Bulletin
de la chapelle Ste Famille
Chronique vendéenne.
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N° 295
30/10/2000
Collectivisme ou charité, il faut choisir
Notre société est malade. Beaucoup de maladies
la rongent comme une peste purulente. Une de ces maladies est causée par
l'égoïsme de l'homme : le collectivisme individualiste ou l'individualisme
collectiviste. Je me souviens de l’histoire d'un homme qui était veuf,
retraité, sans enfants, sans amis, sans activités et de caractère sauvage. Il
payait tout par virement automatique. Il recevait sa pension par virement
automatique. C'était une fente dans sa porte qui servait de boîte aux lettres :
son courrier tombait dans son couloir Il est mort devant sa T.V. dans l’indifférence
générale. On l’a retrouvé desséché sur son canapé plusieurs mois après !
Nous vivons dans une société qui tend à faire de nous des fourmis.
L'indifférence règne. On manifeste pour de grandes causes et on ne se rend même
pas compte que son voisin est mort parce qu'on ne le connaît pas !
L’individualisme engendre le collectivisme
qui lui-même engendre l’individualisme. C'est un cercle vicieux. Dans les
fameux Droits de l’homme, quel est cet homme Un être parachuté
adulte dans la vie, vivant seul, pour soi-même, et mourant oublié de tous. Pas
de parents, pas de famille, pas de descendants, pas de village, pas de Patrie !
Un pion dans une masse indifférente qui respecte les droits des autres pour que
les autres respectent les siens et qui mène sa chienne de vie sans savoir
pourquoi il vit.
L'individualisme est la morne solitude d’individus
vivant à côté les uns des autres sans jamais connaître la joie de la Charité.
Mais l’homme étant un animal social, il est créé pour vivre en société.
Les hommes ont besoin de se regrouper. Le collectivisme est la caricature de la
société dans un monde individualiste. L’individu doit se plier à toutes
les exigences de la collectivité : toutes les autorités naturelles ont été
remplacées par des autorités démocratiques abominablement tyranniques. Tout le
monde doit marcher sur la voie tracée par la volonté générale démocratique.
C'est ainsi qu'on peut divorcer mais pas fumer dans un lieu public, ou bien
avorter mais pas traverser en dehors des passages pour piétons ! On peut
déplacer la date limite de destruction de l’enfant à naître, mais pas
dépasser la limite de vitesse ! On peut tout casser au nom de sa haine,
mais pas prier en public pour que cesse le massacre de l’avortement !
Sortons de ce cercle vicieux. La vraie vie que le
Bon Dieu veut nous voir vivre est celle de la paix chrétienne. Cette paix ne
peut exister que chez ceux qui vivent selon la justice et la charité. La
justice répond au collectivisme tyrannique par sa clarté limpide : à chacun son
dû. Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Le pouvoir
de César, le pouvoir politique, n’est légitime que dans son domaine : le
bien commun. Hors cela, il n’est qu'abus de pouvoir. Ne nous laissons pas
dominer par la tyrannie ambiante, travaillons, autant qu’il dépend de
nous, à l'établissement de la justice.
La charité répond, elle, à l'individualisme. Il y a là un phénomène qu'il faut
bien comprendre. Au début de la phase aiguë de la crise de l’Eglise, au
nom de la communauté chrétienne (qui se transformait en collectivisme) on s'est
mis à régenter les comportements des fidèles tout en proclamant bien haut la
liberté. Je me souviens de ces assemblées dominicales dans les années 70, où
les jeunes vicaires (il y en avait encore ) nous disaient tout au long
des cérémonies innovatrices « On se met debout... on se met assis »,
jamais à genoux ! Pour ceux qui avaient encore la capacité de réfléchir, cela
devenait insupportable. Il y eut alors une réaction chez ceux qui voulaient
rester fidèles à la Tradition, une réaction très individualiste. C'est aussi
une erreur.
Chaque personne est sujet de son propre salut. Il
est évident que lorsqu'on se présentera devant le Bon Dieu, Il ne reprochera
pas ce que Mme Machin a dit ou ce que M. Truc a fait. Chacun aura son propre
fardeau à porter, ce sera déjà bien ! Pas de supplément dans ce domaine. Dieu
nous dira: « Et toi, qu'as-tu fait de ta vie ? Toi, pas les autres, toi ! ».
Mais ce salut qui dépend de nos mérites personnels, dépend en dernier lieu de
notre justice et de notre charité, donc de nos rapports avec le prochain. La
Justice nous fait rendre à chacun ce que nous lui devons ; la charité, c'est
tout ce que nous donnons en plus. On ne se sauve pas tout seul, mais au sein d’une
famille, au sein d'une communauté de chrétiens, au sein d'une société, celle,
si affreuse soit-elle, dans laquelle on vit. Et là, il faut commencer par être
juste Il faut remplir ponctuellement tous les devoirs concernant la famille,
les collègues, les amis, les voisins, la paroisse (ou assimilée) etc. Il ne
s'agit que de la base. Ce n’est pas encore suffisant pour être
sauvé. Sur cette base, on commence à édifier son Salut en exerçant la charité :
pardonner, se donner, payer de sa personne, faire l’aumône, secourir,
etc. C'est la condition du Salut. C'est la condition de la Joie chrétienne.
Savez-vous pourquoi on a tant calomnié le Moyen-Âge et le temps où la société
était officiellement chrétienne ? C'est que, malgré les inévitables
imperfections dues au Péché Originel, dans l’ensemble, la population
vivait de façon chrétienne. Il y faisait bon vivre. Le confort qu'on y avait
était celui de la charité.
Vivons donc de cette charité, sachons nous donner.
Il y va de notre Salut éternel. Il y va de notre Joie. Expérimentons qu’il
y a beaucoup plus de joie à donner comme le Maître qu’à recevoir. Car
Dieu désire tant nous donner le Bonheur du Ciel qu'Il le déverse comme des
gouttes précieuses, des perles de joie, dans l'âme à chaque acte de charité
quelle accomplit.
Abbé de Durat
***
Le St Curé d'Ars : Nous ne serons unis là-haut qu’autant que nous aurons commencé à l’être sur terre ; la mort ne changera rien. Où l’arbre tombe, il reste
***
Imitation de Jésus-Christ. (L III, Ch 47).
Est-il rien de pénible qu'on ne doive supporter pour la vie éternelle ?
Ce n'est pas peu de gagner ou de perdre le royaume de Dieu.
Levez donc les yeux au ciel. Me voilà, et avec moi tous mes saints; ils ont
soutenu dans ce monde un grand combat; et maintenant ils se réjouissent,
maintenant ils sont consolés et à l'abri de toute crainte, maintenant ils se
reposent, et ils demeureront à jamais avec moi dans le royaume de mon Père.
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No 293
Au pied de la Croix, la grâce de Dieu surabonde.
Souvent, quand plusieurs enfants ont fait une
bêtise et qu'ils se font prendre, il y en a toujours un pour s’écrier :
«C'est pas moi M'dame ! c'est lui ! » En cela ils sont bien les fils d'Adam qui
devant le Créateur qui le confondait, au lieu de reconnaître sa responsabilité,
s'est défilé : «C'est pas moi, c'est la femme que Vous m’avez donnée ! »
Il est tombé bien bas, le roi de la Création ! Ainsi un certain nombre de gens
pensent que s'ils sont emprisonnés dans tel ou tel vice, c'est qu'ils n'ont pas
eu assez de grâces. Ah ! si Dieu daignait leur donner un peu plus de grâces,
comme ils seraient saints ! C'est rien de le dire ! Donc, s'ils ne sont pas
encore des saints, c'est par manque de grâces ; c'est forcément la faute au Bon
Dieu qui s'en montre trop avare.
Eh bien non ! St Paul nous avertit : Il ne nous
manque aucune grâce. Ce serait bien plutôt nous qui manquons à la grâce ! Il
est de Foi que Dieu nous accorde toutes les grâces dont nous avons besoin pour
nous sauver, pour devenir des saints. Si donc je ne suis pas un saint, c'est
que j'ai manqué, et que je manque souvent à la grâce. Voilà ce qu'il faut se
dire. Car enfin ! il faut avoir un certain toupet pour oser prétendre que Dieu
ne nous accorde pas toutes les grâces dont nous avons besoin ! Mais qui s'est
incarné pour venir nous enseigner directement ? Et qui s'est immolé pour
effacer nos fautes ?
C'est faire un très mauvais procès à Dieu que de
prétendre qu'Il ne nous accorde pas absolument toutes les grâces dont nous
avons besoin. Il nous accorde toutes les grâces de lumière. Grâces d’intelligence
et de science pour connaître et comprendre le minimum requis de la Vérité
révélée. Pour qui aujourd’hui la Vérité divine est-elle totalement
inaccessible ? Celui qui veut la Vérité, toute la Vérité et seulement la
Vérité, par-dessus tout, finira par la trouver : Qui cherche trouve et à qui
frappe on ouvrira. Il donne ainsi les grâces de sagesse et de discernement pour
ne pas nous égarer. Il nous donne aussi les grâces de mémoire pour retenir les
Vérités divines dont nous avons besoin.
Il nous donne aussi les grâces de Force pour lutter
contre les tentations. Et aussi des grâces de conviction pour que nous soyons
déterminés dans notre fidélité à la Vérité divine. Et encore des grâces de zèle
qui nous enflamment pour la cause de la Vérité.
Décidément, la grâce ne nous fait pas défaut : Nous
l'avons à notre disposition, tout ce qui est nécessaire au salut, et en
abondance.
Les grâces sont à portée de la main, encore faut-il
avoir l’humilité de se soumettre au mode d'emploi. A un distributeur
automatique de café, il faut mettre les sous et sélectionner les options
proposées. La machine ne se mettra en branle que lorsque tout sera fait. Il ne
sert à rien de s'énerver et de taper dessus avant.
Dans quelles conditions les grâces opèrent-elles en
nos âmes ? Il faut d'abord ôter les obstacles. Il faut combattre l’ignorance.
Le Christ a enseigné pendant trois ans, ce n'était pas pour les chiens! Nous
devons faire l'effort de connaître cet enseignement principalement par le
catéchisme. Combien de chrétiens ne connaissent même pas le B-A
BA de la Doctrine chrétienne. Cela nous conduit au
deuxième obstacle : la paresse. Celui qui reste dans une
ignorance coupable par paresse n'aura pas les
grâces nécessaires pour éviter les pièges du Menteur. Un autre obstacle, et de
taille : l'Orgueil. Aux pharisiens bouffis dans leur superbe, la grâce a fait
défaut. Enfin l’impureté voulue, recherchée : Hérode, le pervers, n'eut
droit qu'au silence du Christ.
Il faut donc ôter ces obstacles, combattre ces
vices. Il faut ensuite ouvrir son âme à l'action de la grâce. D'abord par la
pénitence : Nos fautes passées laissent de terribles traces en nos âmes en les
rendant opaques à la grâce. C'est par la mortification que l'on fait
disparaître ces traces. Les rayons de la grâce peuvent alors passer. Il faut
aussi prier. C'est au soleil qu'une plante verte s'épanouit et non dans une
cave. Si nous voulons que la grâce vivifie nos âmes, exposons-nous à son action
par la prière quotidienne.
Enfin, la condition pour recevoir la grâce, c'est
d'aller puiser à la source. Il a bonne mine celui qui reste avec son gobelet
vide en criant à la soif tandis qu'à deux pas coule une source surabondante et
merveilleuse. La source, ce sont les sacrements, surtout ceux qui accompagnent
la vie quotidienne : la Pénitence et la sainte Eucharistie.
La grâce est à disposition. Le trésor en est
inépuisable depuis le Sacrifice de la Croix. A nous de nous disposer à en
recevoir avec fruit tous les dons. On ne vit qu'une fois. Agissons en
conséquence et nous aurons le bonheur d'être trouvés irréprochables au jour de
l'Avènement du Christ.
Abbé de Durat
Le St Curé d'Ars : Celui qui aime bien
le Bon Dieu est comme un arbre planté sur le bord d'un ruisseau limpide, c'est
à dire qu'il est continuellement rafraîchi par les douceurs de la grâce qui
tombe dans son âme comme une rosée céleste.
Imitation de Jésus-Christ. (L II, Ch 10).
Soyez donc reconnaissants des moindres grâces et vous mériterez d'en recevoir
de plus grandes.
Que le plus léger don, la plus petite faveur aient pour vous autant de prix que
le don le plus excellent et la faveur la plus singulière.
Si vous considérez la grandeur de Celui qui donne, rien de ce qu'Il donne ne
vous paraîtra petit ni méprisable; car peut-il être quelque chose de tel dans
ce qui vient d'un Dieu infini ?
Vous envoie-t-Il des peines et des châtiments, recevez-les encore avec joie,
car c'est toujours pour notre salut qu'Il fait ou qu'Il permet tout ce qui nous
arrive.
Voulez-vous conserver la grâce de Dieu, soyez reconnaissant lorsqu'Il vous la
donne, patient lorsqu'Il vous l'ôte. Priez pour qu'elle vous soit rendue, et
soyez humble et vigilant pour ne pas la perdre.
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N0 292 18/09/2000
Le Corps Mystique du Christ, seule communauté de Salut
Mon Dieu ! Quel bazar dans la Sainte Église ! Il y
règne un désordre encore jamais vu. L'hérésie est répandue dans toutes les
intelligences, même chez les membres de la hiérarchie de l’Église. De
graves injustices frappent nombre de fidèles qui veulent tout simplement garder
la religion de leur enfance, la religion que pratiquaient St Louis, Ste Jehanne d'Arc, St Vincent de Paul, le saint Curé d'Ars, St
Jean Bosco, St Maximilien Kolbe et tant d'autres. L'immoralité gagne tant la
hiérarchie que les fidèles. Innombrables sont les scandales qui éclaboussent l’Église.
Devant un tel tableau (que la Sainte Vierge avait annoncé à La Salette), on
court le risque grave pour le salut de l'âme de perdre la Foi dans le Corps
Mystique du Christ. La chose est d'une extrême importance car c'est uniquement
par l'appartenance à l’Église que nous pouvons être sauvés. Pour aller au
Ciel il faut impérativement être un membre du Corps Mystique du Christ.
Mais qu'est-ce donc que ce Corps ? C'est une réalité unique : il n'y a qu'un
seul Corps Mystique du Christ. Et ce Corps Mystique est la sainte Église
catholique dans son entier, avec tous ses membres. Ce qui fait que ceux qui
n'appartiennent pas à l’Église du Christ, n'appartiennent pas au Corps
Mystique du Christ. Ils ne sont donc pas sur le chemin du Salut éternel. Voilà
pourquoi il y a urgence des Missions. Si l’Église a toujours fait du
"prosélytisme', c'est parce quelle a été instituée, et elle seule, pour le
Salut des âmes. Un Musulman, en tant que musulman, n'appartient pas au Corps
Mystique du Christ. Même un Protestant en tant que protestant, n'appartient pas
au Corps Mystique. Ils peuvent appartenir au Corps Mystique, mais ce sera
malgré le fait qu'ils soient protestant ou musulman.
Ce Corps Mystique est saint. C'est le Corps du Roi
du Ciel et ses membres vivants, c'est-à-dire ayant la vie surnaturelle, sont
saints. Un membre en état de péché mortel est un membre mort : il court le
risque grave d'être retranché et jeté au Feu éternel. Ce Corps Mystique n'est
pas un magma informe. Il est organisé et a une hiérarchie. Cette hiérarchie a
été établie par le Fils de Dieu Lui-même : Il n'y a donc rien à y rajouter et
rien à y retrancher.
A ce Corps Mystique appartiennent trois classes de membres. Il y a les membres
triomphants, tout d'abord. Notre-Seigneur qui en est la Tête, Notre-Dame qui en
est comme le Cou, et tous les élus qui sont placés selon ce qu'ils ont fait sur
terre et selon leur degré de sainteté. Il y a ensuite les membres souffrants
qui sont presque sortis d'affaire : leur Salut éternel ne peut plus faire le
moindre doute, mais il leur reste la terrible purification du Purgatoire. Et il
y a enfin les membres militants - dont nous faisons partie - et qui
appartiennent à ce monde fluctuant. Leur fragilité et leur instabilité les
mettent dans les conditions d'un grand danger pour leur Salut. Il leur faut
donc livrer un combat constant contre leurs mauvais penchants, contre le monde
pervers et contre le Tentateur.
On ne peut devenir membre militant que par le Baptême. Il n'y a qu'un seul
Baptême ; mais il se reçoit de trois façons : Il y a le Baptême sacramentel qui
se reçoit par l'ablution de l'eau accompagnée des paroles sacramentelles. Il y
a le Baptême de Sang qui est accordé à ceux qui sont morts martyrs avant même
d'avoir reçu le sacrement de Baptême. Et puis il y a le Baptême de désir. De ce
Baptême bénéficie celui qui meurt avant d'avoir reçu le Baptême sacramentel
mais qui voulait formellement le recevoir. Peuvent aussi en bénéficier
ceux qui, sans faute de leur part, ne connaissent pas Jésus-Christ, mais dont
le coeur est si droit et bon que s'ils venaient à Le connaître, ils
demanderaient sans tarder le Baptême. C'est le Baptême de désir implicite.
Quelle miséricorde que la Miséricorde de Dieu !
Tels sont les membres du Corps Mystique du Christ. Ils ont une communion, un
lien. Ils ont le lien de la Foi unique. Ils adhèrent à la Vérité divine qui ne
change pas : Le même Credo depuis les Apôtres. Ils ont le lien des mêmes
sacrements. C'est par les sacrements que nous devenons et restons attachés au
Christ. Ils ont enfin le lien des vertus chrétiennes. Vertus d'humilité, de
tempérance, de force etc. Mais surtout, la vertu par excellence : la Charité.
Voilà ce qui nous lie, ce qui doit nous lier les uns aux autres, parce que cela
nous lie à la Tête Jésus-Christ.
Mais ce lien, ici-bas, n'est pas indestructible. Par le péché mortel on peut le
rompre et devenir un membre mort. Pour nous garder d'un tel malheur, allons
nous réfugier dans les bras de Marie. C'est par Elle que nous viennent toutes
les grâces méritées par Jésus. Elle nous donnera celle de la Persévérance dans
la fidélité, nous conduisant ainsi jusqu’à notre entrée dans l’Église
triomphante.
+ Abbé de Durat
Le St Curé d'Ars :
O belle union de l’Eglise de la terre avec l’Eglise du Ciel… Comme
disait sainte Thérèse (d’Avila) «en triomphant, nous en combattant,
nous ne faisons qu’un pour glorifier Dieu ».
Imitation de Jésus-Christ. (L III, Ch 59).
Car tout ce qui semble devoir procurer la paix et le bonheur n'est rien sans
vous et réellement ne sert de rien pour rendre heureux.
Vous êtes donc le principe et le terme de tous les biens, la plénitude de la
vie, la source inépuisable de toute lumière et de toute parole; et la plus
grande consolation de vos serviteurs est d'espérer uniquement en vous.
Mes yeux sont élevés vers vous; en vous je mets toute ma confiance, mon Dieu,
Père des miséricordes.
Sanctifiez mon âme, bénissez-la de votre céleste bénédiction, afin qu'elle
devienne votre demeure sainte, le siège de votre éternelle gloire, et que, dans
ce temple où vous ne dédaignez pas d'habiter, il n'y ait rien qui offense vos
regards.
Regardez-moi, Seigneur, dans votre immense bonté et, selon l'abondance de
vos miséricordes, exaucez la prière de votre serviteur, misérable exilé
loin de vous dans la région des ténèbres et de la mort.
Protégez et conservez l'âme de votre pauvre serviteur au milieu des dangers de
cette vie corruptible; que votre grâce l'accompagne et la conduise, par le
chemin de la paix, dans la patrie de l'éternelle lumière. Ainsi soit-il.
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N0 269 04/10/99
Ni incrédule, ni crédule, mais Croyant
Il n’est pas étonnant que les juifs aient fini par crucifier Jésus
Il n’a jamais su les caresser dans le sens du poil Ah S’Il les avait flattés S’Il
avait su faire un peu de démagogie
Regardez cet officier qui parcourt 40 km pour aller le supplier de guérir son
fils qui se mourait. Jésus aurait pu le féliciter, le montrer en exemple. Au
lieu de cela, il lui passe un savon 40 km à pied pour s’entendre
reprocher son incrédulité «vous ne voyez des miracles et prodiges, vous
ne croirez pas »
En fait, accomplir des miracles n’est pas difficile pour Jésus, mais Il n’est
pas venu pour "faire de l'épate". Ce qu’Il veut, c’est le
salut éternel des âmes. Et pour l’obtenir, il cherche à purifier les
cœurs en leur ôtant leurs mauvaises dispositions. Car celles-ci rendent vains
les miracles du point de vue apologétique. La résurrection de Lazare n’a
pas convaincu les membres du Sanhédrin. Ces mauvaises dispositions font
obstacle à la Foi.
Elles sont de deux sortes. Il y a celles des pharisiens. C’est le refus
obstiné et orgueilleux de croire, même devant l’évidence. Ces ennemis de
Jésus se sont d’abord sentis froissés dans leur orgueil. Comment,
comment Le Messie aurait des velléités d’indépendance par rapport à
nous et à notre incomparable savoir Il ne nous demande pas conseil
Il n’est pas à notre botte Pire Il se permet de nous faire la
leçon ? Mais pour qui se prend-il pour mépriser ainsi les Sages d’Israël
Un comble Il veut établir un Royaume qui n’est pas de ce monde. Il
prêche le pardon et horreur l’esprit de pauvreté et de
renoncement Comment tenir compte des miracles dans ces conditions C’est
certainement par Béelzebub qu’Il fait ses
miracles.
Et les Sages d’Israël se sont enfoncés de plus en plus dans l’absurde
refus de ce que les miracles de Jésus prouvaient de façon toujours plus
évidente. Le jour où ils demanderont un signe, Jésus ne leur donnera que la
promesse du plus grand miracle jamais accompli se ressusciter soi-même. C’est
le signe de Jonas. Mais quand on a de mauvaises dispositions du cœur, aucun
miracle ne parvient à convaincre. Émile Zola et Alexis Carel
qui étaient amis furent ensemble témoins d’un miracle à Lourdes. Le
médecin Alexis Carel est tombé à genoux. L’écrivain
Zola est parti en criant à la mystification …
On peut, cependant, avoir une autre sorte de mauvaise disposition du cœur la crédulité. Vous en avez qui sont prêts à
croire n’importe quoi. Dès qu’on leur parle d’un fait
"merveilleux", ils s'y précipitent sans discernement comme les
papillons de nuit se jettent sur la flamme d'une bougie et en meurent brûlés.
Ces crédules n'ont pas écouté l'avertissement de Notre-Seigneur «l’on
vous dit : "le Christ est ici, ou il est là!", n’en
croyez rien. Il surgira beaucoup de faux Christ et de faux prophètes. ».
La crédulité n’est pas innocente. Elle est une injure à Dieu en
considérant comme divin ce qui n’est qu’illusion, charlatanisme ou
satanisme. L’illusion est le fruit d’esprits dérangés. Le
charlatanisme est l’œuvre de gens intéressés. Le satanisme use des
pouvoirs préternaturels du Diable. Tous attrapent des ballots qui, au mieux se
font délester de leurs biens et au pire se laissent entraîner dans des
aventures affreuses comme ces suicides collectifs qui défraient régulièrement la
chronique.
Quand donc les gens comprendront-ils qu’il est plus facile de tomber dans
un trou que d’en sortir Quand cesseront-ils de courir à droite ou à
gauche sans aucune prudence Celui dont le cœur est bien disposé sait
faire la différence entre ce qui est au-dessus de la raison et ce qui est
absurde. Il ne croit pas au premier conte de fou qu’on lui sert. Si la
Foi est un acte où on s’en remet totalement à Dieu, on a des motifs
extrêmement sérieux pour croire.
Les miracles sont une preuve suffisante du doigt de Dieu. Mais sachons faire la
différence entre le miracle que Dieu seul peut faire et le prodige que le démon
peut parfaitement accomplir surtout en cette période où il est déchaîné. Et
aussi sachons faire preuve d’humilité devant la Vérité. Dans la vie
courante, nous passons notre temps à accepter le témoignage des autres. Même si
vous n’avez pas vu le Japon, la Sibérie ou la Papouasie, vous croyez en
leur existence sur le témoignage de ceux qui y sont allés. Or, il y a tellement
de témoins de vrais miracles, tellement de prophéties réalisées qu’il
faut être orgueilleux pour ne pas voir en Jésus le Fils de Dieu fait Homme. L’humilité
conduit à la Vérité car souvent la réalité dépasse la fiction et l’imagination.
Mettons-nous bien dans la tête qu’il n’est pas contraire à la
dignité de l’homme que d’accepter l’existence de choses qui
nous dépassent, de Vérités que nous ne pourrons jamais comprendre en cette vie.
L’enjeu est d’importance car c’est du salut de notre âme qu’il
s’agit «qui ne croira pas sera condamné. » L’officier a
été secoué par Notre-Seigneur. Sa Foi a été mise à l’épreuve et est
devenue totale. Si nous voulons être sauvés, c’est cette Foi qu’il
nous faut avoir.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Laissons dire les gens du monde. Hélas ils sont trop aveugles. Il y a
aujourd’hui des incrédules comme il y en avait au temps de
Notre-Seigneur. Dans la Judée, Jésus guérissait les malades, chassait les
démons, ressuscitait les morts, et il y en avait beaucoup qui ne croyaient pas.
Il ferait aujourd’hui les mêmes miracles parmi nous qu’il y aurait
encore des incrédules.
Imitation de Jésus-Christ: (L III, Ch
38)
Que si vous demeurez fermes en tout événement, sans vous arrêter aux apparences
extérieures, et sans examiner avec un regard charnel ce que vous voyez et ce
que vous entendez ; mais qu’en quelque rencontre que ce soit, vous
entriez aussitôt dans le tabernacle avec Moïse, pour consulter le
Seigneur ; vous y entendrez quelque fois sa divine réponse, et vous en
sortirez instruit de bien des choses présentes et futures. Car Moïse recourut
toujours au tabernacle, pour résoudre ses doutes et ses difficultés ; et
la prière fut toujours sa ressource contre les dangers et la malice des hommes.
C’est ainsi que vous devez vous retirer dans le secret de votre cœur,
pour y implorer avec plus d’instance le secours de Dieu. Car ce que nous
lisons de Josué et des enfants d’Israël, qu’ils furent trompés par
les Gabaonites, c’est parce qu’auparavant «ne consultèrent point le
Seigneur » (Jos. IX, 14), et qu’étant trop crédules à des
paroles flatteuses, ils se laissèrent abuser par une fausse compassion.
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N0 268 20/09/99
Le miracle, mieux que la preuve par 9 …
Quel paradoxe en ce siècle ! Les hommes sont d’une extrême rigueur
pour ce qui concerne les sciences du matériel et se laissent aller à la plus
grande fantaisie en ce qui concerne la vie de l’âme. Les conclusions
scientifiques sont passées au peigne fin par des gens sérieux et sourcilleux.
Mais voici que rentrés chez eux, ces gens si rigoureux se mettent à lire avec
attention leur horoscope. Ils iront consulter en cachette N’Djallah ou Esméralda les voyants extralucides qui leur
diront tout sur leur avenir. Ils porteront des amulettes. Ils iront écouter
avec beaucoup d’attention les élucubrations des "commerciaux"
du New-Age. Ils dépenseront des fortunes en toutes
sortes de fariboles.
Pourquoi cela Parce que la tête des gens est à l’envers en ce qui
concerne la religion. Le modernisme a fait croire aux fidèles que la religion n’était
pas affaire de connaissance mais de sentiments. Du coup, les enfants n’apprennent
rien en "catéchèse". Et l'ignorance laisse le champ libre à l'erreur
et au mensonge. Eh bien il faut savoir que Notre-Seigneur n’a pas
parlé pour ne rien dire Il veut être écouté et compris. Et c’est là
qu’intervient le miracle. Car pourquoi tant de miracles dans la vie du
Christ Les modernistes prétendent que c’est pour impressionner les
générations futures que les premiers chrétiens, plus de 100 ans après Jésus,
lui auraient inventé une vie remplie de miracles et de démons chassés.
C’est que le miracle est gênant pour un hérétique. Car le premier but du
miracle, c’est de prouver la vérité. En effet, seul Dieu peut faire des
miracles, étant Créateur et Souverain Maître de la nature. Donc celui qui fait
de vrais miracles vient obligatoirement de Dieu. Or Dieu ne supporte ni l’erreur,
ni le mensonge. Il ne va pas donner sa caution à quelqu'un qui parle faux, par
erreur, ignorance ou mensonge. Donc celui qui a le pouvoir de faire des
miracles a la garantie divine de la véracité.
C’est ce qui ressort de l’Évangile du paralytique qu’on
descend du toit devant Jésus «que vous sachiez que le Fils de l’Homme
a le pouvoir de remettre les péchés … » Les pharisiens reconnaissent que
ce pouvoir est réservé à Dieu et à ses envoyés. Argument Massue ! A tel
point que je me demande comment peut fonctionner la tête de quelqu'un qui,
ayant été témoin d’un miracle, s’obstine à refuser de croire
Ce Jésus est un thaumaturge à nul autre pareil. La multiplication des pains ne
suffit pas Il rendra la vue aux aveugles, les jambes aux boiteux, les
oreilles aux sourds, la santé aux lépreux. Il chassera les démons. Ce n’est
toujours pas suffisant Alors Il ressuscitera une petite fille, puis un
jeune homme qu’on portait en terre. Ce n’est pas encore assez
Il ressuscitera Lazare dont le corps en décomposition empestait. Point
encore Alors Jésus se ressuscitera Lui-même. Les grands prêtres et les pharisiens
seront informés par les témoins de la Résurrection les gardes. Il faut
être fou d’orgueil pour s’obstiner à ne pas croire dans ces
conditions.
D'autant plus que les miracles sont aussi une preuve de l’infinie Bonté
de Dieu. Ils nous montrent la compassion de Jésus pour les souffrances
humaines, ainsi que sa miséricorde pour les âmes. Car la guérison du corps
annonce la guérison de l’âme. Guérison de la maladie du doute, du
désespoir et du péché. Telle est l’importance du miracle.
Encore faut-il ne pas le confondre avec le prodige. Celui-ci n’est que
préternaturel, c'est-à-dire qu’il ne nécessite pas l’intervention d’une
puissance incréée. Tandis que le miracle est surnaturel, et ne peut se réaliser
que par l’intervention du Créateur qui est au-dessus de toute loi de la
nature. La nature peut guérir une grippe, le démon aussi. Mais Dieu seul peut
ressusciter un mort ou faire repousser une jambe. Le miracle est inconditionnel
et définitif les dix lépreux restent purifiés, même s’il ne s’en
est trouvé qu’un pour venir remercier. Le prodige ne dure pas et est
conditionnel Si l’adhésion cesse, la "guérison"
aussi
Certains pourraient objecter que les miracles du Christ sont relatés dans des
écrits qui ont presque 2000 ans. Alors comment croire une histoire si
vieille Ne nous laissons jamais troubler par de telles arguties. La
réponse est simple Un récit serait-il comme les yaourts Aurait-il
une date limite de vente Quelle est la date limite de crédibilité d’un
témoignage A partir de quand pourra-t-on dire que Napoléon Bonaparte n’a
pas existé ou que Ste Jehanne d’Arc n’a
rien fait à Orléans et n’a pas été brûlée vive à Rouen
Les ennemis du Christ ont travaillé à donner une curieuse mentalité pour
écrire l’histoire, il n’y a que les témoignages des chrétiens qui
ne sont pas crédibles. Comme si croire en Jésus-Christ, c’était devenir
partisan du mensonge. Cet a priori est d’autant plus stupide que les
miracles continuent à notre époque. Toute l’histoire de l'Église est
marquée par de nombreux miracles. Et le Bon Dieu en fait tout particulièrement
par les mains de la Très Ste Vierge Marie. A Lourdes, le phénomène est
suffisamment important pour qu’une commission de médecins siège en
permanence pour examiner les cas. Pour ma part, je connais deux personnes qui
ont été les témoins directs d’un miracle.
Oui, le miracle prouve. Il prouve la Vérité, la Bonté et la Miséricorde de
Dieu. Devant cette réalité, sachons dire et «crois » et « ».
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Il m’est arrivé aujourd’hui une drôle de farce. Le Bon Dieu fait
bien encore des miracles. Une dame m’a présenté son enfant. Il avait un
gros mal là… Elle m’a prié de le toucher. Je l’ai fait et ça a tout
fondu
Imitation de Jésus-Christ: (L III, Ch 7)
Il vous est souvent plus avantageux que vous soyez ainsi éprouvé, que si les
choses vous étaient toujours aussi heureuses que vous le désirez. Car pour
juger de la grandeur des mérites, il ne faut pas regarder si un homme a plus de
vision et de consolations divines, s’il est plus éclairé dans l’Écriture,
ou élevé à un plus haut rang ; mais s’il est affermi dans la vraie
humilité, s’il est rempli de l’amour de Dieu, s’il cherche
toujours la gloire de Dieu purement et sans réserve, s’il se compte pour
rien et se méprise véritablement, et s’il trouve plus de joie à être
méprisé et abaissé par les autres, qu’à en être honoré.
********
N0 267 06/09/99
Humilité, que d’écueils mortels tu nous évites
L’hypocrisie est l’hommage que le vice rend à la vertu, disait un
sage. Il est vrai que l’hypocrite cherche à paraître vertueux, et donc à
voiler sa turpitude. Mais quelle monstruosité que l’hypocrisie Elle
est cette seringue à l’aiguille si fine qu’elle peut instiller sa
goutte de poison dans toutes les actions de façon insensible.
Regardez ces pharisiens qui veulent provoquer un miracle de Notre-Seigneur pour
l’accuser de ne pas respecter le Sabbat. Ils ont l’air de rien,
mais ils l’ont placé en face d’un hydropique et l’observent
méchamment s’Il guérit l’homme, Il ne respecte pas le
Sabbat ; et s’Il ne le guérit pas, Il n’a pas de bonté.
Pourquoi cette hypocrisie Parce qu’ils voulaient un Messie à leurs
bottes. C'est-à-dire qui flattât leur orgueil, sans déranger leur confort. Un
Messie qui vienne leur dénouer les sandales et leur laver les pieds. Et comme
Celui qu’ils ont bien reconnu comme le Messie n’est pas à leur
convenance, comme Il éclaire toutes choses de sa Lumière divine, ils n’en
veulent pas. Pour justifier l’injustifiable, ils vont user d’hypocrisie.
Eh bien ils seront maudits de Dieu Une éternité de malédiction pour
avoir sacrifié la Vérité aux apparences Car Dieu, pour nous accorder sa
sainte grâce, attend de nous certaines dispositions du cœur.
La toute première est l’humilité. C’est la principale
caractéristique du "pauvre" de l’Évangile sur lequel le Sauveur
se penche avec une infinie tendresse. Et cela n’a rien à voir avec ce qu’il
peut avoir dans le porte-monnaie.
L’humble aime la Vérité, même si cette Vérité met en lumière certains
défauts. Il se réjouit de toute humiliation qui l’éclaire et lui permet
de progresser. Hélas ! on en voit combien qui sont girovagues,
allant ici et là, à la recherche non de la Vérité, mais d’une prédication
qui flatte la nature. Pour obtenir l’humilité, la première chose qu’il
faut se mettre dans la tête, c’est que nous ne sommes rien. La deuxième,
c’est que les seuls actes dont nous sommes les uniques auteurs sont nos
péchés et que nous ne pouvons faire aucun bien sans la grâce de Dieu.
L’humilité nous conduit à une autre qualité tout aussi
indispensable la docilité qui consiste dans un amour ardent de la Vérité.
Quand on a soif de bien connaître la Vérité salvifique, on accepte de bon cœur
les moyens que Dieu nous donne pour connaître cette Vérité. On accepte l’enseignement
de l’Église, dispensé par les hommes d’Église restés fidèles.
La troisième qualité du cœur que le Bon Dieu exige de nous pour nous
accorder ses grâces, c’est la simplicité. C'est-à-dire ni fanfaronnade,
ni arrivisme, ni fausse humilité, ni susceptibilité un cœur d’enfant
qui veut faire tout ce qu’il peut pour plaire à Dieu.
Voilà ce qui manquait aux pharisiens. Voilà ce qui a empêché la grâce d’allumer
la ferveur divine en eux ils sont restés tièdes, officiellement pour
Dieu, mais refusant obstinément sa Volonté. Ils ont été vomis ! La
tiédeur, c’est la religion mondaine. C’est le formalisme sans vraie
conviction. Quand on n’agit que par conformisme social. C’est la
religion du refus de progresser intérieurement. Coquille vide. C’est la
religion qui aboutit forcément à des compromissions avec le mal du moment
que les apparences sont sauves… C’est tout cela que Jésus est venu
bousculer, provoquant la haine implacable des hypocrites.
Nous autres, chrétiens, nous n’avons le droit d’être ni des
hypocrites, ni des tièdes. Gardons toujours très présente à l’esprit la
conscience de notre petitesse. Si la Ste Vierge qui maintenant est la Reine du
Ciel, fut toute sa vie terrestre la très humble Servante du Seigneur, nous
devons suivre son exemple lumineux. Ne nous prenons pas pour "quelqu’un".
Ne nous prenons pas au sérieux, mais, au contraire, prenons l’honneur de
Dieu au sérieux. Celui qui se prend au sérieux, se met à n’agir que pour
sa propre gloriole. Celui qui prend à cœur les choses de Dieu, agit par
droiture intérieure, par vertu. Regardez Notre-Dame, jamais Elle n’a agit
par formalisme. Tout le bien qu’Elle ne cessait de faire, Elle le faisait
pour Dieu, par amour du Vrai et du Bien.
Enfin, l’humilité n’étant pas une vertu abstraite, il nous faut
être dociles. Aujourd’hui, voulant réagir contre la trahison de tant de
membres du clergé, beaucoup de fidèles tombent dans le piège de l’orgueil
et de l’indocilité. Regardez encore Notre-Dame ; comment, à l’Annonciation,
Elle demande avec docilité les éclaircissements au sujet de sa Mission. Elle ne
se rebiffe pas en disant que c’est impossible. Il y a une grande
différence entre demander plus de lumière et rejeter la vérité dérangeante. Il
y a une grande différence entre refuser un enseignement moderniste et refuser l’enseignement
d’un prêtre parce qu’il nous éclaire la main dans le sac. Le prêtre
qui nous dit la vérité, même si ce n’est pas toujours agréable à
entendre, nous rend le plus grand des services.
Si nous ne redevenons comme de petits enfants, nous n’entrerons pas dans
le Royaume de Dieu. Redevenir comme des enfants, c’est pratiquer cette
humilité, cette docilité, cette simplicité du cœur dans la fidélité à la
Vérité.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
J’ai vu aujourd’hui une grande dame de Paris qui m’a bien
dit mes vérités. J’étais venu, disait-elle, pour entendre bien prêcher,
mais on prêche bien mieux ailleurs, etc. Je lui ai répondu C’est
bien vrai, Madame, je suis bien peu savant ; mais si vous faisiez bien
tout ce que je vous ai dit, le Bon Dieu aurait encore pitié de vous …
Imitation de Jésus-Christ: (L I, Ch 3)
O que la gloire de ce monde passe vite plût à Dieu que leur vie eût
répondu à leur science c’est alors qu’ils auraient fait de
bonnes lectures et de bonnes études. Combien y en a-t-il dans le monde qui se
perdent par une science vaine, qui leur fait négliger le service de Dieu
Comme ils songent plus à s’élever qu’à se rendre humbles, ils s’évaporent
dans leurs vaines pensées. Celui-là est vraiment grand, qui a une grande
charité ; celui-là est vraiment grand, qui est petit à ses yeux, et qui
compte pour rien les plus grands honneurs ; celui-là est vraiment
prudent, qui « regarde toutes les choses de la terre comme du fumier,
pour gagner Jésus-Christ » (Phil. III, 8). Enfin celui-là est vraiment
savant, qui sait faire la volonté de Dieu et renoncer à la sienne.
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N0 266 09/08/99
Seigneur donnez-nous de saints prêtres et de saints évêques
Beaucoup de gens se méfient de plus en plus du Corps médical. On
confiera plus facilement son automobile au garagiste que son corps aux blouses
blanches. On peut toujours vivre sur cette terre sans voiture, mais pas sans
son corps A cause du laisser-aller général, à cause de la déviation de l’esprit
de tant de médecins et d’infirmières qui sont favorables à la culture de
mort (pilule, avortement, euthanasie, fécondation artificielle … et nous ne
savons pas tout !) le capital confiance des gens est sérieusement écorné.
Seulement, il y a des circonstances où on est bien content de trouver un bon
"toubib", car on ne saurait s’en tirer sans l’aide du
Corps médical.
Dans sa parabole du bon Samaritain, Notre-Seigneur fait un parallèle entre les
soins médicaux et le sacerdoce. Car le prêtre, après l’adoration et la
louange divine, a pour fonction de soigner les âmes. Dans cette parabole,
Notre-Seigneur nous montre l’impuissance du sacerdoce de l’Ancien
Testament. Cet Ancien Testament était pourvu d’un sacerdoce capable de
constater les dégâts causés par le péché sur les âmes, mais était incapable d’y
porter remède. Dans l’Ancien Testament, on se contentait d’exclure
les pécheurs.
Notre-Seigneur est ce bon Samaritain qui va se pencher sur l’humanité
blessée à mort par le Péché Originel et par les innombrables crimes et fautes
commises sur toute la surface de la terre depuis lors. Il soigne avec du vin et
de l’huile. Qu’est-ce à dire Il donne les sacrements qui
sauvent, Il donne la Lumière de la Vérité (on s’éclairait avec des lampes
à huile). Il fait naître chez les hommes la douceur des vertus chrétiennes. Le
blessé à mort, c’est l’humanité tout entière, c’est aussi
chacun de nous. L’hôtelier, c’est le nouveau Sacerdoce ; l’hôtellerie,
c’est la sainte Église catholique.
Par son Sacrifice sur la Croix, Jésus a déjà tout payé d’avance. L’hôtelier
n’a rien d’autre à faire que de continuer à prodiguer les soins
commencés par le bon Samaritain. Et si le prêtre catholique doit payer de sa
personne, il sera intégralement remboursé par le Christ à son Retour. Ainsi, le
rôle du prêtre, vis-à-vis des fidèles, consiste-t-il à continuer l’œuvre
du Christ, et non pas à inventer je ne sais quelle nouveauté. Il consiste à
soigner les âmes par les sacrements, à les nourrir par la Ste Eucharistie et la
prédication fidèle de l’Évangile. Il consiste aussi à éclairer les
intelligences par l’enseignement intègre de la Doctrine catholique. Il
consiste encore à accueillir les fidèles comme des membres de la famille
chrétienne et non comme des clients qu’on peut mettre à la porte
arbitrairement.
Le blessé qui représente le fidèle doit se laisser soigner avec humilité. Les
fidèles qui prétendent gouverner les prêtres sont comme des béotiens qui
voudraient expliquer au garagiste comment réparer leur voiture. Quand on a été
blessé, il faut souvent faire des exercices au cours de la convalescence. Le
pénitent doit accepter sa pénitence dans cette perspective de convalescence. La
reconnaissance du blessé doit aller en premier au bon Samaritain, et ensuite au
bon hôtelier. Tout fidèle catholique doit avoir une reconnaissance éperdue pour
le Christ-Sauveur, et aussi pour les prêtres qui
tiennent sa place jusqu’à son Retour. Car, sans le prêtre, il est quasi
impossible de se sauver.
Malheureusement, le démon a provoqué une crise sans pareille dans l’église.
L’hôtelier, trouvant que le Samaritain est parti depuis bien long-temps, a décidé de changer ses dispositions pour les
mettre à jour. L’enseignement a été perverti. L’hôtelier, trop
souvent, n’y croit plus. Beaucoup de prêtres ne croient plus qu’il
n’y a qu’une seule véritable Église du Christ la Sainte
Église Catholique Romaine. Ils ne croient plus à l’Infaillibilité du
Pape, ni à l’éternité de la Vérité, ni au purgatoire, ni à l’enfer,
ni à la Présence Réelle de Notre-Seigneur dans la Ste Eucharistie, ni au Péché
Originel, etc.
Alors, au lieu de soigner les âmes, ils les empoisonnent par des sacrements
douteux, entachés de modernisme, par un enseignement hérétique, par la
persécution de ceux qui veulent rester vraiment fidèles. Et ceci vient des
hauts responsables de la hiérarchie de l’Église qui ont oublié qu’ils
avaient à sauver leur âme comme tout un chacun en accomplissant fidèlement leur
devoir d’état. Il faut le dire Ce que Notre-Dame a annoncé à La
Salette se réalise sous nos yeux. Beaucoup de prélats font peser leur autorité
sur les fidèles, non pour le bien des âmes, mais pour propager l’erreur
et persécuter la Vérité. Mais que ferez-vous, ô évêques, quand s’opérera
le Retour du bon Samaritain et qu’Il vous demandera des comptes Que
répondrez-vous quand Il vous demandera pourquoi tant de blessés à vous confiés
ont péri de mort éternelle, faute des soins que vous étiez chargés de leur
prodiguer
Quant à nous, tâchons de ne pas nous écarter de la route qui conduit notre âme
au Salut. Tenons donc ferme à la Vérité catholique. Mais respectons aussi les
pasteurs, même s’ils se montrent indignes. Ne suivons que les pasteurs
qui restent fidèles à la Vérité catholique. Soutenons-les. Prions pour eux.
Évitons l’esprit de révolte, le mépris des prêtres, la tentation de nous
placer au-dessus d’eux ou de nous en passer. Il n’y a qu’une
seule Église du Christ, et on ne saurait se sauver sans elle ou en bâtissant
une nouvelle église. Prions avec confiance, persévérance et même insistance,
pour que le bon Samaritain nous confie à un hôtelier qui fasse vraiment son
travail.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Si je rencontrais un prêtre et un ange, je saluerais le prêtre avant de saluer
l’ange.
Celui-ci est l’ami de Dieu, mais le prêtre tient sa place … C’est
le prêtre qui continue l’œuvre de Rédemption sur la terre.
Imitation de Jésus-Christ: (L IV, Ch 5)
Quand vous auriez la pureté d’un ange, et la sainteté de saint
Jean-Baptiste, vous ne seriez pas digne de recevoir ni de toucher ce Sacrement.
Car il n’est point dû aux mérites des hommes de consacrer et de toucher
le Sacrement de Jésus-Christ, et de prendre en nourriture le Pain des anges.
Sublime mystère et grande dignité des prêtres, qui on reçu un pouvoir qui
n’a pas été accordé aux anges Car il n’y a que les prêtres
légitimement ordonnés dans l’Église, qui aient le pouvoir de célébrer et
de consacrer le Corps de Jésus-Christ. Le prêtre est, à la vérité, le ministre
de Dieu, et il se sert de la parole de Dieu selon le commandement et l’institution
de Dieu ; mais Dieu, à la volonté de qui tout est soumis, et aux ordres
de qui tout s’exécute est là le principal Auteur et Celui qui opère
invisiblement.
********
N0 265 12/07/99
Suis-je prêt à rendre mes comptes à Dieu Alors est-ce bien
judicieux de perdre un temps si précieux
Au temps de la guerre de Sécession en Amérique, au siècle dernier, l’armée
nordiste était allée encercler une ville sudiste, je crois que c’était
Charleston. Pendant ce temps-là que se passait-il dans cette malheureuse
ville Y avait-il la panique Pensez-vous On y menait grand
train de vie avec réceptions somptueuses, frivolités et danse … jusqu’à
ce que les canons nordistes se mettent à tonner et que l’armée nordiste
se mette en marche pour investir la ville. Alors on vit tous ces insouciants,
ces frivoles être la proie de la plus abjecte des paniques. Ils n’avaient
pas voulu regarder la réalité en face quand il était encore temps, et
maintenant le temps leur manquait
Un tel comportement est le résultat d’une maladie de l’homme qui
remonte au Péché Originel. J’ai encore le temps, pense-t-il. Mais qui
peut affirmer d’une façon absolue qu’il a encore le temps
Notre-Seigneur nous a prévenus «viendrai comme un voleur. » Nous
sommes avertis Il va nous demander des comptes pour la gestion de notre
vie et nous ne savons pas quand. Il y a, cependant, une chose dont chacun de
nous est absolument sûr nous n’avons jamais été aussi près de cet
instant fatidique.
Ce n’est pas du pessimisme que de rappeler cette réalité Le temps
qui nous reste à vivre est bien court et notre terme se rapproche à grands pas.
C’est du réalisme.
Alors, comment utiliser ce temps Certains adoptent une position
suicidaire à long terme La vie est courte, alors profitons-en Leur
vie est toute tournée vers les biens de la terre ; ce qui les intéresse,
c’est leur plaisir. Plaisir de l’orgueil par les honneurs, par le
pouvoir sur leurs semblables. Cela fait courir son monde les
honneurs ; bien plus que le véritable Honneur Ah ! ce plaisir
vain et éphémère des courbettes reçues
Plaisir aussi de la possession des richesses. Comme si le compte en banque bien
garni pouvait être un rempart efficace contre les souffrances et la mort
Mais où sont-ils les personnages les plus riches d’il y a 100 ans L’argent
permet d’acheter beaucoup de choses, mais pas la paix de l’âme ni
la Vie éternelle.
Plaisir enfin de la chair. Jamais comme auparavant, on n’avait connu
pareille décadence. La dépravation des mœurs est devenue la chose la plus
normale du monde. Et ceux qui veulent garder la belle vertu de pureté sont
considérés comme archaïques, contre nature, et même dangereux pour la société.
Ceux qui prêchent la pureté et la fidélité à la place des protections
illusoires et infâmes sont traités d’assassins on les accuse de
mettre en danger la vie des fidèles par fanatisme.
Dieu nous a créés corps et âme ; et, comme Créateur, Il nous a donné le
mode d’emploi du corps. L’église se doit de le rappeler sans cesse.
Parmi ceux qui utilisent mal le temps qui leur est donné ici bas, il y a ceux
qui font des parenthèses dans leur vie chrétienne Dieu n’a pas
droit de cité dans certains domaines de leur vie. Ainsi, beaucoup se mettent en
vacances du Bon Dieu pendant le temps de l’été. La vie de prière, la
bonne Messe, la pudeur, la pureté en prennent un sale coup On veut bien
se protéger la peau des brûlures du soleil, mais on oublie de se protéger l’âme
des brûlures du Soleil de Justice ! Que de jolis corps s’étalent
sans pudeur aux yeux de tous pour la malédiction des âmes Si celui qui
sauve l’âme d’une personne, mérite les félicitations de Dieu
; ceux qui, par leur tenue aguichante, par leur impudicité, entraînent leur
prochain dans le péché, encourent la redoutable colère de Dieu. Et, s’ils
ne se repentent pas, la malédiction éternelle.
La saine philosophie nous dit qu’en toute chose, il faut considérer la
fin. Pour bien utiliser le temps qu’il nous reste à vivre, commençons par
en considérer la fin. Le But de la vie, c’est l’éternité. Cette
éternité s’obtient par une orientation en deux temps de la vie. D’une
part une orientation générale, globale, de la vie vers Dieu. Quand on peut
gagner une belle maison, on ne s’occupe pas du cabanon de bois qui va
brûler. D’autre part, une orientation précise de tous les instants et de
toutes les activités vers Dieu. Il a dit qu’Il viendrait comme un voleur,
alors ne faisons pas de parenthèse dans notre amitié avec Dieu L’enjeu
est trop important il s’agit de notre éternité
Trop d’âmes se perdent parce qu’elles ont perdu de vue le but de l’existence.
Ne nous laissons pas étourdir par les mirages de ce monde. Restons toujours
prêts, et nous ne serons pas pris au dépourvu.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Un jour venant, nous trouverons que nous n’avons rien fait de trop pour
gagner le Ciel
… [ce jour-là] nous rendrons compte à Dieu de tous les instants qu’ll nous a accordés.
Imitation de Jésus-Christ: (L III, Ch 26)
O mon Dieu, douceur ineffable changez pour moi en amertume toutes les
consolations de la chair, qui me détournent de l’amour des biens
éternels, et m’attirent malheureusement à elles par la vue de quelque
bien présent et sensible. Que la chair et le sang, ô mon Dieu que la
chair et le sang ne triomphent pas de moi ; que le monde et sa gloire
passagère ne me séduisent point ; que le démon avec toute sa malice n’ait
pas le pouvoir de me supplanter. Donnez-moi de la force pour résister, de la
patience pour souffrir, de la constance pour persévérer. Donnez-moi, au lieu de
toutes les consolations du monde, l’onction si douce de votre
Esprit ; et répandez en moi l’amour de votre Nom, qui y prenne la
place de l’amour charnel.
Un penseur inconnu:
Le manque de pudeur et de modestie dans le vêtement est toujours un péché
contre la pureté, mais aussi bien souvent une faute contre l’esthétique
Il y a, hélas bien longtemps que le ridicule ne tue plus.
********
N0 264 28/06/99
Ne pas être miséricordieux Quelle folle témérité
Sous prétexte qu’il ne faut pas les traumatiser, sous prétexte qu’ils
ne doivent pas souffrir et pour ne pas se donner la peine de les éduquer,
souvent, très souvent, les parents actuels nous fabriquent en la personne de
leurs enfants, de véritables petits monstres de caprices. Ils ne sont jamais
contents de ce qu’ils ont, voudraient toujours avoir plus ou mieux. Tout
leur est dû. Ils ne savent pas remercier, ou, quand ils le font, c’est
par pure convention sociale : pour ne pas paraître trop sauvages. Mais
cela ne vient pas du fond du cœur. Ils sont sans pitié, sans miséricorde. Ils
ne savent pas pardonner. Ils ne savent pas se mettre à la place du prochain
pour le comprendre.
Mon Dieu que ce monde sans miséricorde qu’on nous fabrique est
affreux
Car notre Créateur est Miséricorde infinie, Lui. La Rédemption en est une
preuve éclatante. Il ne faut pourtant pas oublier que Dieu n’a pas de
faiblesse coupable. Ce qui est mal, reste mal à ses yeux et sa Justice exige
que tout soit réparé. Il faudra payer tout le prix de nos fautes personne
ne saurait échapper à cette exigence. Parce que le Bon Dieu a tout ce qui est
mal en horreur. Cependant, Il nous a créés pour le Salut éternel ; Il
veut le Bonheur du Ciel pour nos âmes.
Alors son Amour Miséricordieux a inventé la Rédemption. Il faut payer le prix
de nos fautes Jésus-Christ en a acquis le montant et le donne à qui vient
le Lui demander. Car Dieu préfère pardonner plutôt que de sévir, sauver plutôt
que de damner. La Miséricorde de Dieu répand le pardon à profusion pour tous
ceux qui viennent le demander. Et ce pardon est gratuit. C’est vraiment
par pure bonté que Dieu nous accorde sa Miséricorde. Car que trouve-t-Il en
nous
Il trouve beaucoup d’indifférence religieuse Qui est vraiment prêt
à Le servir en premier quoi qu’il puisse en coûter Il trouve de l’ingratitude
Si au moins nous avions la reconnaissance du ventre pour tous les bienfaits
dont Il nous comble Il trouve de la méchanceté. Que de brutalité sur
cette terre Que de langues de vipères Que de cœurs venimeux
Il trouve l’étalage de tous les péchés dont les hommes souillent leurs
âmes.
Et au-dessus de cette fange, il y a Notre-Seigneur qui répand sa Miséricorde à
pleines brassées. Car Dieu nous donne sa Miséricorde a priori et en surabondance.
La mathématique de Dieu n’est pas celle des hommes. Ceux-ci sont
mesquins, ils cherchent toujours à resquiller avec le Bon Dieu. Ils tiennent
plus à leurs biens de la terre qu’ils perdront, qu’à ceux du Ciel
qu’on possède pour toujours. Et c’est d’ailleurs pour cela
que la vie leur est si difficile. La mathématique de Dieu est celle-ci
plus on donne, plus on a. On confie sept pains à Jésus et, après avoir nourri
4000 hommes, on ramasse sept corbeilles
Il nous faut entrer dans cette logique divine de la Miséricorde. Si nous ne
sommes pas miséricordieux, nous n’obtiendrons pas miséricorde. Non pas
que le Bon Dieu veuille nous voir appeler bien ce qui est mal Il ne nous
demande pas d’être bêtes Ce qui est mal est mal. Est est, non non. Mais Il nous veut
le cœur plein de miséricorde envers le prochain. Si nous ne pardonnons
pas, alors certainement nous ne serons pas pardonnés.
Celui qui est sans miséricorde, c’est celui qui interprète tout à mal. C’est
celui qui se sent offensé à la moindre occasion et qui nourrit de la rancune au
fond de son cœur. C’est celui qui est envieux et qui fait du mauvais
esprit. Il a le cœur mauvais et le prochain ne trouve jamais grâce à ses
yeux.
Le miséricordieux, lui, obéit du fond de l’âme au Commandement nouveau de
Notre-Seigneur «les uns les autres comme Je vous ai aimés. » D’un
amour sans arrière-pensée, sans marchandage, gratuit et entier.
Et à ceux qui hésiteraient à se montrer miséricordieux, j’aurais envie de
dire vous allez rater une bonne affaire, l’affaire du millénaire.
Si votre garagiste vous proposait une voiture neuve avec toutes les options, la
climatisation et tout et tout, un véhicule de 300 000 F, en échange de votre
vieille guimbarde qui ne vaut pas 3000 F. Je ne crois pas que vous refuseriez.
Alors pratiquez généreusement la miséricorde pendant votre courte vie terrestre
et vous obtiendrez miséricorde pour votre vie éternelle. S’il y a tant d’âmes
qui croupissent en enfer ou qui se morfondent au Purgatoire, c’est qu’elles
n’ont pas pratiqué, ou pas assez, la miséricorde. Quand il revient à mes
oreilles des paroles ou des actes profondément méchants que commettent certains
"fidèles" peu fidèles ; Mon Dieu Je frémis de crainte
pour l’éternité de ces âmes C’est nous qui décidons
maintenant du degré de miséricorde dont Dieu usera pour nous un jour. Et ce
jour n’a jamais été si proche
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Dieu est si bon que, malgré les outrages que nous Lui faisons, Il nous porte en
paradis presque malgré nous. C’est comme une mère qui porte dans ses bras
son enfant au passage d’un précipice. Elle est tout occupée d’éviter
le danger, tandis que son enfant ne cesse de l’égratigner et de lui faire
de mauvais traitements.
Imitation de Jésus-Christ: (L III, Ch 10)
Je vais encore parler, mon Seigneur, et ne garderai point le silence. Je dirai
en secret à mon Dieu, à mon Seigneur, et à mon Roi, qui est au Ciel
« Ô mon Seigneur, combien est grande la multitude des douceurs que vous
avez réservées à ceux qui vous craignent » (Ps XXX,
20) Mais que n’êtes-vous point à ceux qui vous aiment, à ceux
qui vous servent de tout leur cœur La douceur de la contemplation que vous
accordez à ceux qui vous aiment, est vraiment ineffable. C’est
principalement en ceci que nous m’avez fait connaître la douceur de votre
amour en ce que vous m’avez donné l’être que je n’avais
pas, que vous m’avez ramené à votre service, lorsque je m’égarais
loin de vous, et que vous m’avez fait un commandement de vous aimer.
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N0 263 14/06/99
Les filets de St Pierre, voilà notre Salut
Il y a des gens qui sont des râleurs. Ils sont toujours insatisfaits. Quand il pleut,
il fait un temps de chien. Quand le soleil brille, la terre est trop sèche. Si
vous leur rendez un service, c’est mal fait et vous cherchez à prendre
leur place. Mais si vous ne le leur rendez pas, vous êtes un égoïste et un
sauvage. Si vous exprimez ce que vous pensez, vous êtes un prétentieux et si
vous ne dites rien, on ne sait jamais ce que vous pensez. Rien ne trouve grâce
à leurs yeux. Et pourtant, s’ils avaient le courage de se regarder en
face, ils verraient combien ils sont eux-mêmes bien loin de la perfection.
Dieu qui est parfait, Lui, est plein d’infinies miséricordes à notre
égard. Nous sommes de pauvres pécheurs, trop souvent enclins à offenser Dieu.
Et Lui, au lieu de nous accabler et de nous rejeter vertement, va nous
manifester son infinie Miséricorde, son inlassable Bonté. Les pauvres pécheurs
sont-ils noyés dans leur iniquité Dieu ne les rejette pas. Il rejette le
mal. S’Il finit par rejeter le pécheur endurci,
c’est quand toutes les ressources de sa Miséricorde ont été utilisées en
vain. Mais tant que tout n’a pas été tenté, Il cherche sans cesse à le
repêcher pour le sauver. Qui proclamera assez haut la Miséricorde de Dieu
? Quel est le fou qui pourra se lasser de chanter sa Bonté Les hommes l’offensent
et Il invente la Rédemption. Ils s’avilissent dans l’impureté et le
Rédempteur subit pour eux la Flagellation. Ils se raidissent dans leur orgueil,
et Lui reçoit pour eux la Couronne d’épines. Ils s’attachent aux
biens de ce monde et Lui se laisse dépouiller de tout pour s’attacher à
la Croix. Ils ne se préoccupent que de cette vie et Lui offre la sienne pour
leur obtenir la Vie éternelle. Et pour assurer les effets de la Rédemption,
Jésus va fonder une Église qui durera jusqu’à la fin du monde et qui
répandra les bienfaits divins sur toute l’humanité. Par l’enseignement
des Vérités éternelles et par les sacrements, les Apôtres et leurs successeurs
jettent leurs filets pour sauver les âmes. Ils jettent leurs filets, mais
parfois ces filets se rompent.
Qu’est-ce qui rompt le filet de l’église Ce sont d’abord
les péchés contre la Foi. La Foi est le premier lien qui nous rattache à Dieu.
S’exposer à perdre la Foi, c’est s’exposer à avoir une
rupture profonde et radicale avec Dieu. La Foi consiste à croire les Vérités
que Dieu nous a révélées, même si elles dépassent notre intelligence, parce que
c’est Dieu qui révèle. Les apostats rejettent totalement cette foi et
font un acte effroyable de mépris pour Dieu. Être apostat, c’est dire à
Dieu Cause toujours Les hérétiques, et ils sont légion aujourd’hui,
mettent leur intelligence au-dessus de la Science de Dieu ils se
permettent de corriger les "erreurs" du Bon Dieu. Ainsi, heureusement
qu’il y a eu Arius, Nestor, Luther ou Calvin pour réformer la religion
que le Fils de Dieu avait fondée de travers Et puis il y a
tous ceux qui restent dans une ignorance coupable. Le Bon Dieu nous parle
Mais on ne Lui a rien demandé Qu’Il nous
laisse tranquilles Ceux-là ont mis un petit panneau sur la porte de leur
âme Ne pas déranger.
On rompt le filet de l’église en péchant contre l’Espérance ;
par le mépris de la destinée éternelle, en se défiant du Bon Dieu.
On rompt aussi le filet de l’église en péchant contre la Charité. Comment
l’Église peut-elle réussir à sanctifier tous ces catholiques qui sont
bien plus occupés à se disputer, à se garder rancune, à baver les uns sur les
autres qu’à aimer le bon Dieu et à faire du bien au prochain
On rompt le filet de l’église en péchant contre la Justice. Comment
prétendre avoir la Charité et aimer le Bon Dieu en refusant de rendre à l’Autorité
légitime ses devoirs normaux d’obéissance Jésus a bien dit à la
hiérarchie de son Église «vous méprise, me méprise. »
Gardons-nous de mépriser les représentants du Christ, même s’ils se
montrent indignes. Déplorons leur infidélité, ne les suivons pas dans ce qu’il
y a d’infidèle en eux, mais respectons ce qu’il y a de sacré en
eux. Ces membres indignes de la hiérarchie, rompent le filet de l’Église
par le déni de justice, et ils auront des comptes sévères à rendre au Juste
Juge Lorsqu’ils ne font pas ce pour quoi ils existent, si nous n’avons
pas le droit de les juger, le Christ, Lui, se chargera de le faire ! Et
ceux qui auront souffert de prêtres ou d’évêques indignes, verront
combien la Justice divine est satisfaisante.
En attendant, de notre côté, veillons à ne rompre en aucune façon le filet de l’église,
de peur de nous perdre et d’en entraîner d’autre sur cette pente
glissante. Que notre Foi soit inébranlable et pure de toute erreur. Que notre
Espérance tourne notre cœur vers les choses d’en haut dans une
totale confiance en la grâce divine. Et que notre Charité tisse des liens si
solides, que non seulement nous ne risquions pas de nous perdre, mais aussi que
nous puissions être les instruments de Dieu pour le salut des âmes.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
La terre est trop basse, elle est trop pauvre pour le cœur de l’homme.
Le Ciel, par son immensité, le Bon Dieu par son amour, peuvent seuls remplir l’infinie
capacité des désirs de ce cœur qui n’est fait que pour aimer.
Imitation de Jésus-Christ: (L IV, Ch 4)
Seigneur, je m’approche de Vous dans la simplicité de mon cœur, avec une
Foi ferme et sincère, et pour Vous obéir. J’y viens avec Espérance et
avec respect, et je crois véritablement que Vous êtes présent dans ce
Sacrement, comme Dieu et comme Homme. Vous voulez donc, mon Dieu, que je Vous
reçoive et que je m’unisse à Vous par Amour. C’est pourquoi j’implore
votre clémence, et je Vous demande pour cela une grâce particulière, afin que
je me fonde et m’écoule tout en Vous par un transport d’amour, et
que je ne songe plus à chercher ailleurs d’autre consolation. Car ce
Sacrement si sublime et si adorable est le salut de l’âme et du corps. Le
remède de toutes les maladies spirituelles. C’est par lui que mes vices
sont guéris, mes passions réprimées, les tentations vaincues ou affaiblies, les
grâces répandues en plus grande abondance C’est par lui que la vertu
commencée s’accroît, que la Foi s’affermit, que l’espérance
se fortifie, et que la Charité s’enflamme et se dilate.
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N0 262 31/05/99
Détruire la Sainte Eucharistie, c’est assécher la source
jaillissante de la Vie de l’Église
Un jour, à Rome, une petite fille m’aborda dans la rue « hai giá ricevuto
il Gesú di carta » Ce qui pourrait se
traduire par Mon Père avez-vous déjà reçu le pouvoir de faire le
Jésus de papier Ce mystérieux Jésus tout blanc comme du papier qu’elle
ne pouvait voir que de loin était au centre de ses préoccupations de bambine de
cinq ans. Rien de surprenant à cela la Sainte Eucharistie est tellement
au centre de toute vraie vie chrétienne qu’il ne saurait y avoir une
spiritualité réellement salvifique qui laissât de côté ce sacrement. Ne dit-on
pas, d’ailleurs, qu’on reconnaît les vrais catholiques à leur
attachement indéfectible aux trois Blancheurs Le Souverain Pontife, la
Très Sainte Vierge Marie et la Sainte Eucharistie. Voilà pourquoi la Sainte
Eucharistie et l’Acte sublime qui fait ce sacrement ont été l’objet
d’attaques constantes au cours des siècles.
Aujourd’hui, nous voyons principalement deux types d’attaques. Une
attaque violente et une attaque sournoise. La première a commencé avec Luther
et Calvin qui, en instaurant les protestantismes, ont voulu détruire le Sacerdoce,
supprimant du même coup la Ste Eucharistie. Pour un protestant, adorer l’Hostie
consacrée, c’est faire un acte d’idolâtrie. Ils ont réduit le sens
des Paroles du Christ «est mon Corps » en Ceci signifie mon
Corps. La présence du Christ n’est plus réelle mais seulement symbolique.
Le pain reste du pain. À Genève, Calvin fit massacrer les catholiques qui
continuait à adorer le St Sacrement. Mais, au moins, cette attaque avait le
mérite d’une certaine franchise : En devenant protestant, on sortait
de l’église.
Aujourd’hui, l’attaque est bien plus perfide et sournoise. Les
fumées de Satan sont entrées dans l’église. Les dogmes sont attaqués de l’intérieur.
Et spécialement la doctrine de la Ste Eucharistie. Le modernisme que St Pie X
avait arrêté a repris sa marche, attaquant les dogmes, moins par l’énoncé
de doctrines fausses que par des pratiques mauvaises. Il est plus dangereux
pour la Foi de ridiculiser la croyance en l’existence des Anges ou de la
passer sous silence en n’en parlant jamais, que d’écrire de
laborieuses démonstrations prétendant prouver qu’ils n’existent
pas.
C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre la fabrication
de la nouvelle liturgie. Dans les mois qui suivirent l’application de
cette liturgie fabriquée, beaucoup de prêtres abandonnèrent le sacerdoce, les
séminaires et les noviciats se vidèrent, la pratique religieuse se mit à
diminuer inexorablement. Qu’était-il arrivé Un chef-d’œuvre
venait d’être accompli. On avait inventé de toutes pièces un rite valide,
mais faisant perdre la Foi. Le procédé utilisé supprimer le plus possible
de détails rappelant la Foi. Quand on fait une étude comparative, on réalise la
dévastation. Parmi ces détails, on s’est appliqué à faire disparaître ou
à défigurer les gestes qui affirmaient la Foi en la Présence réelle. Selon ce
nouveau rite, le prêtre n’est plus que le président de l’assemblée
et le Christ vient en fonction de sa promesse «deux ou trois sont réunis
en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » La présence du Christ n’est
donc plus le résultat de l’action du prêtre, mais du rassemblement et de
la foi des fidèles. C’est pourquoi la première génuflexion de la
Consécration a été supprimée. Le symbolisme du nouveau rite se comprend
ainsi le président de l’assemblée raconte le récit de la Cène. Il
montre ensuite le pain, puis le vin au peuple, et, par sa foi dans le Christ,
le peuple fait que le Christ devient présent dans le pain et le vin. Alors
seulement, le président de l’assemblée fait la génuflexion.
Dans le rite romain traditionnel, le prêtre est revêtu d’un pouvoir
divin, totalement indépendant de l’assemblée. Il offre un Sacrifice en
faisant descendre sur l’autel l'Agneau Immolé, Victime sans tache. Et
cette venue du Christ se fait exclusivement par les paroles de la Consécration.
C’est pourquoi le prêtre, dès qu’il a prononcé les Paroles sacrées,
s’abîme en une profonde génuflexion Il vient, tout indigne qu’il
est, de faire descendre le Roi des rois sur l’autel.
Car, à la Consécration, la Foi des fidèles n’est nécessaire que pour
rendre hommage au Dieu qui s’anéantit sur l’autel. En prononçant
ces Paroles, le prêtre est l’instrument de Dieu pour transformer (transsubstancier) le pain en le Corps de Jésus et le vin en
son Sang. Seul l’aspect sensible, extérieur, les accidents, reste. Et
tant que ce sera apparemment du pain et du vin, Jésus restera présent. Que nous
y croyions ou non n’y change rien. Que nous l’adorions ou le
délaissions, le Fils de Dieu fait Homme reste caché réellement dans l’hostie
consacrée.
Telle est notre Foi en la Ste Eucharistie. Mais cette Foi ne doit pas rester
morte. Jésus se donne à nous pour nous procurer les bienfaits de la Rédemption.
Aimons à assister à la Messe. Aimons à communier fréquemment. Aimons à tenir
compagnie à Jésus au Tabernacle. Notre âme sera abreuvée à une source
jaillissante pour l’éternité.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Si on nous disait À telle heure, on doit ressusciter un mort, nous
courrions bien vite pour le voir. Mais la Consécration, n’est-ce pas un
bien plus grand miracle que de ressusciter un mort ?
Imitation de Jésus-Christ: (L IV, Ch 11)
Ô que le ministère des prêtres est grand et honorable, auxquels il a été donné
de consacrer par leurs paroles saintes le Dieu de majesté, de le bénir de leurs
lèvres, de le tenir dans leurs mains, de le recevoir dans leur bouche et de le
distribuer aux autres. Ô combien les mains d’un prêtre doivent-elles être
nettes combien sa bouche doit-elle être pure combien son corps
doit-il être saint combien son cœur doit-il être exempt de tache,
lui qui reçoit si souvent l’Auteur de toute pureté De la bouche d’un
prêtre, qui reçoit si souvent le sacrement de Jésus-Christ, il ne doit sortir
que des paroles saintes, honnêtes et utiles.
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N0 261 17/05/99
Puisqu’il faut aller au combat, armons-nous des 7 Dons.
Comment peut-on se laisser prendre au piège de l’égalitarisme
A-t-on jamais trouvé deux personnes égales Même des vrais jumeaux sont
différents. Chacun a ses capacités, ses dons propres, ses atavismes, mille
éléments qui le différenciera de toute autre personne.
De surcroît, les dons que nous avons reçus, les capacités qui nous sont
propres, nous les faisons plus ou moins fructifier, accentuant encore la
différence. Il y a des génies qui resteront ignorés, de grands artistes qui ne
produiront aucun chef-d’œuvre, et des inventeurs qui n’inventeront
jamais rien. Pour la simple raison qu’ils n’auront pas su faire
fructifier les dons qu’ils avaient reçus à la naissance.
Il en est de même dans le domaine spirituel chacun a reçu des dons
particuliers à faire fructifier. Don de la parole ; don du jugement droit
et judicieux ; don du dévouement ; don de la contemplation. C’est
la spécificité de chaque don qui fait la particularité de chaque saint. St
Thomas d’Aquin était un philosophe et un théologien inégalé ;
tandis que St François d’Assise était un poète du Créateur. Et c’est
magnifique de voir ces légions de saints, tous différents, mais tous aimant
Dieu à la folie et développant leurs dons de façon merveilleuse.
Il y a cependant quelques points sur lesquels nous sommes tous égaux. Parmi
eux, nous trouvons les sept dons du Saint-Esprit. Tous les confirmés ont reçu
également l’intelligence, la Science, la Sagesse, le Conseil, la Force,
la Crainte et la Piété. Nous les recevons en plénitude et ils servent à nous
éclairer pour que nous voyions mieux ce qui est vrai et ce qui est bien, à nous
donner, aussi, le courage d’y conformer notre façon de vivre.
Seulement, ces dons, il nous faut les faire fructifier. Il y a une nuance qu’il
nous faut bien saisir Il y a des dons différents qui donnent leur
caractère propre, leur particularité, à chaque saint, c’est entendu. Mais
ce qui en a fait des saints, c’est leur fidélité à faire fructifier, pour
leur vie spirituelle, tous les dons du Saint-Esprit. Ces 7 dons sont la base
indispensable et nécessaire pour développer en plénitude toutes les capacités
que nous pouvons avoir reçues.
Normalement, tout confirmé devrait être un saint. Hélas nous sommes bien
loin du compte. Les saints, pourtant, n’ont pas eu les dons du
Saint-Esprit plus que nous. Ils les ont seulement fait mieux fructifier.
Prenons exemple sur les Apôtres. Ils ont reçu les dons du Saint-Esprit avec
fruit parce qu’ils s’y préparaient depuis longtemps par la prière,
la pénitence, par l’enseignement de Notre-Seigneur, par l’exemple
du Divin Maître. Les autres saints n’ont pas fait autre chose. Ils se
sont sanctifiés en priant, en faisant pénitence et en approfondissant leur
connaissance de la doctrine catholique par amour pour le Bon Dieu. Et les dons
du Saint-Esprit ont été efficaces pour les sanctifier. Le Saint-Esprit fait
toute notre sanctification, mais Il ne la fait pas sans nous.
Nous voyons donc comme il nous est utile de recevoir le sacrement de
Confirmation. Une certaine école moderniste a méprisé ce sacrement en
prétendant qu’il n’était pas nécessaire, qu’il faisait double
emploi, puisque nous recevons déjà le Saint-Esprit au Baptême. Mais on ne peut
confondre ces deux sacrements. Ils n’ont pas le même objet. L’un
nous arrache à la nuit de la mort spirituelle en effaçant en notre âme le Péché
Originel. L’autre nous donne tous les éléments dont nous avons besoin
pour atteindre la stature de la sainteté. Leurs effets sont aussi différents
le Baptême donne la vie, la Confirmation la développe en plénitude.
Sur cette terre, nous appartenons à l’église militante, une Église de
combat. Nous avons à nous battre contre nos passions, contre le monde et contre
le tentateur. Jamais, peut-être, dans l’histoire de l’église la
bataille n’a été aussi forte, aussi terrible ; parce que l’enfer
s’est vidé sur la surface de la terre et que les esprits pervers sont
partout présents. Ils sont pour un peu de temps les maîtres du terrain.
Si nous pouvions voir, ne serait-ce que quelques instants ceux qui nous font la
guerre, nous bannirions toute légèreté. Nous serions pleins d’ardeur pour
faire fructifier de toutes nos forces les dons du Saint-Esprit que nous avons
reçus le jour de notre Confirmation. Nous nous
réfugierions auprès de l’épouse du Saint-Esprit, la Vierge Marie.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Il fallait que la descente du Saint-Esprit vînt fructifier cette moisson de
grâces.
C’est comme un grain de blé ; vous le jetez en terre
bon ! mais il faut le soleil et la pluie pour le faire lever et monter en
épi.
Imitation de Jésus-Christ: (L III, Ch 22)
Celui au contraire qui a reçu moins, ne doit pas s’en attrister ni en
murmurer, ni porter envie à ceux qui sont mieux partagés que lui ; mais
il doit plutôt élever son esprit vers Vous, et louer de tout son pouvoir votre
bonté, de ce que Vous dispensez vos dons avec une si abondante effusion, si
volontiers, si gratuitement, et sans acception de personnes. Tout vient de
Vous ; il faut donc Vous bénir en tout. Vous savez ce qu’il
convient de donner à chacun ; et il ne nous appartient pas de discerner
pourquoi celui-ci a moins, et celui-là plus ; mais à Vous, en qui sont
réglés les mérites de chacun en particulier.
********
N0 260 03/05/99
La vraie vertu chrétienne de l’obéissance une folle Sagesse.
Jamais comme à notre époque il n’y a eu un dilemme aussi crucial. La
rébellion conduit à la catastrophe, il suffit, pour s’en convaincre, de
se rappeler ce qui est arrivé à Lucifer ainsi qu’à Adam et Ève. Mais que
faire quand les autorités légitimes trahissent la Mission dont elles sont
investies
Faut-il être des moutons de Panurge qui suivent bêtement le moindre galonné, ou
bien faut-il être un anarchiste qui, par sa révolte subversive, détruit toute
autorité Nous trouvons la réponse dans l’exemple lumineux de sainte
Jehanne d’Arc qui a su allier parfaitement la
vertu d’obéissance avec des qualités de chef qui font toujours l’admiration.
Jehanne de Donrémy fut
obéissante, mais jamais avec la servilité stupide des moutons de Panurge. Elle
se montre hardie dans l’accomplissement des ordres qu’elle a reçus.
Elle ne se laisse pas rebuter par les moqueries d’un Baudricourt ou des
courtisans du Dauphin. Le Ciel lui a donné une Mission Elle ne se
contentera pas d’en accomplir de mauvaise grâce juste le minimum, elle
ira jusqu’au bout… Elle se montre entreprenante ; elle n’hésite
pas à prendre des initiatives dans le cadre défini de sa Mission.
Son obéissance ne fut pas servile, oh non mais plutôt hardie. On la voit
souvent secouer sans hésitation ceux qui sont revêtus de l’autorité
non pas pour contester cette autorité, mais pour obtenir de ceux qui en sont
dépositaires qu’ils en remplissent la charge.
Est-ce de la rébellion que de demander au roi de faire le roi ou à l’évêque
de faire l’évêque
En fait, son obéissance fut en tout point héroïque. Ne la voit-on pas, tout en
réclamant de lui les mesures nécessaires, obéissante au Roy, ce Roy indécis et
faible qui préfère négocier dans son dos de désastreux arrangements
Jamais elle ne se départira de son obéissance et de sa loyauté envers le Roy de
France, même quand il l’abandonnera à ses perfides ennemis.
Héroïque, son obéissance à la Hiérarchie de l’église le sera aussi. Elle
se soumet aux interrogatoires des théologiens de Touraine. Elle ne récuse pas
la qualité des hommes d’église qui la jugent avec fourberie à Rouen. Elle
se soumet à chaque autorité selon le champ d’action de cette autorité. C’est
ce qui la conduira à en appeler au Pape et à reprendre la parole de St
Pierre il vaut mieux obéir à Dieu qu’aux hommes. Messire Dieu
premier servi Mais sans récuser la qualité et l’autorité réelle de
ceux qui la jugent avec tant d’iniquité.
Écoutez cette plainte angoissée « Évêque je meurs par
toi » Quelle peine affreuse dans le cœur de Jehanne
Je meurs par toi dont le rôle est de garder, de protéger les brebis du Bon
Pasteur Toi, évêque de la Ste Église qui t’es fait mercenaire de
basse politique
Vous n’entendrez cependant aucune parole de révolte ou de mépris pour la
Hiérarchie de la Ste Église que ces hommes indignes et félons salissaient.
Elle montrera une obéissance héroïque enfin à la Volonté de Dieu qui lui est
signifiée par ses Voix. Elle, l’humble bergère, ira à Vaucouleur
voir le puissant seigneur de Baudricourt. Elle ira à Chinon aux pieds du Gentil
Dauphin Charles. Elle acceptera, après une effroyable lutte intérieure, son
immolation sur le bûcher elle n’avait pas 20 ans
Mais quelle efficacité dans une telle obéissance Car ses ennemis, en la
brûlant, signaient leur arrêté d’expulsion. La France restait la Fille
aînée et protectrice de l’Église ; en même temps, elle était sauvée
du schisme hérétique anglican.
Aujourd’hui, le combat est différent, mais la victoire ne saurait passer
par une autre voie. Le Christ s’est fait obéissant jusqu’à la mort
de la Croix, et ce fut là sa victoire qui lui donna un nom qui est au-dessus de
tout autre nom. Par son obéissance vraiment chrétienne, Ste Jehanne
d’Arc a obtenu victoire et gloire.
Si parfois nous en avons gros sur le cœur devant la trahison générale de
tous ceux qui sont revêtus de l’autorité, ne nous laissons pas entraîner
vers la rébellion intérieure. Obéissons à Dieu et à ceux à qui est donnée une
autorité légitime dans la mesure où ils en usent légitimement. Et reprenons
cette plainte de Jehanne, l’Ange de
Pureté Évêques, je meurs par vous
Et la victoire viendra sûrement.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Il semble que parce qu’on aime un peu le Bon Dieu, on doit n’avoir
rien qui contrarie, rien qui fasse souffrir… C’est que nous ne comprenons
pas le prix et le bonheur des croix. Qu’il fait bon mourir quand on a
vécu sur la croix
Imitation de Jésus-Christ: (L I, Ch 25)
Souvenez-vous de l’engagement que vous avez pris, et proposez-vous l’image
de Jésus crucifié. Vous avez bien lieu de rougir , en considérant la vie de
Jésus-Christ, de n’avoir pas eu plus de soin d’y conformer la
vôtre, depuis tant de temps que vous êtes entré dans la voie de Dieu. Un
religieux qui s’occupe à méditer avec attention et avec piété la sainte
Vie et la Passion du Sauveur, y trouvera avec abondance tout ce qui lui est
utile et nécessaire ; et ce serait en vain qu’il chercherait hors
de Jésus quelque chose de meilleur. Oh si Jésus crucifié entrait dans
notre cœur, que nous serions bientôt suffisamment instruits
********
N0 259 19/04/99
Entre Ciel et terre Il n’y a pas d’autre pont que la
Croix
À la seule idée de devoir se priver pendant le carême, certains se goinfrent
juste avant. C’est de là que vient la coutume du Mardi-Gras
qui n’a rien de liturgique. Quand on se prépare ainsi au carême, on ne le
fait pas bien. Et souvent, le carême fini, on tombe dans les pires excès
le carême est terminé, il n’y a plus aucune raison de se priver. Plus
question d’accepter la souffrance. Désormais, il faut vivre dans la
facilité et le plaisir, au moins jusqu’à l’Avent.
Patatras les ennuis, les souffrances, les contrariétés ne se mettent pas
en vacances et continuent d’arriver, empoisonnant la vie. Alors la
tentation de révolte est forte. Eh quoi Déjà que le carême n’est
pas drôle, on se passerait bien des prolongations Mais qu’est-ce qu’Il
fait, le Bon Dieu
Le Bon Dieu Il nous a prévenus «pleurerez, vous vous lamenterez et
le monde se réjouira. » J’entends alors la voix de ceux qui
souffrent « pourquoi »
Sans une vision surnaturelle des choses, on ne peut trouver une explication
vraiment satisfaisante. À cette question, répondons par une autre
question Que faisons-nous sur cette terre ? Quel est le but de
cette existence
Les Médias, l’Instruction publique, et même beaucoup de membres du Clergé
nous répondent pour être heureux, pour nous épanouir, pour obtenir des
sous, de la santé, du plaisir. Mais la Religion du Christ nous dit que nous
sommes "in via", c'est-à-dire sur la voie de l'éternité, et que ce
que nous vivons maintenant, décidera de ce que nous vivrons dans l'éternité.
Une vie humaine sur terre est très courte. Une vie humaine en absolu est
infiniment longue, puisqu’elle débouche inexorablement sur l’éternité.
Comment comparer 80 ans ou même 120 ans semés de souffrances avec l’éternité
de bonheur
Le temps est perçu très différemment suivant qu’on le passe agréablement
ou dans la douleur. Ceux qui veulent le bonheur sur terre voient le temps leur
filer entre les doigts. Ils voudraient que la vie sur terre ne finisse pas et
ne se corrompe pas. Comme le poète, ils s’écrient « Ô
Temps Suspends ton vol » Mais le temps a continué et enterré le
poète.
Le bon Larron a affreusement souffert sur la Croix une souffrance telle
que les heures lui semblaient des siècles. Comme il l’a dit lui-même, il
l’avait bien mérité ; ce n’était que justice. Mais par sa
résignation, son repentir et son zèle en faveur du Christ, il a satisfait à la
Justice de Dieu. Cela fait maintenant 1966 ans qu’il est dans le bonheur
le plus parfait, une joie inimaginable ; et il ne fait que de
commencer il lui reste encore toute l’éternité pour se réjouir. Le
voilà, l’enjeu le Bonheur éternel
Mais alors pourquoi la souffrance Le Bon Dieu déteste l’absurde. Il
a créé l’univers avec des lois et avec un roi l’homme. L’homme
a détruit l’harmonie originelle par son Péché Originel ainsi que par le
flot abominable de tous les péchés qui se commettent sur la surface de la
terre. Le péché cause aussi un désordre dans les rapports qu’il devrait y
avoir entre la créature et son Créateur. La Justice du Créateur réclame
réparation, sous peine d’absurdité. Elle a été satisfaite par le
Sacrifice du Christ, et en surabondance. Mais désormais, nous ne saurions nous
prétendre les disciples du Crucifié sans aimer la Croix. Si nous avions une
connaissance exacte, précise et exhaustive du péché et de sa gravité, nous l’aurions
en une telle horreur que nous accepterions volontiers les pires souffrances
pour réparer. C’est ce qui se passe pour les âmes du Purgatoire. Oui,
dorénavant, le seul chemin du Salut est celui de la Croix. Ce chemin est
austère, mais semé de grâces aussi. Rejeter la souffrance et la Croix, ici-bas,
c’est être l’ennemi du Christ et de sa propre âme, c’est être
l’ennemi de son vrai bonheur, en préférant un bonheur qui passera. Alors
que celui qui offre sa souffrance et ses ennuis, et qui les vit en union avec
le Christ crucifié, celui-là se prépare une éternité d’un bonheur que
personne ne pourra lui enlever.
Voilà la Joie de Pâques C’est une joie non pas terrestre, mais
céleste. Et tous les ennemis de la Croix s’en privent. Ils s’en
privent dès ici-bas, car la gaieté de ce monde est une frénésie de plaisir
désespérée et de plus en plus angoissée. Tandis que l’amour de la Croix,
tout en donnant un sens et un prix à la souffrance, procure, en même temps que
l’espérance du Ciel, une joie intime et toute surnaturelle qui est déjà
un pied dans le Paradis.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Il y en a qui souffrent comme le bon larron, et d’autres comme le
mauvais. Tous deux souffraient pareillement, mais l’un sut rendre ses
souffrances méritoires il les accepta en esprit de réparation - l’autre
au contraire…
Imitation de Jésus-Christ: (L II, Ch 12)
Toute la vie de Jésus-Christ n’a été qu’une croix et un martyre
continuel ; et vous cherchez à vous reposer et à vous réjouir !
Vous vous trompez, vous vous trompez, si vous
recherchez quelque autre chose que des souffrances ; car toute cette vie
mortelle est pleine de misères, et environnée de croix. Et plus un homme aura
fait de progrès dans la vie spirituelle, plus il trouvera quelquefois ses croix
pesantes ; parce que la peine de son exil croît en proportion de son
amour. Cependant cet homme affligé en tant de manières, n’est pas sans
quelque consolation qui le soulage ; parce qu’il sent qu’il
profite beaucoup en supportant ainsi sa croix. Car lorsqu’il s’y
soumet de bon cœur, tout le poids de son affliction se change en une douce
confiance qu’il recevra bientôt des consolations divines.
********
Le St Curé d'Ars:
Le prêtre n’est pas prêtre pour lui. Il ne se donne pas l’absolution,
il ne s’administre pas les Sacrements. Il n’est pas pour lui, il
est pour vous … De quelle frayeur ne doit pas être saisi un pauvre prêtre, en
exerçant un ministère si redoutable
Imitation de Jésus-Christ: (L IV, Ch 5)
Vous devez donc, dans ce sacrement très auguste, vous en rapporter plus à la
toute-puissance de Dieu qu’à votre propre sens, ou à aucun signe
visible ; c’est pourquoi il faut s’approcher de cette action
avec crainte et respect. Prenez garde à vous, et considérez quel est le
ministère qui vous a été confié par l’imposition des mains de l’évêque.
Vous voilà devenu prêtre et consacré pour célébrer les Mystères ; ayez
soin maintenant d’offrir à Dieu ce Sacrifice avec Foi et dévotion dans
les temps convenables, et de vous rendre irrépréhensible. Loin d’avoir
diminué votre charge, vous vous êtes par là plus étroitement lié au joug de la
discipline, et vous vous êtes engagé à un plus haut degré de sainteté. Un
prêtre doit être orné de toutes les vertus, et donner aux autres l’exemple
d’une sainte vie. Sa conversation ne doit rien avoir de celle du peuple
et du commun des hommes ; mais elle doit être avec les anges dans le
ciel, ou avec les parfaits sur la terre.
********
N0 257 22/03/99
La Croix, signe paradoxal de la Justice et de la Bonté de Dieu.
Pendant longtemps des hérétiques ne pouvaient pas se résoudre à admettre le
Mystère de l'Incarnation «se serait fait homme impossible
L'anéantissement serait trop grand » Ils ne voulaient pas entendre
ce message de l'Ange à Marie « Rien n'est impossible à Dieu.
» D'ailleurs, quand on a une jambe cassée, on ne plâtre pas le bras Le
Verbe divin ne voulait pas soigner l'humanité tombée dans le péché sans
s'attaquer au mal à la racine. Il ne voulait pas de disciples contraints parce
qu'éblouis par sa gloire. Voilà pourquoi Il n'est pas venu dans l'éclat de son
Trône divin, mais en prenant notre humble condition humaine. Il s'est incarné
pour partager la bassesse de notre condition, pour partager notre faiblesse en
tout hormis le péché. Afin de pouvoir se substituer à nous.
Il s'est fait obéissant dans une parfaite humilité, sans jamais la moindre
révolte, pour réparer l'orgueil de nos révoltes, de nos désobéissances, par
l'humilité de son obéissance. Nous vient alors une question : Pourquoi ceux qui
se disent chrétiens ont-ils le cœur si prompt à la révolte Les
disciples seraient-ils devenus plus grands, plus saints, plus dignes ou plus
majestueux que le Maître
Jésus a réparé par son humble obéissance. Il nous a arrachés à la mort
éternelle qui aurait dû être inévitable, inéluctable, pour nous. Il l'a fait
par son Immolation sur la Croix.
C'est par ce qui était accroché à l'arbre dans le Jardin d'Éden que le péché
est entré dans le monde. C'est par Celui qui était cloué sur l'Arbre de la
Croix au Golgotha, que la Rémission des péchés est entrée dans le monde. Jésus
a anéanti les péchés des hommes par son anéantissement dans la Passion. Mais
devant cette sublime marque d'Amour divin, nous restons libres. Ainsi, il y a
plusieurs façons d'aborder la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Si on l'aborde dans la perspective de la Justice divine et qu'on réfléchisse
bien, deux sentiments naissent en nous: la terreur et la tranquillité.
La terreur si l'on considère les exigences implacables de la Justice de Dieu.
Dieu veut que tout soit payé : « Père, si cela était possible, que ce
calice passe loin de moi sans que je le boive » Mais la
Justice exige qu'il soit bu jusqu'à la lie. Jésus a pris sur Lui nos péchés ;
Dieu exige réparation ; et tant que cela n'a pas été accompli, il y a
séparation entre Jésus et son Père. D'où ce cri pathétique « Eloï Eloï
Lama sabachtani Mon Dieu, Mon Dieu !
Pourquoi m'avez-Vous abandonné » Quel cri terrible à
vous glacer le sang. Malheur à ceux qui ne voudront pas avoir affaire à la
Miséricorde divine ! Ils auront affaire à sa Justice. Or, si la Justice de Dieu
traite ainsi le Bois vert, qu'en sera-t-il du bois sec
Mais rassurons-nous, car ce Sacrifice sublime du Sauveur a entièrement
satisfait à la Justice de Dieu « Tout est consommé
» La Passion nous éclaire sur la Bonté de Dieu. Il ne veut pas notre
mort éternelle. Il nous a créés uniquement pour le Ciel, pour le Bonheur
éternel. Et Il tient tant à nous le donner qu'Il nous manifeste sa Bonté en
payant à notre place la dette de nos péchés.
Quant à nous, pauvres pécheurs que nous sommes, si nous nous repentons vraiment
et sincèrement, nous entendrons, au soir de notre vie, cette parole de
consolation « En vérité, Je te le dis, tu seras avec Moi, ce
soir, en Paradis. »
Pourquoi donc les fidèles restent-ils si froids devant cette merveilleuse Bonté
et Miséricorde de Dieu N'entendent-ils pas à travers les siècles ce cri
d'amour du Christ sur la Croix « Père, pardonnez-leur, ils ne
savent pas ce qu'ils font » Si on devait compléter cette
phrase, il faudrait dire « votre Justice me frappe, mais
épargnez-les » Ne comprennent-ils pas que si Jésus étend ses bras sur la
Croix, c'est pour nous accueillir et nous protéger
Ah Si nous pouvions entendre enfin cet appel à l'Amour que Jésus nous
lance du haut de la Croix « J'ai soif Je vous ai donné
tout mon Sang, j'ai soif de votre retour à Dieu. J'ai soif de la vitalité de
votre Charité. J'ai soif de votre amour de reconnaissance. Je vous ai aimés en
donnant ma Vie pour vous. J'ai ouvert mon Cœur ; allez-vous rester indifférents
Serez-vous comme Pilate qui s'en moque Les choses de l'âme, il n'en a
cure
Serez-vous comme mes amis qui m'ont abandonné parce qu'ils ne m'aimaient pas
encore assez pour prier davantage, mieux, avec plus de ferveur ? Et ils
n'ont pas tenu, mais se sont enfuis.
J'ai racheté les péchés de tous les hommes, et il y en a tant qui Me haïssent.
"m'ont haï sans raison." Ils étaient peu nombreux ceux qui sont
restés autour de ma Croix. Et vous, en serez-vous ?
Laissons-nous toucher le cœur par cet appel que Jésus nous lance du haut
de la Croix. Fléchissons les genoux devant Lui. Oh non pas comme les
damnés terrorisés qui le font, contraints et forcés par le Juste Juge avant
d'être précipités en enfer. Fléchissons les genoux dans l'ardeur de notre
reconnaissance, ne voulant connaître ici-bas que Jésus et Jésus crucifié. Afin
de suivre St Paul jusqu'à la contemplation émerveillée de Jésus glorifié.
Là, nous fléchirons les genoux, mais ce ne sera plus dans les labeurs et les
douleurs de la vie terrestre ; ce sera dans la joie de la Contemplation
éternelle que nous aurons obtenue par la Croix Glorieuse.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Méditons souvent au pied de la Croix l’énormité du péché qui a fait
mourir Notre-Seigneur … Un Dieu qui descend sur la terre pour être
victime de nos péchés, un Dieu qui souffre, un Dieu qui meurt, un Dieu qui
endure tous les tourments parce qu’Il a voulu porter le poids de nos
crimes
Imitation de Jésus-Christ: (L II, Ch 12)
Croyez-vous pouvoir fuir ce que nul des hommes n’a pu éviter
Qui d’entre les saints s’est vu en ce monde sans afflictions et
sans croix Jésus-Christ Notre-Seigneur n’a pas été une seule heure
en sa vie sans souffrir. «fallait, dit-Il, que le Christ souffrît, et qu’Il
ressuscitât d’entre les morts, et qu’ainsi Il entrât dans sa gloire
» (Luc, XXIV, 26,46). Comment donc cherchez-vous un autre chemin que ce
chemin royal, qui est celui de la sainte Croix
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N0 256 08/03/99
Que son Sang retombe sur nous en bénédictions
Il en est qui voudraient nous réduire en esclavage intellectuel, nous imposer
des tabous inviolables. N’a-t-on pas vu un monastère vilipendé par la
puissance médiatique pour avoir réimprimé un missel des fidèles qui avait le
front de laisser telle quelle la grande oraison du Vendredi Saint pour les
Juifs, qualifiés en l’occurrence de perfidis.
Aujourd’hui, il faudrait clamer l’innocence de ce peuple ingrat
dans le procès et la condamnation de Jésus-Christ. On n’a plus le droit
de dire que ce peuple, qui fut le Peuple Élu de Dieu, a été rebelle une fois de
trop à son Dieu en rejetant le Messie et en appelant son Sang sur les
générations futures.
Eh bien à la suite de St Paul, de St Jean, de l’église au cours de
tous les siècles, je vous dis que ce peuple subit une malédiction à cause de sa
responsabilité dans le crime absolu de déicide.
Tout d’abord, ils ont eu la chance, la grâce merveilleuse de voir le doux
Sauveur en personne, de lui parler, d’entendre son merveilleux
enseignement, de bénéficier de ses innombrables miracles. Ils ont eu toutes les
preuves, en surabondance, du fait que Jésus était le Messie, qu’Il
bénéficiait d’un pouvoir divin comme personne n’avait jamais eu.
Absolument rien ne pouvait justifier le moindre doute sur sa Mission divine. Et
cet Envoyé de Dieu, parlant au nom de Dieu, a affirmé sa propre divinité, la
prouvant par la résurrection de Lazare et par sa propre Résurrection. Mais les
Juifs, à part un petit nombre de fidèles, ont rejeté le Fils de Dieu dont la
Lumière les gênait, et, perfidement, l’ont fait condamner par Pilate.
Oui ils sont coupables. Oui ils sont déicides, eux et ceux qui leur
restent solidaires. Oui ! le Sang du Christ, depuis 2000 ans, retombe sur
eux, hélas en malédiction. Et cela ne nous ravit pas Mais c’est
la réalité. Et tant qu’ils ne se seront pas convertis, ils resteront les
maudits, les enfants de l’esclave, les perfides. Mais ce sont les païens
qui les persécutent. Les chrétiens s’en défendent et prient plutôt
ardemment pour leur conversion.
En attendant, ces malheureux sont pour nous un enseignement, une allégorie. D’abord
en ce qui concerne notre appartenance à la Société divine. Il y a un dualisme
simple, sans être simpliste : pour ou contre le Christ.
Contre le Christ est celui qui refuse tout ce qui vient de Lui. Tel est le
crime du peuple juif. Tel est aussi le crime de ceux qui choisissent sciemment
de quitter l’église par le schisme ; ou qui refusent certaines
vérités de Foi par l’hérésie, ou encore toute les Vérités de la Foi par l’apostasie.
C’est le crime du péché contre le Saint-Esprit, qui consiste à déclarer
vrai ce qui est faux et faux ce qui est vrai en sachant ce qu’on fait.
Tous ces malheureux font partie de la Synagogue de Satan. Ce sont des enfants
de l’esclave. Ils ne sauraient hériter.
Heureusement, il y a ceux qui, au contraire, acceptent le Messie. Ils
reconnaissent en Jésus-Christ le Fils de Dieu fait Homme qui s’est immolé
pour notre salut sur la Croix. Ainsi, le Christ tranche dans l’humanité
avec sa Croix. Pour ou contre. À droite ou à gauche. Brebis ou bouc.
Mais prenons bien garde, car l’allégorie de l’infidélité du peuple
juif vaut aussi pour le combat intérieur qui se livre en chacun de nous. En
nous, il y a Ismaël et Isaac. Et les deux se battent. Il y a le vieil homme et
l’homme nouveau, l’esclave et l’héritier. Le combat est
inévitable car l’esclave ne lâche pas prise si facilement. C’est
dans ce combat que le Carême s’inscrit.
Pendant ce temps de pénitence, Dieu nous dit comme à Abraham «l’esclave
et son fils »
Car celui qui est esclave de la chair par la luxure et l’intempérance ne
saurait hériter du Ciel.
Car celui qui est esclave des biens de la terre, cherchant un bonheur ici-bas,
ne saurait avoir le bonheur du Ciel.
Car celui qui est esclave de l’orgueil et qui se dresse en insensé, sera
abaissé et ne connaîtra pas la sublime élévation de la vision béatifique.
Aujourd’hui, la Synagogue semble triompher. Ce n’est qu’une
apparence très factice et provisoire. Ne nous laissons pas impressionner.
Notre-Seigneur en Croix et sa Sainte Mère sur le Calvaire étaient dérisoires. C’est
pourtant de leur côté que se trouve la victoire. Acceptons d’être avec
Notre-Dame à côté de la Croix, et nous hériterons dans la joie, de l’héritage
des Enfants de Dieu.
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Il y a deux manières de souffrir Souffrir en aimant et souffrir sans
aimer. Les saints souffraient tout en patience, joie et persévérance, parce qu’ils
aimaient. Nous souffrons, nous, avec colère, dépit et lassitude, parce que nous
n’aimons pas.
Imitation de Jésus-Christ: (L IV, Ch 7)
Car il n’y a point d’oblation plus digne, ni de satisfaction plus
grande pour effacer les péchés, que le sacrifice pur et entier de soi-même à
Dieu, en le joignant à l’oblation du Corps de Jésus-Christ dans la Messe
et dans la communion. Si l’homme fait ce qui est en lui, et s’il
est touché d’un vrai repentir, toutes les fois qu’il s’approchera
de Moi pour demander pardon et grâce «jure par Moi-même, dit le Seigneur,
Moi qui ne veux point la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se
convertisse et qu’il vive, je ne me souviendrai plus de ses péchés.
» (Ezéch. XVIII, 22 ; XXXIII, 11) et il lui seront tous pardonnés.
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N0 255 22/02/99
La meilleure arme contre-révolutionnaire La Fidélité.
Il y a plus de 200 ans, dans ce pays calme dont on n’entendait jamais
parler, la population s’est soulevée d’un élan irrésistible contre
la Révolution. Le but n’était pas d’éviter de se battre, puisqu’ils
prenaient les armes, de pauvres armes de fortune. Ils refusaient de se laisser
enrôler parce qu’ils ne voulaient pas défendre un régime exécré. Si on
voulait les contraindre à prendre les armes, ils allaient le faire, mais contre
les ennemis de la religion. Ils ne se sont pas battus pour les Droits de l’homme,
dont ils n’avaient cure, mais pour les Droits de Dieu.
Nous sommes depuis longtemps gouvernés par un régime entièrement donné à la
Révolution, et cela pourrait déteindre sur nos âmes. La Révolution est animée d’un
esprit luciférien. Elle est dirigée contre Dieu et l’ordre merveilleux qu’Il
a établi. Elle fait oublier que l’on est sur cette terre, non pour y
bâtir son bonheur, mais pour y mériter le Bonheur éternel. La Révolution,
toujours et partout, a persécuté et persécute la Religion du Christ. Elle
dépouille, elle emprisonne et elle massacre ses prêtres, ses consacrés, ses
vrais fidèles. La Révolution ne veut pas qu’on adore Dieu, qu’on Le
respecte, qu’on Le serve. En décapitant le roi, elle a voulu détrôner le
Christ, Roy de France. Elle a ruiné en son fondement l’autorité du père
de famille. La Révolution, au nom de la fraternité, a massacré des centaines de
milliers d’innocents, affamant et terrorisant les survivants.
La Révolution reposait sur un mensonge remarquablement diffusé, embrouillant
les esprits faibles. Elle a profité aux cupides qui se sont enrichis sur les
biens des victimes. Elle a fait la promotion de tous les vices, à commencer par
l’orgueil, mais aussi l’impureté, le mensonge, la cruauté sadique
etc.
Face à cette calamité effroyable, les Vendéens. Oh ce n’était pas
des théoriciens de la Contre-révolution. C’est une erreur de le croire et
de le dire. Ils n’appartenaient à aucun mouvement contre-révolutionnaire.
Les Vendéens étaient avant tout des fidèles. Ils aimaient le Bon Dieu de
tout leur cœur. Ils priaient la Ste Vierge de toute leur âme, spécialement par
le Chapelet. Ils pratiquaient avec zèle tous les actes de la Religion Ste
Messe, Vêpres, Processions, Confessions, Communions. Avant d’être un
peuple de géants (ce qui ne signifie pas grand chose), c’était un peuple
de saints ; tout un peuple fidèle à son Dieu, à ses prêtres, à Rome. Un
peuple qui fut contraint de prendre les armes parce qu’on pourchassait,
bafouait, torturait et massacrait leurs bons prêtres, et qu’on mettait
des intrus vendus à leur place. Parce qu’on voulait changer leur sainte
Religion. Parce qu’on s’en prenait au Roi Très-Chrétien,
protecteur et garant des droits de Dieu et de son Église dans la société.
Voilà pourquoi ils se sont battus. Voilà pourquoi la Révolution a décidé de
pratiquer un génocide à leur encontre.
Cette histoire nous concerne directement, car l’infect esprit
révolutionnaire a gangrené le monde entier. Il a même réussi, aux dires de ceux
qui ont fait Vatican II, à pénétrer dans la Ste Église, inspirant des réformes
désastreuses, conduisant le Corps Mystique du Christ au tombeau. Mystère d’Iniquité.
Voilà pourquoi nous devons redoubler de vigilance, pour rester fidèles à Dieu,
à la vraie Religion qui ne saurait changer, à la Ste Église qui a les Promesses
de la Vie éternelle. Il nous faut avec vigilance nous garder nous-mêmes de cet
esprit révolutionnaire qui pénètre partout, même chez les bien-pensants.
Gardons-nous de l’infect esprit égalitariste alimenté par l’orgueil
et l’envie, acide qui ronge et désagrège toute autorité et donc toute
société. Gardons-nous aussi de tout esprit de haine. La haine est engendrée par
l’injustice ou les manquements à la charité que l’on subit ou par
la jalousie que l’on ressent. La haine est la marque de la Révolution, la
marque de Satan.
Le combat, nous le voyons, est avant tout spirituel. On ne saurait combattre la
Révolution, sans pratiquer d’abord la Religion. Un saint Curé d’Ars
a plus fait contre la Révolution que des milliers de militants. Et pourtant, il
ne s’occupait pas de politique. Profitons du Carême pour purifier notre
pratique de la Religion. C’est le moment de se renoncer, de prendre sa
croix et de suivre le Maître. Au-delà du Golgotha, il y a le triomphe de
Pâques. Car, si nous nous voulons vraiment fidèles, deux paroles de
Notre-Seigneur doivent rester inscrites dans notre mémoire «‘ils m’ont
traité ainsi, ils vous traiteront pareillement » et «vérité, vous ne
perdrez pas votre récompense »
+ Jehan de Durat.
Le St Curé d'Ars:
Un bon chrétien fait tout ce qu’il peut, il va toujours en augmentant de
plus en plus, rien ne l’arrête, ni les calomnies, ni les mauvais
traitements, ni les persécutions. Il prend patience, il supporte tout.
Imitation de Jésus-Christ:
(L II, Ch 7) Heureux celui qui conçoit bien ce que c’est
qu’aimer Jésus, et se mépriser soi-même pour Jésus Il faut pour ce
Bien-Aimé quitter tout autre ami, parce que Jésus veut être aimé seul
par-dessus toutes choses. L’amour de la créature est trompeur et
variable l’amour de Jésus est fidèle et persévérant. Celui qui s’attache
à la créature, tombera avec un appui si fragile ; celui qui s’attache
à Jésus, sera pour toujours inébranlable. Aimez et conservez pour Ami celui qui
ne vous quittera pas lorsque tous les autres vous abandonneront, et qui ne
permettra jamais que vous périssiez. Car il faut qu’un jour vous soyez
séparé de tout, que vous le vouliez ou non.
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N0 254 08/02/99
Jésus Fils de David Faites que je voie
«Père, ça va bien ; je ne fais aucun péché ; je suis vraiment
quelqu'un de bien. Le Bon Dieu se contentera bien de ce que je fais pour me
prendre au Ciel. Je ne vois vraiment pas ce que je devrais faire de plus
»
Combien se croient bons chrétiens et ne cherchent plus à croître dans l’amour
de Dieu. Ils veulent se contenter d’une petite vie bien tiédasse. Quel
aveuglement général ! Nous sommes tous des aveugles, mais des aveugles
qui peuvent obtenir la lumière divine dès maintenant. Car, de toute façon, la
lumière sur nous-mêmes, nous l’aurons certainement … quand nous serons
jugés. Lumière absolue ce jour-là.
Regardez les Apôtres qui sont encore loin de la sainteté Ils ne voient pas, ils
ne veulent pas voir ce qui attend le Christ à Jérusalem. Notre-Seigneur leur
annonce la Passion et la Résurrection ; mais non, ils restent bouchés.
Ils sont alors le type même du faux bon chrétien. Ce faux bon chrétien qui ne
veut pas profiter de l’enseignement de ceux qui sont envoyés de la part
de Dieu. Il y en a qui entendent des sermons toute l’année ; mais
leurs coeurs sont fermés. Ils n’en tirent rien et ne veulent même pas
voir le bien qu’ils pourraient en tirer. Ils ont la possibilité d’augmenter
leur connaissance de la doctrine, mais ils s’en moquent. Quel
aveuglement quel malheur pour eux
La caractéristique du faux bon chrétien, c’est aussi l’illusion
Il se considère comme un bon chrétien. Il estime que sa vie étant globalement
dans le bon sens, il n’y a pas de raison de chercher à progresser
spirituellement.
Il se croit bon chrétien l’orgueilleux qui ne voit même pas qu’il
passe son temps à se vanter, qu’il est susceptible comme un dindon. Il se
croit bon chrétien l’égoïste qui ne veut pas voir qu’il ne pense qu’à
lui, qui instrumentalise les autres aux fins de son bien-être et de ses plaisirs.
Il se croit bon chrétien le méchant qui étouffe sa conscience tandis qu’il
prend plaisir à faire souffrir son entourage et à nuire aux autres. Il se croit
bon chrétien celui dont la langue de vipère déverse du vitriol dans le cœur
des autres par des médisances et des calomnies. Il se croit bon chrétien celui
dont la langue fourchue ne tient jamais parole et qui arrange toujours la
vérité à sa sauce. Etc.
Il se croit bon chrétien Quelle illusion Quel effroyable
aveuglement Car ce faux bon chrétien, oubliant que celui qui n’avance
pas recule, marche gaillardement vers l’abîme, s’il n’y prend
garde .
Et pourtant, ce faux bon chrétien n’est pas inexorablement aveugle
le Christ passe dans sa v