle de la
Victime. Il possède, comme prêtre, les sublimes qualités que nous admirons dans
la Victime.
3. Perfection de l’Immolation. Elle est complète,
universelle, afin qu'elle soit suffisante pour expier tous les crimes du genre
humain et obtenir aux hommes tous les fruits du salut éternel. La nature
humaine du Christ fut comme anéantie par cet holocauste total de tous les sens,
de l'âme et du corps. Les douleurs du corps, les souffrances de l'âme agonisant
sous le regard terrible des attributs de Justice de Dieu sont un océan à nul
autre pareil. « Venez et voyez, s'il est une douleur semblable à la
Mienne ! »
4. Perfection des effets du Sacrifice du Christ. Fait en adoration
très parfaite de Dieu, il a mérité une efficacité d'expiation, de
satisfaction, d'imploration d'une valeur infinie pour payer toutes nos
dettes et nous réconcilier avec Dieu, établissant la Nouvelle Alliance. Ainsi
les hommes qui communient au sacrifice du Rédempteur peuvent-ils bénéficier des
effets spécifiques qu'engendrent ses perfections.
Efficacité Eucharistique, car
notre remerciement, notre action de grâces, aussi dignes que le bienfait reçu
de Dieu, c'est le Dieu Homme, le Christ immolé.
Efficacité impétratoire,
puisque la Passion nous donne des droits auprès de Dieu pour obtenir tous les
secours dont nous avons besoin afin de vaincre nos ennemis et parvenir à la vie
éternelle.
Efficacité de délivrance des
peines du péché, de la mort et de l'esclavage du Démon
Efficacité de Restauration.
Non seulement la Rédemption nous rend tout ce qu'Adam nous avait fait perdre,
mais il nous donne une nouvelle élévation. Il nous a mérité la grâce, la
gloire, tous les secours de la vie spirituelle s'épanchant dans les Sacrements
de l’Église et tout spécialement, Sa Présence Eucharistique.
La Sainte Messe est le
renouvellement non sanglant de ce Divin Sacrifice et nous donne actuellement ce
que nous aurions reçu si nous avions assisté à la Passion.
Béni soit Dieu dans ses merveilles
! Il n'y a que la Messe qui puisse rendre grâces pour la Messe ! Voilà pourquoi
les forces de l'Enfer se liguent contre elle. Dieu aime : aimer, c'est ne
jamais se séparer de ceux qu'on aime. Voilà l'Eucharistie.
Dieu aime : aimer c'est se donner
à chacun de ceux qu'on aime. Voilà la Communion.
Dieu aime : aimer c'est vouloir
rendre heureux avec soi et à jamais tous ceux qu'on aime. Voilà
le Ciel.
Père Hugon. O.P
***
Le
Prêtre de Jésus-Christ
J'ai trouvé mon serviteur et je l'ai
consacré avec l'huile sainte, avec l 'onction de ma sainteté, dit Dieu (Ps. 88, 20. Ainsi, saint
Augustin pouvait dire à ses prêtres, « Vous êtes les vicaires de
Jésus-Christ et vous remplissez ses fonctions. » (Serm. XXXIV ad Fratr.)
Le 26 avril 1935 à Lourdes, le
cardinal Pacelli, Secrétaire d’État de Pie XI, s'adressait aux prêtres à
l'Heure Sainte Sacerdotale. Il leur rappelait d'abord leur ordination, puis
leurs devoirs : « Il n'est personne ici qui ne se rappelle avec émotion
l'heure où la main de l’évêque, posée sur nos têtes, prêtres du Christ,
...Chacun de nous est véritablement un autre Christ ! Puissance divine certes,
mais en même temps redoutable, puisqu'il nous en faudra rendre compte... Que se
renonçant à lui-même, le prêtre suive le Christ et qu'ayant dépouillé le vieil
homme avec ses vices et ses convoitises, il se revête du Christ, se transforme
en lui et, devenu un autre Christ, il passe en faisant le bien . ...Plus vive
sera en nos âmes la conscience de notre dignité, des devoirs redoutables qui
l'accompagnent, et du compte qu'il en faudra rendre au Souverain Juge, moins il
y aura de place dans le clergé pour la paresse, la négligence et la lâcheté,
plus nous mettrons de ferveur à offrir à Dieu toutes les forces de notre corps
et de notre âme pour travailler au salut de nos frères ... Malheur aux prêtres
dans lesquels les hommes et les fidèles ne verraient que des hommes comme les
autres. Vous êtes le sel de la terre (Mt. 5, 13). »
« Que les hommes nous
considèrent comme les ministres du Christ, et comme les dispensateurs des
mystères de Dieu. Or, ce qui est à désirer dans les dispensateurs, c'est qu'ils
soient trouvés fidèles » dit saint Paul (1Co. 4, 1-2). C'est donc
un devoir pour les prêtres d'être des modèles parce que « Les peuples
jettent les yeux sur les prêtres comme dans un miroir et c'est là qu'ils
prennent leur modèle », (Concile de Trente, Sess. 22, c.I).
« Faites voir par votre conduite la sainteté du Christ », enseignait
saint Bellarmin. Car « tout homme appelé au sacerdoce de Jésus-Christ doit se
regarder comme un exemple public et vivre comme si la terre avait les yeux fixés
sur lui... » écrivait Bourdaloue (1). Quelle responsabilité !
Saint Chrysostome, mort en 407,
écrivait : « Sans le prêtre, nous ne pouvons parvenir au salut. C’est
l’envoyé de Dieu ». Et saint Prosper d'Aquitaine, mort en 463, ajoutait :
« Les prêtres sont l'ornement de l’Église, les plus solides colonnes, les
portes de l'éternelle cité, par lesquelles tous les hommes vont à Jésus-Christ.
Ils sont les portiers qui ont reçu les clés du royaume des cieux. » (2)
Massillon idéalisait son rôle « Telle est la destinée du prêtre, qu'étant
élevé de la terre par l'éminence de sa dignité, il attire tout après lui comme
Jésus-Christ. » (3). Quant à Bourdaloue, il rappelait ces paroles de saint
Justinien : « Que le prêtre approche de l'autel comme Jésus-Christ, par sa
puissance ; qu'il y assiste comme un ange, par son respect ; qu'il y serve
comme un saint, par la pureté de sa vie ; qu'il y offre les vœux du peuple comme
un pontife, par sa charité envers le prochain ; qu'il y moyenne la paix comme
un médiateur, par son zèle pour la gloire de Dieu ; qu'il y prie pour lui-même
comme homme, par son humilité et la connaissance de ses faiblesses. » (4)
En juin 1935, le cardinal Pacelli
s'adressait encore aux prêtres : « Parce que, de l’Église, et des
prêtres en particulier dépend en grande partie le salut du monde, la foule
immense l'attend et le désire. Il importe que nous ayons de bons prêtres.
L’Église, mère des âmes sait que son apostolat est un apostolat de vérité et
que sacrifier même un iota du dépôt de la foi, aux larges courants des erreurs
modernes, serait trahir sa mission de sauver le monde. » (5) Devenu Pape,
il insistait dans Menti Nostrae du 23 septembre 1950 : « Éclairez
les esprits, dirigez les consciences, réconfortez et soutenez les âmes qui se
débattent dans le doute en gémissant dans la souffrance. »
« Malheureusement des prêtres
s'occupent des œuvres comme si Jésus n'en était pas le principe de vie », écrivait
Dom Chautard, qui parle des hérésie des œuvres selon l'expression du
cardinal Mermillod, « L'activité fiévreuse prenant la place de l'action de
Dieu ». Pie XII mettait les prêtres en garde contre l'activisme dans
l'Encyclique Menti Nostrae : « Nous ne pouvons omettre
d'exprimer notre préoccupation et notre anxiété à ceux qui, à cause de
circonstances particulières et de temps, se sont engouffrés dans le tourbillon
de l'activisme extérieur jusqu'à négliger le premier devoir du prêtre qui est
le devoir de sa propre sanctification. » Pensait-il à Mgr Dupanloup qui
écrivait : « J'ai une activité terrible qui ruine ma santé, trouble ma
piété et ne sert point ma conscience. Cela est à régler... J'ai reconnu, en
outre, que ce défaut de vie intérieure est la source de toutes mes
fautes, de mes troubles, de mes sécheresse, de mes dégoûts, de ma mauvaise
santé. J'ai donc résolu de tourner tous mes efforts à l'acquisition de la vie
intérieure. »
La première des charités du prêtre
c'est de conduire les âmes qui lui sont confiées vers le Ciel, car les biens
spirituels sont au dessus de tout écrivait saint Paul qui ajoutait : « Ne
vous immiscez pas aux affaires du siècle. » (2 Ti. 2, 4). Mais
certains ont privilégié l'action sociale, professionnelle ou médiatique.
« Voici un nouveau type de prêtre, le prêtre laïc, découronné de son
caractère divin, accordant au siècle sa prédication, son enseignement, son
ministère et sa conduite », écrivait le cardinal Billot. Ils font avec
générosité des œuvres naturelles quand Dieu demande des œuvres surnaturelles.
Mais cet activisme les éloigne du spirituel. Ce n'est plus la charité comme l'entend
la Sainte Église, c'est-à-dire la pratique de la charité au nom de Jésus-Christ
; prêcher son Évangile dans les cœurs pour obtenir la conversion de pécheurs.
C'est l'action publique ou l'action caritative sociale, très louable certes,
mais au service de l'homme, et pas au nom de Dieu et à son service. Mgr
de La Bouillerie écrivait : « La charité est le contraire de la
philanthropie : celle-ci demeure terre à terre, elle n'atteint qu'un seul
terme, qui est le pauvre, et dans le pauvre, elle n'envisage que les intérêts
matériels, ses membres à réchauffer, à vêtir, sa faim et sa soif à satisfaire,
son existence à sauvegarder. La charité chrétienne atteint deux buts. Tour à
tour, elle considère Dieu et elle considère le pauvre. (c'est en Dieu qu'elle
puise l'amour qui la portera vers le pauvre, et dans le pauvre, ce qu'elle
chérit davantage, c'est l'âme, l'esprit et le cœur, tout ce qui unit le pauvre
à Dieu. » (6)
Inquiet de cet activisme
grandissant, Jean XXIII écrivait dans Sacerdotii Nostri Primordiae : « Volontiers
sensibles à l'efficacité de l'action et facilement tentés par un dangereux
activisme, combien est salutaire ce modèle de prière assidue, dans une vie
entièrement livrée aux besoins des âmes. » Et il poursuit :
« Peut-être est-ce pour avoir négligé toutes ces prescriptions de piété
que certains membres du clergé se sont vus peu à peu livrés à l'instabilité
extérieure, à l'appauvrissement intérieur et exposés un jour sans défense aux
tentations de l'existence »... en ajoutant : « Rien ne saurait
remplacer dans la vie d'un prêtre la prière silencieuse et prolongée devant
l'autel. » Il rappelait
l'enseignement de saint Bonaventure : « Les secrets d'un apostolat
fécond se puisent plus au pied du Crucifix que dans le déploiement de
brillantes qualités. » Le Pape Jean-Paul II ne dit pas autre chose :
« Le prêtre vaut ce que vaut sa vie eucharistique, sa Messe surtout. Messe
sans amour, prêtre stérile ; Messe fervente, prêtre conquérant d'âmes. Dévotion
eucharistique négligée et sans amour, prêtre en danger de se perdre. » (7)
Puis Jean-Paul II les met en garde
: « Il peut nous sembler parfois que les hommes veulent ou désirent que
nous soyons comme eux... et il très facile en effet de se laisser guider par
les apparences et de devenir les victimes d'une illusion fondamentale...
Danger, crie le Pape : Ceux qui réclament la laïcisation de la vie
sacerdotale et qui applaudissent à ses différentes manifestations nous
abandonneraient certainement, quand nous succomberions à la tentation. Notre
époque est caractérisée par diverses formes de manipulations et d'utilisation
de l'homme, mais nous ne pouvons céder à aucune d'elles. » Mais le peuple
cherche à entendre les choses qui ne gênent pas sa liberté et il écoute avec
plaisir et sans discernement un enseignement libéral qui facilite sa vie. Dites-nous
des choses qui nous plaisent, lui avait fait dire Isaïe (Is. 30, 10). Il
viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine; et dans
leur démangeaison d'entendre ce qui les flatte, ils se donneront des maîtres
selon leurs désirs, et détourneront l'oreille de la vérité pour 1'ouvrir à des
fables ( 2 Tm. 4, 1-8).
Des prêtres ont « repris la
Bible, ayant soin, en l'interprétant, d'écarter le sens mystique et de
dénaturer souvent le sens littéral », écrivait le Père Didon (8). Ils ont
prêché un enseignement adapté au siècle et une morale tolérante pour vivre avec
les lois du monde sans craindre le Purgatoire que le peuple veut oublier. Et on
a fait de la foi une simple opinion. Car ils (ces clercs) sont du
monde, et ils parlent selon l'esprit du monde et le monde les écoute (l
Jean 4, 5). « Si de tels hommes sont le sel de la terre, il faut
reconnaître que le sel s'est affadi », remarquait Mgr d'Huist. Et quand la
vérité est noyée dans la brume, qui s'étonnera que tant de fidèles errent et se
perdent dans l'indifférentisme qui les rend neutres en face du bien et du mal ?
Dom Sarda y Salvany O.S.B. ne
craignait pas d'écrire : « Il est historiquement certain qu'en un
siècle les hérésies n'ont pu, ni faire quelque bruit, ni se développer, si dès
le début, elles n'ont point eu des prêtres à leur service. Le prêtre infidèle est
le premier facteur que recherche le Diable pour réaliser son œuvre de
rébellion. Il a besoin de la présenter aux regards des gens avec quelque
apparence d'autorité ; or rien ne le sert autant sous ce rapport que le
contreseing d'un ministre de l’Église. » (9) Et Péguy écrivait :
« Les curés travaillent à la démolition, du peu qui reste. Ils y
réussissent beaucoup. Il n'y a même que là-dedans qu'ils réussissent ! Mais il
faut leur faire justice que là, ils travaillent activement. » C 'est le
malheur des temps ! remarquait quelqu'un. Non dit Péguy: "I1 n'y a
point de malheur des temps, il y a le malheur des clercs. Tous les temps
appartiennent à Dieu. Tous les clercs, malheureusement, ne lui appartiennent
pas. » (10) Les mauvais prêtres sont les causes de la perle des peuples,
dit saint Grégoire (Lib. XIV épist. LXIV).
Dans le rituel d'ordination des
diacres on pouvait lire : « Ayez soin de confirmer par des
œuvres vives l'Évangile que votre bouche annonce, afin qu'on dise de vous
.'Heureux les pieds qui portent l'Évangile de la paix, l’Évangile du
bien ! Marchez sur les traces des saints, pour préparer la voie à
l’Évangile de la paix. » On mesure donc les immenses responsabilités
des prêtres. Car « La conduite du prêtre scandaleux est la ruine morale
des peuples », dit saint Bernard (In Convers. s. Paul). Mais on ne
peut oublier les graves responsabilités des catholiques qui doivent aider et
soutenir leurs prêtres pour qu'ils restent forts dans la foi. Du reste Pie XII
avait rappelé au monde catholique ses responsabilités : « Le grand
péril pour un homme, comme pour un peuple, c'est de se méprendre sur sa
vocation et de l'oublier ! »
Innocent III écrivait à son Légat
Pierre de Castelnau en 1205 : « C'est dans la difficulté que la vertu
brille et se retrempe .... Dieu récompense, la fatigue de l'agriculteur.
Apportez à l’œuvre évangélique de la persévérance, de l'obstination ; insistez,
répétez, priez et, à force de patience et d'éloquence, ramenez au bon sentier
les dévoyés.. » (11) Et Bourdaloue, citant Ézéchiel, avait rappelé aux
prêtres leurs devoirs et les menaces de Dieu : « Voyez quelle menace
Dieu faisait à son Prophète, elle vous regarde : Je vous ai établi sur la
maison d'Israël pour lui annoncer mes ordres et lui déclarer mes volontés. Si
par une considération humaine et par une timidité indigne de votre ministère,
vous demeurez dans le silence, si vous manquez de vous faire entendre à ce
peuple, et que quelqu'un s'égare et se perde, il périra dans son péché: mais ce
péché même vous sera imputé, vous y participerez, et le sang de ce pécheur,
frappé de mon indignation et de ma colère, rejaillira sur vous pour votre ruine
et votre condamnation. » (12)
- « Vous
avez reçu cette puissance du Seigneur et cette force du Très-Haut, qui
interrogera vos œuvres et sondera vos pensées. Parce qu'étant les ministres de
son royaume, vous n'avez pas jugé équitablement, vous n'avez point gardé la loi
de la justice, et vous n'avez point marché selon la volonté de Dieu. Il vous
apparaîtra soudain et d'une manière effroyable, parce que ceux qui commandent
seront jugés avec rigueur. » (Sag. 6, 4- 8).
- « Ma
main sera sur les pasteurs qui ont des visions vaines, et qui racontent le
mensonge parce qu’ils ont séduit mon peuple en disant : Paix, et il n’y avait
pas de paix. » (Ez.
13, 9-10)
Ferdinand Buisson, parlementaire
franc-maçon présentait à la Chambre la loi de séparation de l’Église et de
l’État : « ...Je connais le proverbe qui dit : l'habit ne fait pas le
moine. Eh bien, je soutiens, moi, que c'est l'habit qui fait le moine. L’habit
est, en effet, pour lui et pour les autres, le signe, le symbole de sa mise à
part, le signe qu'il n'est pas un homme avec tous les hommes...! Cet habit,
c'est une force. ...Quand l'homme aura déposé cet uniforme de la milice où il
est enrôlé, forcément il retrouvera la liberté de s'appartenir, il n'aura plus
une règle qui enserre... il n'aura plus un supérieur à qui demander des ordres
pour chaque acte de son existence... il redeviendra forcément tôt ou tard
l'homme de la famille, l'homme de la cité, l'homme de l'humanité. Il faudra
bien que le religieux sécularisé se mette à gagner sa vie comme tout le
monde... Longtemps peut-être, il restera attaché à ses idées religieuses ou
autres .... Laissons le se laïciser tout seul, la vie aidant ! C'est par la
liberté que nous le gagnerons à la LIBERTÉ ! » Et personne ne pourra
nier que trop de clercs ont pris beaucoup de libertés !
Dans notre temps de tolérance, de
laxisme, de libéralisme et d'ouverture au monde, où l'équivoque règne en
maître, il faut être vigilant et prudent. Attention donc que la prudence ne
devienne de la faiblesse ! Saint Grégoire le Grand parlait de ces chrétiens
qui, vers la fin des temps, « obéissant à une fausse politique, seront
lâches et timides dans la défense de la vérité, et par une coupable tolérance
se tairont devant des violations des lois divines et humaines. Ils prêcheront
la sagesse et la politique mondaine, et ils pervertiront, par leurs sophismes
et leur faconde, l'esprit des simples (13), Qui séduiront un grand
nombre de gens. » (Mt. 24, 2) « Où nous conduira cette mollesse
qui s'accroît sans fin, si ce n'est à l'abaissement universel des caractères et
par là au renversement de la société », demandait Dom Guéranger ? (14) Les
catholiques ne peuvent rester indifférents. Ils doivent défendre leur foi. Soyez
mes témoins jusqu'aux extrémités de la terre (Act. 1, 8).
Un témoin doit donc témoigner. De
qui est-il le témoin le prêtre qui se cache dans l'anonymat d'un vêtement
civil, et sans la croix du Christ ? Le 23 mars 1967 l’Épiscopat français avait
demandé : « aux prêtres, pèlerins de Lourdes, de porter la soutane dans le
domaine de la grotte: pour qu'on puisse aisément les identifier ; pour écarter
les tenues qui n'ont souvent rien d'ecclésiastique; pour créer, dans le sanctuaire,
un climat de dignité religieuse profitable aux pèlerins (15). Ce n'était qu'un
rappel des règles du Concile de Trente : La témérité de certains prêtres
- et leur mépris de la religion - s’affichent à ce point que, faisant peu de
cas de leur dignité et de l'honneur clérical, ils portent des vêtements laïcs,
ayant ainsi un pied dans les choses divines et l'autre dans les réalités
charnelles. (16)
Une instruction rappelée par
Jean-Paul II le 31 janvier 1994 : « ...On ressent aujourd'hui
particulièrement la nécessité que le prêtre, homme de Dieu, dispensateur de ses
mystères, soit reconnaissable par la communauté, également par l'habit qu'il
porte. Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi
par sa façon de se vêtir pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et
même à tout homme son identité et son appartenance à Dieu et à l'Église. »
(17) Le mardi de Pâques 1997, il
redisait encore à des prêtres réunis dans la crypte de Saint Pierre : « Il
n'est pas fiable celui qui se cache dans l'anonymat d'un vêtement civil. »
Mais les vieux prêtres racontent combien de pécheurs les ont abordés dans la
rue parce qu'ils étaient en soutane. Ces pécheurs se sont confessés et ont
retrouvé Dieu. L'un d'eux a donné à un prêtre le pistolet avec lequel il
voulait se suicider s'il ne l'avait pas rencontré.
L 'aumône se tient devant la porte
de l 'enfer et ne permet pas que celui qui la fait y descende, (St Augustin, homél. XXXIX inter 50). Que
le prêtre fasse aux fidèles l'aumône de la sainte doctrine de l’Évangile de
Jésus-Christ, qu'il donne le bon exemple en pratiquant l'obéissance en tout.
Qu'il se garde de toute familiarité et des paroles douteuses. Que sa tenue soit
un modèle et sa parole empreinte de cette onction sacerdotale qui met du baume
sur les plaies. Qu'il oublie les critiques, les sentences comme les
condamnations et qu'il entraîne les fidèles vers la piété, dans la prière et la
méditation. Qu'il exerce son ministère sous la protection de Notre-Dame en
prêchant le Rosaire avec foi, piété et humilité. Qu'il soit un ange à l'autel,
un lion en chaire et un père au confessionnal. Qu'il prêche avec charité, parce
que la charité est patiente et pleine de bonté, elle n 'est pas envieuse,
elle n'agit pas avec témérité, elle ne s'enfle pas d'orgueil, elle n'est pas
ambitieuse, elle souffre tout et supporte tout, avait écrit saint Paul.
Henri de Germay
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1)
Bourdaloue Sur la dignité et les devoirs des
prêtres. Œuvres complètes tome 3 page 164
2)
Cité dans les Trésors de Cornélius A Lapide
t. 4 p. 73
3)
Massillon Conférences Ecclésiastiques De la
nécessité du bon exemple, œuvres complètes, tome 4, page 149
4)
Cité par Bourdaloue Sur la dignité et les
devoirs des prêtres, œuvres complètes, tome 3, page 165
5)
Cardinal Pacelli. Rome le 2.6.1935. Église de la
Minerve. Discours et Panégyrique de Pie XII, p. 271
6)
Mgr Ricard, Vie de Mgr de la Bouillerie, évêque
de Carcassonne, @ en 1882, page 205
7)
Jean-Paul II, le 16 février 1984
8)
R.P. Didon O.P. Jésus-Christ, tome I,
Introduction, page LXVII, début du 19e siècle
9)
Dom Sarda. O.S.B. Le Libéralisme est un péché,
p. 149
10) Cité par Ploncard d'Assac. L’Église occupée, p. 226
11) Cité par Pie XII. Lourdes le 26.4.1935. Discours et Panégyrique de Pie
XII, p. 254
12) Bourdaloue Pensées diverses sur l'état religieux Tome 3 page 498
13) Cité par J. Ousset. Pour qu'Il règne, p. 222
14) Dom Guéranger Année liturgique Historique du Carême page 13
15) Cité par Paul Vigneron, Histoire des Crises du Clergé Français
contemporain, p. 289 D.C. 1967, 898.
16) Concile de Trente. session XIV, chapitre. 8
17) Jean-Paul II. Directoire pour le ministère et la vie des prêtres.
1994 page 69.