Les religions de Fatima
À Fatima, le sanctuaire,
qui doit être reconverti en un centre pluriconfessionnel, a déjà accueilli le
5 mai 2004 des pèlerins hindous avec la bénédiction de Mgr Guerra.
Soeur Lucie n'est plus une référence. Mais le message reste et le silence de
Rome n'est pas complicité.
Seuls des médias locaux ont rapporté le congrès interreligieux du 10 au 12 octobre 2003 au centre pastoral Paul VI à Fatima, sous l'égide du Vatican et des Nations unies, sur « Présent de l'Homme, futur de Dieu ; la place des sanctuaires dans la relation avec le sacré ».
Étaient là notamment Mgr Fitzgerald, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal José de Cruz Polycarpo, patriarche de Lisbonne, Mgr Serafim de Sousa Ferreira et Silva, évêque de Leiria-Fatima, Mgr Luciano Guerra, recteur du sanctuaire de Fatima, le père Jacques Dupuis, jésuite belge, dont les écrits ont été plusieurs fois censurés par Rome, ainsi que des représentants de l'islam, de l'hindouisme et du bouddhisme.
Un Christ universel
Un tel lieu, un tel thème : belle occasion providentielle de diffuser le message de portée universelle de Notre-Dame envoyée par Dieu à Fatima et de faire partager avec cœur et intelligence ces trésors pour le salut de chaque âme : le Ciel, l'enfer, le purgatoire, la communion des saints, le Saint Sacrifice de la messe, celle des oeuvres de réparation ! En fait; il n'y eut pas un mot sur ce sujet, même pas du point de vue historique. C'est d'une autre religion qu'il s'est agi.
Le recteur de Fatima, Mgr Guerra, déclara : « L'avenir de Fatima doit passer par la création d'un sanctuaire où différentes religions pourront se rencontrer cordialement... Le sanctuaire de Fatima est déjà ouvert à l'idée de devenir un lieu de vocation universaliste. »
Le père Dupuis affirma : « Les autres traditions religieuses existant dans le monde font partie du plan divin pour l'humanité; l'Esprit Saint œuvre et est présent dans les textes sacrés bouddhistes, hindouistes, chrétiens et non-chrétiens... ( ... ) Les chrétiens et les ‘autres’ sont les co-membres du Règne de Dieu dans l'histoire... (...). A la fin on espère que le chrétien sera un meilleur chrétien et l'hindou un meilleur hindou... La religion du futur sera une convergence générale des religions en un Christ universel qui satisfera chacun. » Dans la foulée la définition de fide du concile de Florence : « Hors de l'Église point de salut », fort bien expliquée par le CEC n°830 et 846-848, devient un « texte horrible ».
Enfin, la déclaration officielle fit l'appel rituel à la tolérance : « Aucune religion ne peut irradier l'autre ou abaisser les autres et un dialogue ouvert conduit à construire des ponts et à détruire les murs élevés par des siècles de haine. Ce qui est demandé est que chaque religion respecte intégralement sa foi et qu'elle traite les autres d'égal à égal sans complexe de supériorité ni d'infériorité. » Le sanctuaire de Fatima fera donc l'objet d'une reconstruction avec une nouvelle basilique futuriste, proche de l’actuelle. Les délégués ont aussi décidé que les sanctuaires religieux, y compris Fatima, devraient être mis à jour tous les 25 ans « afin de refléter les tendances et croyances contemporaines ».
La déesse Devi honorée
À l'heure actuelle les premiers pas dans la reconversion de Fatima en un centre pluriconfessionnel ont probablement été faits. Le 5 mai dernier, un service religieux hindou s'est tenu dans la chapelle des apparitions. Une soixantaine d'hindous, menés par leur gourou, sont venus faire leurs hommages à la déesse Devi, divinité de la nature. Arrivés à Fatima, ils se sont dirigés vers la chapelle des apparitions où ensuite leur « prêtre » présida à des prières.
Mgr Guerra commente ainsi : « Ces rencontres nous donnent l'opportunité de nous rappeler que nous vivons dans une communauté. » Puis les hindous sont conduits dans la salle de la maquette de la basilique en construction. Chaque hindou y est accueilli personnellement par l'évêque du lieu ; il s'incline devant le « prêtre » hindou qui le revêt alors ainsi que le recteur d'un châle de prêtre hindou : « Sur les épaules des plus hauts représentants de l'Église à Fatima, le prêtre hindou place un châle portant des inscriptions de la Bagavad Gita, un des livres sacrés de l'hindouisme. »
Revenir au message
Interrogé sur les contradictions évidentes avec le message de Fatima exposé par sœur Lucie dans : son livre Les appels du Message de Fatima, le cardinal de Lisbonne répond : « Sœur Lucie n'est plus une référence aujourd'hui, puisque nous en avons une si bonne dans le concile Vatican II. » Pourtant il a donné à ce livre un avant-propos (il est vrai purement formel) suivi d'une présentation du père Cervera, ocd, consulteur de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui finit ainsi:
« Un livre (...) à diffuser dans le
troisième millénaire chrétien le commandement de Marie : le retour à la source
pure de l’Évangile, selon ses paroles à Cana : « Faites tout ce qu'il vous
dira ». Un message qui manifeste le désir du Cœur Immaculé et maternel de
Marie : un appel pressant et universel à la sainteté pour la paix dans le
monde et pour le salut de tous dans le Christ. »
Il est urgent de lire et de faire lire ce livre de sœur Lucie, court, substantiel et écrit avec une limpidité toute céleste, pure mosaïque de citations de la Parole de Dieu.
Abbé Charles TINOTTI
L’Homme Nouveau, no 1329, 5 septembre 2004.
Sources : Portugal's National Weekend Newspaper in English ; SIC & Sic Noticias : Portugal News.
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Semper idem
Dans La Voix de Fatima, en date du 29 juin dernier,
le père Guerra, recteur du Sanctuaire, a réaffirmé
que la nouvelle église du célèbre lieu d'apparitions ne sera pas un lieu de
culte interreligieux.
Les
lecteurs de La Voix de Fatima se
rappelleront sûrement un communiqué du rectorat du Sanctuaire publié en
janvier 2004: « Fatima sanctuaire de toutes les religions. » Les mouvements
qui, à ce moment-là, se sont distingués dans l'opposition à notre congrès en
octobre, ont profité maintenant le la venue au sanctuaire d'un groupe
d'hindous, annoncée dans le journal La
voix de Fatima du mois de mai 2004, pour relancer la campagne massive de
caractère anti-œcuménique et même contre le dialogue interreligieux.
Mise au point
Étant donné
qu'il nous arrive des demandes d'éclaircissement, et fin de trouver une façon
rapide le répondre à tous, nous rédigeons ce bref communiqué donnant pour connus
les principes déjà présentés quant à l'accueil des frères l'autres confessions
ou religions, et nous fixant sur les deux points maintenant essentiels.
Le groupe
hindou nous a écrit auparavant, disant qu'ils (les pèlerins hindous)
souhaitaient « reconstituer la visite effectuée par Mr Morari
Bapur » qui a précédé celle de Sa Sainteté le Pape
Jean-Paul II en mai 1982.
Un prêtre
qu'ils avaient emmené avec eux et un traducteur sont montés près de la statue
de Notre-Dame, les autres participants étant restés en bas.
Le prêtre a
chanté une prière pendant quelques minutes. Il n'a fait aucun geste, n'a
effectué aucun rituel sur ou en dehors de l'autel. Le traducteur a expliqué
qu'il avait demandé « à la Très Sainte Mère qu'elle donne aux gouvernants des
nations le savoir et le discernement, pour que dans le monde il puisse y avoir
la paix, la paix, la paix. »
Nous avons
constaté que cette intention de paix étant universelle, c'est la même, en tout
cas nous le supposons, qui amène au Sanctuaire tant d'autres personnalités non
catholiques, comme par exemple le Dalai Lama, le
président de la République de l'Union Indienne et les épouses des présidents
Clinton et Arafat. Les groupes chrétiens non catholiques viendront aussi avec
l'intention de demander l'unité de l'Église. Bien que pas très fréquemment,
nous avons aussi accueilli quelques hauts représentants des Églises
orthodoxes. Récemment, quelques dizaines de prêtres anglicans accompagnés de
leur évêque, ont effectué une retraite spirituelle, dans une des maisons du
Sanctuaire.
Après une prière à la chapelle des apparitions, les pèlerins hindous furent reçus dans une des salles de Reitoria par l'évêque de Leiria-Fatima et par le recteur du Sanctuaire, à qui ils ont dit être venus par dévotion à la « Très Sainte Mère ». Ils n'ont parlé d'aucune ressemblance ou transfert de ce nom envers quelque entité de leur religion. Nous devons pour cela réduire l'importance des approximations invoquées par les médias, car ayant appris leur venue tardivement, rien n'a pu être préparé.
Retrouver l'union
Quant à l'église de la Sainte Trinité, étant donné que l'envie de l'appeler « temple œcuménique » persévère, nous pouvons dire que cette dénomination, susceptible d'ailleurs d'interprétation catholique, n'est pas du Sanctuaire, et nous n'avons pas et n'avons jamais eu l'intention de réaliser dans l'église en construction, des célébrations qui ne soient pas prévues dans les directives de l'Église catholique. Le Sanctuaire cherche à être fidèle au message dont Dieu l'a fait dépositaire et ne peut pas ne pas noter le caractère nettement catholique que le même lui inculque, aussi bien dans les apparitions de l'Ange, qui nous ont inspirés dans le choix du nom de la future église, que dans celles de Notre-Dame, qui contiennent des allusions dramatiques envers le rôle médiateur du pape et des évêques, dans l'unité de l'Église, et pour la paix du monde.
Dans l'espérance que tous les frères nous comprennent, souhaitent et prient pour l'union possible de tous les chrétiens, de tous les croyants, et de tous les hommes, élevons aussi notre prière vers Notre-Dame de Fatima, pour qu'elle nous fortifie dans la volonté d'unir et nous délivre de tout esprit de division polémique.
L’Homme Nouveau, No 1330, 19 septembre 2004
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